2010: MOBY DICK
2010
RÉALISATION: Trey Stokes
SCÉNARIO: Paul Bales
AVEC: Barry Bostwick, Renée O’Connor, Matt Lagan, Adam Grimes et Derrick Scott
Citation du roman Moby Dick : “Ignorance is the parent of fear . . .”
Citation du film 2010: Moby Dick : “WAZAAAAP!”
Ça vous donne une idée!
Dans les années soixante, le jeune sous-marinier Ahab et son équipage se font attaquer par une mystérieuse bête, qui est en fait une baleine préhistorique. Une jambe en moins, Ahab jure vengeance contre cette bête. Quarante ans plus tard, il vole un sous-marin nucléaire, se fait traquer par l’armée américaine et oblige une spécialiste des baleines à l’aider dans sa périlleuse mission: tuer Moby Dick!
Fans du roman, déguerpissez! La version du studio The Asylum est plus faite pour les amateurs de monstres géants et de Michael Bay. Le film ne garde du roman que l’histoire principale et le nom de deux ou trois personnages, sans plus. Alors que le roman était une fausse œuvre autobiographique philosophique historiquement instructive de la vie d’un marin appartenant a l’équipe du fougueux Capitaine Ahab, le film, lui, n’est qu’une suite incessante de scènes d’actions débiles. Le sous-marin est toujours nommé « Pequod », le capitaine du bateau est encore Ahab, mais Ishmael est remplacé par une spécialiste des baleines qui passe son temps à écouter la mer et Queequeg passe d’un cannibale aux allures frustes à un simple sous-marinier. Disparues sont les allusions spirituelles et songées.
Au moins, le réalisateur Trey Stokes et The Asylym savent tirer profit de ce genre de film et ils font l’étalage de leurs marques de commerce dans cette œuvre. Le trois quarts du film n’est qu’une succession de scènes d’action ou de démolition. Maintes fois nous sommes témoin des actions d’une baleine géante qui s’attaque à des sous-marins, des hélicoptères, des bateaux et j’en passe. On a même des scènes où une baleine géante se promène sur la terre ferme et attaque furtivement des marins en se cachant dans la forêt. Une baleine ninja, bâtard!
D’ailleurs, 2010: Moby Dick repousse les limites du ridicule, la barre étant déjà haute grâce aux précédentes œuvres de The Asylum. Je sais bien qu’il ne faut pas trop être exigeant avec des films de monstres géants, mais il y a des limites. Doit-on vraiment croire qu’une baleine de 40 km puisse sauter hors de l’eau et replonger sans faire aucune vague? Que l’arme la plus puissante du sous-marin soit en fait une vieille cassette audio? Et que dire de la manie du studio The Asylum de faire engouffrer au moins un hélicoptère par films à ses monstres? C’est rendu que l’on va devoir déclarer les hélicoptères en voie d’extinction.
Point de vue respect, 2010: Moby Dick est extrêmement décevant. Cette version n’apporte rien à l'oeuvre d'Herman Neville. Paul Bales utilise l’intrigue du livre et ses personnages de façon honteuse en ne cherchant pas à travailler l’œuvre d’origine ,même pas un minimum. Pire, 2010: Moby Dick est simplement plate. La réalisation est tellement ordinaire (ni mauvaise, ni bonne ), qu’on ne peut même pas en rire.
Admirateurs de The Asylum et de films de petit budget? Bah, vous trouverez peut-être votre compte avec 2010 : Moby Dick. Mais attention jeunes étudiants, ne louer pas cette édition si vous avez un travail à faire sur le roman. Je crois que votre professeur serait surpris de lire que le Capitaine Ahab combattait Mody Dick à grands coups de missiles nucléaires au 19e siècle.



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