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AFTER.LIFE
2010
RÉALISATION: Agnieszka Wojtowicz-Vosloo
SCÉNARIO: Paul Vosloo et Jakub Korolczuk
AVEC: Christina Ricci, Justin Long, Liam Neeson, Chandler Canterbury et Celia Weston
Chère Agnieszka Wojtowicz-Vosloo,
Je vous écris ces quelques mots pour vous remercier. Merci de nous avoir montré Christina Ricci à poil. Beaucoup! Pendant longtemps! Je me sens comme un petit garçon le matin de Noel. J’ai enfin pu ouvrir le paquet caché sous le sapin qui titillait ma curiosité depuis longtemps. Et ce fut mieux que le plus beau des jouets, vous m’avez carrément donné les clés du Toys’R’Us! Merci!
Sincèrement votre,
Dominic Paulhus
La vie n’est pas facile pour Anna. Elle n’apprécie plus sa vie de couple, la vie est monotone et elle est atteinte d’un mystérieux mal. Bref, la vie n’a plus de couleurs à ses yeux. Après une dispute avec son conjoint, elle est victime d’un accident de la route. Elle se réveille alors sur une table, dans la morgue de la ville. Eliot, le thanatologue, lui répond en fait qu’elle est morte, et qu’elle arrive à lui parler à cause de son don. Ce dernier tentera de lui faire accepter sa mort et la préparer à l’au-delà. Mais est-il bien réel? Ou serait-il simplement un désaxé qui la maintient captive?
Sur une note plus sérieuse, évidemment After.Life a d’autres choses à offrir que la splendide nudité de mademoiselle Ricci. Il n’y a pas que son corps qui est magnifique à regarder, la réalisation d’Agnieszka Wojtowicz-Vosloo également. Le film est empreint d’une poésie visuelle chargée d’intensité. Chaque plan est cadré de manière spécifique et précise. Agnieszka sait parfaitement ce qu’elle fait et nous le démontre. Sa réalisation et l’ambiance qu’elle installe font beaucoup penser à The Sixth Sense.
Même qu’elle réussit à imbriquer le scénario et sa réalisation ensemble, insérant des indices auditifs et visuels qui se chevauchent. Alors que le copain d’Anna tente de découvrir si elle est bel et bien morte, il apprend qu’il existe une drogue qui arrête le pouls cardiaque au minimum, donnant l’impression d’être mort. Plus tard dans le film, dans une scène toute banale, on remarque qu’en fait, Eliot utilise cette drogue sur Anna, prétextant que cela relaxe les muscles, pour éviter le « rigor mortis ».
Tous ces indices sont les bienvenue, car le scénario ne s’arrête jamais définitivement sur un genre, alternant entre le drame et le surnaturel. Malheureusement, un genre vient contredire l’autre sans arrêt, nous empêchant de vraiment comprendre ce qui se passe, et ce, jusqu'à la toute fin. On dirait presque les scénaristes Paul Vosloo et Jakub Korolczuk n’arrivaient pas à se décider et ont préféré laisser les choses ambiguës, laissant ainsi le spectateur décider pour lui-même. Un peu de mystère ne fait jamais de mal, il n’est pas constamment nécessaire de tous nous donner tout cuit dans le bec, mais il y a des limites. L’ambiguïté vient détruire tout ce que le scénario réussit à bâtir, n’offrant jamais de conclusion satisfaisante.
De plus, Vosloo et Korolczuk ont manqué énormément d’opportunité avec leur scénario. Alors que le personnage d’Anna était déjà une espèce de morte-vivante, sa vie étant vide de sens et se laissant emporter par le courant des choses, le scénario ne vient jamais explorer le personnage en profondeur. On apprend quelques éléments ici et là, mais on ne vient pas développer le personnage, seulement l’effleurer. Il aurait été intéressant de savoir les drames qui ont forgé sa vision terne du monde. Ainsi, au lieu de s’attacher à elle grâce à un développement psychologique, elle nous reste antipathique.
Heureusement que le reste des personnages sont plus intéressants. Justin Long, jouant le copain d’Anna, chagriné par sa mort, représente bien la douleur que la perte d’un être cher peut représenter, passant par les premiers stades du deuil. Le talent de Long, couplé avec le scénario en fait un personnage criant de vérité. Cela fait du bien de le voir dans un rôle plus dramatique qu’humoristique, il a définitivement du talent. Et il y a aussi le personnage du jeune garçon qui est dans la classe d’Anna. Il sera témoin de certains événements et il plane un doute sur son identité. Est-il un jeune garçon normal ou bien possède-t-il le même talent qu’Eliot? On dirait un croisement entre le jeune dans The Sixth Sense et Norman Bates. Et que dire du légendaire Liam Neeson, qui glace le sang par son jeu extrêmement froid, contrôlé et mystérieux.
After.Life est sans contredit un joyau à l’état brut. Le potentiel est là, mais il y a trop de défauts hors de son contrôle. Avec un meilleur scénario, Agnieszka Wojtowicz-Vosloo irait certainement loin et se taillerait une place de choix. De toute façon, talentueuse ou non, elle mérite une place dans mon cœur, pour m’avoir donné Wednesday Addams toute nue!



• Après La Vie... (version française/Québec)


• The Sixth Sense (1999)
• The Lovely Bones (2009)
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