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AMATEUR PORN STAR KILLER 2
2008
RÉALISATION:Shane Ryan
SCÉNARIO:Shane Ryan et Kai Lanette
AVEC:Shane Ryan et Kai Lanette
Amateur Porn Star Killer 2 reprend à quelques détails près la formule établie par le premier épisode de la série. Tard en soirée, un homme muni d’une caméra vidéo accoste une jeune femme inconnue pour lui proposer de passer la nuit à sa chambre de motel. La femme accepte tout en ignorant dans quel pétrin elle vient de s’embarquer. Arrivé à destination, l’homme à la caméra tente de procéder à des attouchements pour le moins vicieux sur la femme. Malgré certaines réticences, celle-ci finit par se laisser prendre au jeu et se montrer réceptive. Alors que les ébats s’échauffent, l’homme adopte un comportement anormalement agressif. La femme lui témoigne son inconfort, mais rien n’arrête l’homme qui semble prêt à tout pour assouvir sa soif monstrueuse de sexe et de violence.
D’entrée de jeu, il faut dire que la critique de ce deuxième volet de la série Amateur Porn Star Killer s’avère un cas problématique. Alors qu’on avait reconnu que le premier APSK constituait un exercice réussi de faux snuff movie et qu’on avait trouvé son traitement particulièrement audacieux, une telle suite nous force désormais à revoir notre opinion pour remettre en cause la valeur morale de cette série et douter du bienfait de son existence. Vous comprendrez que ce n’est pas qu’APSK 2 est nécessairement moins « efficace » que son prédécesseur. En effet, les deux films proposent une expérience similaire et possèdent tous deux leurs moments franchement malaisants. D’ailleurs, on ne note aucun changement significatif dans cette suite si ce n’est que le tueur s’attaque à une nouvelle victime qui réagit avec plus d’aplomb que la dernière. Shane Ryan emploie encore ici le même dispositif filmique – la caméra au poing prédomine, on adopte donc la perspective du tueur la plupart du temps –, seul le montage diffère légèrement de par l’ajout d’effets de colorisation numérique sur l’image (on passe constamment d’une image aux couleurs saturées au noir et blanc). Soulignons toutefois qu’APSK 2 se veut plus explicite que le premier puisque Shane Ryan ne se garde plus de gêne pour montrer nudité et actes sexuels en gros plan.
Alors, pourquoi cette suite nous parait-elle aussi odieuse? D’abord, parce que l’idée même d’une suite à APSK est abominable. On ne parle pas d’une suite à Friday the 13th, mais bien d’une suite à un faux documentaire qui expose intégralement une agression sexuelle suivie d’un meurtre. Comment éprouver l’envie de se mettre sous la dent une nouvelle simulation de ce type? Dans le premier APSK, Shane Ryan pouvait bénéficier du mystère qui entourait l’intrigue – jusqu’où l’homme ira-t-il?, la jeune fille s’en sauvera-t-elle? – et du mythe qui accompagnait le film lui-même – comment est-ce possible que ça ait l’air si réaliste? Par contre, avec APSK 2, on est tellement en connaissance de cause qu’on a l’impression que ces images ont été créées dans l’unique but d’attiser la fibre sadique en nous. Comme c’était le cas dans le premier film, Shane Ryan abolit la distance généralement requise entre le meurtrier et le spectateur pour que ce dernier puisse occuper une position confortable, ou, à tout le moins, attrayante d’un point de vue émotif ou intellectuel. Il en résulte qu’une sensation de répulsion totale se mêle à la part d’excitation provoquée par le contenu à caractère sexuel. Et si l’expérience se voulait déjà limite la première fois – par chance qu’un détail du récit faisait en sorte qu’une barrière mentale s’imposait –, le fait que les désirs de cette nouvelle victime soient teintés d’ambigüité – elle se montre consentante jusqu’à un certain degré – rend le visionnement de cette suite d’autant plus intolérable.
Nul besoin de rappeler que l’internet regorge de vidéos semblables. Ce qui distingue APSK de cette masse, une chimie particulièrement « bonne » entre l’acteur/réalisateur (Shane Ryan) et ses actrices de manière à ce que le tout ne paraisse pas trop arrangé avec le gars des vues. Le comble de l’insulte est que l’édition DVD officielle d’APSK 2 est double – le premier disque présente la « movie version »; le deuxième, la « snuff version ». La première version est agrémentée de musique style arabo-inquiétante et d’effets de modifications sur l’image vidéo, l’autre est simplement un montage brut des événements « tel que le tueur l’aurait voulu » (c’est ce qui est écrit sur la pochette!). Un incitatif à voir les mêmes atrocités à deux reprises et une simple astuce pour piquer la curiosité morbide des non-initiés peut-être? Est-ce seulement nous qui percevons une espèce de farce là-dedans?
Inévitablement, la série APSK force à la réflexion sur le sous-genre du faux snuff movie et sur le cinéma d’horreur en général. Sur leurs frontières, leur raison d’être… Cependant, ce serait accorder beaucoup trop de mérite à Shane Ryan que d’affirmer que ses films engagent ce questionnement par eux-mêmes. En d’autres mots, il serait absurde de vouloir chercher un message là où il n’y en a visiblement pas. APSK 2, c’est le degré zéro de la violence au cinéma. C’est de la provocation typique, un film d’exploitation sale et potentiellement nocif qui pue l’opportunisme commercial à plein nez. Shane Ryan a tourné ce long métrage en une soirée (c’est un fait) et sait pertinemment que plusieurs amateurs de cinéma d’horreur extrême ne pourront résister à la tentation de l’essayer.
Honnêtement, ce film devrait être classé dans une section pornographique particulière (section humiliation et torture, par exemple) bien avant d’apparaitre dans la section horreur. Amateur Porn Star Killer 2 est une suite inquiétante pour plusieurs raisons. Un film excessif et sans raffinement qui s’adresse surtout à un public cultivant un attrait pour les fétiches sexuels déviants (et encore là). Maintenant, on pense à Amateur Porn Star Killer 3 et notre regard s’assombrit déjà.



• Amateur Porn Star Killer (2006)
• Amateur Porn Star Killer 3: The Final Chapter (2009)
• Amateur Porn Star Killer 3D: Inside the Head (2009)


• Subconscious Cruelty (1999)
• S&man (2006)
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