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ABLE
2009
RÉALISATION: Marc Robert
SCÉNARIO: Marc Robert et Will Stotler
AVEC: Micheal Pink, Alexander Gregor, Jenny Kirschblum, Sabine Krause et Julia Kratz
Able est la preuve comme quoi, les bonnes intentions ne sont pas toujours les plus payantes.
Berlin se trouve en plein cœur d’une épidémie. La presque totalité de la population est infectée par un virus qui paralyse graduellement en moins de trois jours. Quelques habitants tentent par tous les moyens de survivre, de trouver leurs places, d’abuser de la situation ou simplement trouver le courage de tuer ceux qu’ils aiment.
Able n’est pas votre film de germes virulents habituel. C’est plutôt un drame expérimental qui analyse l’être humain dans une situation semblable. L’exercice de style qu’est le scénario aurait pu donner quelque chose de très intéressant. Malheureusement, celui-ci se tourne trop vers le drame. Le thème du virus est emmené différemment et aurait pu rafraîchir la mode. Au lieu de zombie, on nous propose plutôt un virus qui laisse les humains pleinement conscients, mais qui les paralyse. On tente alors d’analyser ce que l’on ferait si l’on mourait à petit feu, sachant que l’on crèvera prisonnier de notre corps. Il ne fait pas de doute que les scénaristes voulaient faire un film avec une histoire différente, mais leurs intentions sont plus immenses que leurs talents.
Sinon, les dialogues et événements du texte, pondus par Marc Robert et Will Stotler semblent parfois incohérents. Par exemple, l’un des personnages reçoit la visite d’un étranger à qui elle ne fait pas confiance. Mais cela ne l’empêche pas de le suivre chez lui, même si elle est témoin de choses affreuses. Ou alors, je pense à un autre personnage qui trouve, par hasard, son ancien camarade d’armée qui lui apportera évidemment toutes les réponses qu’il attend, de façon presque divine. De plus, la personnification des personnages est bâclée. Les méchants sont vraiment méchants et possèdent tous les vices, les personnages font confiance à des inconnues en provoquant des conversations débiles et le héros finit sa quête de façon la moins subtile possible.
Le film d’expérimentation peut être un style intéressant à regarder, mais c’est très difficile de l’accorder au genre d’horreur. Dans un film d’épouvante, la tension et la réalisation sont sur quoi tout le film repose. Avec Able, le réalisateur Marc Robert livre plutôt une œuvre qu’il tente de teinter de poésie visuelle, sans succès. Peut-être qu’avec un autre scénario, son style serait mieux ressorti, mais pas ici. Il laisse beaucoup trop la place à de longs plans, stériles, immobiles à la limite du voyeurisme. De plus, il joue constamment entre le passé, le futur et plusieurs histoires à la fois. Ainsi, on voit arriver le dénouement d’un personnage au début du film, avant même de savoir qui il est ou son importance. Trop souvent on est perdu devant des acteurs qui se ressemblent ou des personnages sans importance.
Le film expérimental et sans budget comporte son lot de faiblesses. Cependant, ne prétextons pas le manque de professionnalisme avec le manque de moyen. Par exemple, ce n’est pas si compliqué réussir à trouver un bon système pour prendre le son. Robert Rodriguez a réussi le tout avec seulement 10 000$ par exemple. Alors pourquoi avons-nous encore droit à des films d’où le son semble sortir d’une boîte de conserve? Ce n’est pas compliqué de savoir que si on tourne dans une pièce avec de l’écho, que le son va sortir tout croche et avec beaucoup trop brut. À mon avis, cela est inexcusable.
Able n’est rien de plus qu’un film sans succès dans une mer de tentatives artistiques. Au moins, Able nous fait réaliser qu’Hollywood a bien ses défauts, mais que même la plupart de ses merdes restent regardables.



• Mulberry Street (2007)
• The Signal (2007)
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