THE ALPHABET KILLER

2008

RÉALISATION: Rob Schmidt
SCÉNARIO: Tom Malloy
AVEC: Eliza Dushku, Cary Elwes, Timothy Hutton, Micheal Ironside et Mill Moseley

The Alphabet Killer est le très attendu dernier long métrage de Rob Schmidt, qui nous a donné le jouissant Wrong Turn en 2003. Vaut-il l’attente? Oui et non. Par contre, Schmidt à le mérite d’avoir réussi quelque chose qui aurait dû être fait depuis longtemps : montrer les seins d’Eliza Dushku!

Megan Paige est une jeune policière extrêmement talentueuse. Malheureusement, elle rencontre son Waterloo en la personne du "Alphabet Killer", un meurtrier qui viola et tua une fillette portant des doubles initiales. Megan sombre alors dans la folie et développe une schizophrénie. Deux ans plus tard, après une thérapie, elle reprend du service. Au même moment, le tueur sort de l’ombre et recommence ses crimes, tuant d’autres jeunes filles aux doubles initiales, ce qui entraîne la perte de contrôle de Megan, qui se met à voir des fantômes. Illusions ou esprits qui tentent de l’aider?

Il est important de noter que The Alphabet Killer est tiré d’un fait réel. Entre 1970 et 1973, des fillettes furent violer et tuer. Elles avaient toutes des doubles initiales dans leurs noms. Jusqu’à aujourd’hui, aucun suspect n’a été trouvé. Il faut donc prendre les événements relatés dans le film avec un grain de sel et non, comme on dit, prendre cela pour du "cash".

Je prends la peine de mentionner cela, non pas par concupiscence, croyant les lecteurs pour des cons, mais plutôt parce que le scénario ne rend pas service aux faits réels. Tout d’abord, l’idée de rendre le personnage principale schizophrène est extrêmement ingénieuse mais malheureusement mal exploitée. Le scénario de Tom Malloy plonge son récit dans du fantastique plutôt que de construire le tout sur une base plus sérieuse et dramatique, comme Fight Club ou S7ven par exemple. Alors que nous suivons l’enquête policière, toute sérieuse, on nous insert de temps en temps des fantômes. Ce curieux mélange ne fait que diluer chacun des aspects, c’est à dit qu’on nous livre plutôt un drame policier faible et un film de fantôme anémique en sursaut. Cet aspect plonge le récit dans un tourbillon de n’importe quoi à mesure que le film avance. Au lieu de faire perdre le contrôle à son récit de façon rigoureuse, tout devient alors prétexte à du n’importe quoi dans le film pour alimenter la folie du personnage.

De plus, le scénario se perd en conjonctures. S’inspirant du fait réel, Malloy théorise sur ce qui a pu se passer. Cependant, il ne maîtrise pas ses pensées et nous emmène un peu partout sans jamais expliquer ses idées, nous laissant sur notre faim ou carrément dans un cul de sac. Tout cela est pour appuyer la démence du personnage, mais de façon très molle, sans diriger son personnage. En fait, la perte de contrôle qu’il veut donner a son personnage est grandement semblable à celle du personnage principale dans Memento. Malloy veut diriger son personnage de Megan dans une enquête aux indices qui n’ont ni queue ni tête vers une conclusion bâclée qui sera plus dramatique qu’héroïque. Cependant, le tout manque d’huile et semble trop forcer. À force de vouloir forcer la note de la folie, il fait déraper son scénario. Dommage, car l’idée de la maladie mentale mélanger à l’enquête policière aurait pu donner un opus digne d’un mélange entre Memento et The Silence of the Lambs.

Alors que le travail de Malloy est discutable au niveau du scénario, Rob Schmidt à moins de chose à se faire pardonner. Disons qu’il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. Mais ce film prouve que sa force est vraiment dans les films d’horreur intense. Bien qu’il soit capable de créer une atmosphère dramatique à son film, son talent ne ressort vraiment que lorsque l’action embarque. Ses plans deviennent donc serés et sa réalisation, maîtrisée. L’élément parfait qui vient compléter la réalisation de Schmidt est la trame sonore, qui vient soutenir l’action de ses plans en nous entraînant.

Même si je trouve l’élément fantomatique de trop, je dois dire que les effets sont drôlement bien faits. Non seulement ont-ils l’air hyper menaçants et venant d’un autre monde, mais les maquillages sont réussis et donnent la chair de poule. Outre ses seins, le reste de la performance d’Eliza Dushku vaut la peine d’être admiré. Elle met en œuvre tout son corps afin de travailler les mimiques associées aux schizophrènes de façon très naturelle. D’ailleurs, elle réussit à porter le film sur ses épaules même si d’emblée, son personnage est loin d’être le plus attachant qui soit.

The Alphabet Killer est ce genre de films a qui l’on trouve plein de petits défauts, mais qui ne nuisent pas à l’appréciation de l’œuvre, preuve du talent de son réalisateur.

  • Dominic Paulhus

  • • The Silence Of The Lambs (1991)
    • S7ven (1995)

     

     
     


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