ALL NIGHT LONG

1992

RÉALISATION: Katsuya Matsumura
SCÉNARIO: Katsuya Matsumura
AVEC: Eisuke Tsunoda, Ryôsuke Suzuki, Yôji Ietomi, Hiromasa Taguchi et Third Nagashima

Après avoir été témoins d’un horrible meurtre, trois adolescents issus de milieux totalement différents se lient d’amitié. Dans le but d’effacer les images morbides qui les habitent, le plus vieux des trois décide d’organiser une petite fête peu après les événements. Les garçons disposent alors d’une semaine pour trouver leurs accompagnatrices. Les choses semblent aller bon train jusqu’au jour de la fête. Victimes de canulars, de traîtrise et de violence gratuite, les trois jeunes hommes trouvent refuge dans la vengeance, les entraînants dans une escalade de violence sanglante et chaotique.

All Night Long survit d’une réputation de film graphique et extrême qui n’est pas très justifiée. Quelques jets artériels sont déployés en introduction, mais en somme, le réalisateur Katsuya Matsumura semble plutôt s’intéresser à l’aliénation urbaine omniprésente dans les grandes villes. Côté ambiance, c’est réussi. Misant sur les facettes plus sombres de Tokyo (la surpopulation, le béton et la pollution), la cinématographie de ce film est glaciale, inconfortable même. La musique, très dramatique, ajoute elle aussi à l’inconfort, à l’exception d’une pièce : l’insupportable (et risible) ballade d’amour chantée en anglais par un japonais à fleur de peau. Nous y avons droit deux fois. Et c’est deux fois de trop.

Drame social à saveur horrifique, on pourrait aussi parler de All Night Long comme d’un rape and revenge (pour les deux raisons qui sont mentionnées dans le terme Rape and Revenge, tout simplement). Cela résulte en un film très lourd, maladroitement exécuté, qui n’est malheureusement pas aussi revendicateur qu’il aurait dû être. Les trois jeunes acteurs principaux sont mauvais et commettent la grave erreur de sur-jouer leurs émotions. L’utilisation du rire machiavélique afin de nous faire comprendre qu’ils sont devenus déments est réellement excessive - à un point tel que je me suis surpris à ordonner « OK! Arrête là! » à ma télévision. Si j’avais eu un sifflet, j’aurais sifflé quelques pénalités pour cabotinage.

Concept intéressant à la base, l’illustration de la mince ligne entre la rationalité et la folie réussit de peine et de misère à passer son examen de crédibilité. All Night Long dégage le côté dérangeant dont on pourrait s’attendre de ce genre de film, mais au final, demeure bien pâle comparativement aux œuvres de Sam Peckinpah (d’un extrême) ou à la série Guinea Pig (à l’autre). Pour les intéressés, All Night Long est distribué par Tokyo Shock (Media Blasters) en version simple ou sous forme de coffret collection avec All Night Long 2: Atrocity et All Night Long 3: The Final Chapter. Contrairement à l’original, les deux suites sont tournés en numérique avec de très petits budgets, mais sont considérablement plus violents et dépravés.

  • Robert Parent

  • • Ooru naito rongu (titre original/Japon)

     

    • All Night Long 2 : Atrocity (1995)
    • All Night Long 3 : The Final Chapter (1996)
    • All Night Long: R (2002)
    • All Night Long 5 (2003)
    • All Night Long 6 (2009)

     

    • Freeze Me (2000)
    Suicide Club (2001)

     

     
     


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