The Amityville Haunting

THE AMITYVILLE HAUNTING

2011

RÉALISATION: Geoff Meed
SCÉNARIO: Geoff Meed
AVEC: Jason Williams, Amy Van Horne, Devin Clark, Nadine Crocker et Gracie Largent

Il n’y a pas de doute que le jumelage du cinéma d’horreur et du style faux documentaire est plus à la mode que jamais. Non seulement Paranormal Activity 3 et The Devil Inside ont fait des malheurs dernièrement au Box Office, mais des œuvres plus obscures telles que The Troll Hunter, Atrocious, The Tunnel et Grave Encounters ont généré beaucoup d’intérêt. Cela dit, chaque médaille à son envers. Et l’envers du faux documentaire frappe fort avec The Amityville Haunting.

Ayant peu de moyen financier, un couple trouve chaussure à son pied lorsqu’il visite une coquette maison dans la ville d’Amityville dans l’état de New York. La maison est grande et peut accueillir leurs trois enfants en plus d’être offerte à un prix moindre en raison de son historique. En effet, le lieu est notoire pour avoir habité un drame familial morbide en plus d’avoir chassé les habitants suivants, les Lutz, qui prétendaient que l’endroit était hanté. La nouvelle famille ne croit pas en ses superstitions, malgré le fait que leur agente d’immeuble soit morte durant la visite de la maison. Par contre, le fils d’environs 10 ans est bien conscient de la notoriété de la maison et profite du déménagement pour filmer les aller et venues de sa famille, espérant capter au passage des preuves d’une présence fantôme.

À ne pas confondre avec le prochain chapitre de la saga The Amityville Horror qui verra le jour plus tard en 2012, The Amityville Haunting est le nouveau venu du studio Asylum, les rois assumés du plagiat!! Amityville étant le nom d’une ville, l’appellation n’est donc pas protégée par les droits d’auteurs cinématographiques habituels. Le studio The Asylum a donc trouvé une brèche pour non seulement copier un concept de film, mais aussi utiliser son titre sans scrupule. Dans un sens, il est difficile de ne pas applaudir leur département de marketing! Mais ce département du marketing n’est pas responsable du contenu à l’écran. Donc, gare aux amateurs de la série, car le film de Geoff Moed a la particularité d’être plus mauvais que la pire des suites au film original de 1979, mais surtout, pire que le remake de 2005 mettant en vedette les pectoraux de Ryan Reynolds!

Le faux documentaire, ou found footage, peut sembler à priori facile à exécuter. Par contre, il y a une mécanique d’exécution à maîtriser si on veut réussir son film. Les gens derrière la série Paranormal Activity l’ont très bien compris. The Amityville Haunting, quant à lui, n’est qu’une excuse pour mettre dans la boîte un film vite fait, avec un minimum de ressource et de compétence. Ça se vend bien au consommateur, mais c’est loin d’être bon. L’œuvre utilise la recette des deux premiers Paranormal Activity alors qu’un membre de la famille traine sa caméra partout et un autre installe une caméra de surveillance (une seule, budget oblige). Ce qui suit est le refus du cinéaste de nous montrer quoi que ce soit. Et par refus, il ne s’agit pas là d’une décision stratégique de construire une tension par la suggestion, mais bien une tactique pour atteindre la durée requise pour être considérée comme long métrage. Le tiers de The Amityville Haunting nous propose des plans du plancher, des fenêtres, du sofa, des plantes ou de la bouche d’aération. On se croirait dans une émission de home staging au Canal Vie!

Et lorsque l’action se pointe (une entité qui prend initialement la forme d’une masse noire exécutée en piètre CGI), nous avons droit à la récapitulation de l’adolescent de la famille qui nous raconte face à sa caméra en baragouinant ce que nous venons de voir! Et ce fameux fantôme est plus sophistiqué que celui de Paranormal Activity et ne se contente pas de faire claquer des portes. Il propulse littéralement ses victimes dans le néant, ou plutôt hors du cadrage de la caméra. Un peu comme le ferait un requin animé en CGI dans un des nombreux navets aquatiques produits par ce même studio Asylum.

D’un point de vue marketing, l’idée de jumeler le faux documentaire à la maison mythique d’Amityville vaut de l’or. Et je dois avouer que ma curiosité est piquée. Mais ce n’est pas le studio The Asylum qui remplira quelconque promesse de qualité. Ne vous faites pas prendre, attendez la version produite par MGM, The Amityville Horror : Lost Tapes. Car même si celle-ci n’est pas assurée d’être une réussite, elle ne pourra jamais être aussi ratée que la version de The Asylum.

  • Dany Champagne

  • 8213: Gacy House (2010)
    The Amityville Horror: Lost Tapes (2012)

     

     
     


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