AMUSEMENT

2009

RÉALISATION: John Simpson
SCÉNARIO: Jake Wade Wall
AVEC: Katheryn Winnick, Keir O'Donnell, Laura Breckenridge, Jessica Lucas et Tad Hilgenbrinck

Plusieurs mordus de films d'horreur attendaient la sortie d'Amusement dans un cinéma près de chez-eux depuis 2007, mais cette sortie en salle était toujours reportée. PictureHouse, producteur et distributeur du film, a fermé ses portes en 2008 dû à des problèmes financiers et le long-métrage s'est retrouvé entre les mains de New Line Cinema qui a décidé que l'oeuvre de John Simpson ne méritait pas mieux que le direct-to-dvd. Brillante décision ou grosse erreur?

L'histoire peut se résumer ainsi: trois amies d'enfance qui se sont perdues de vue (Tabitha, Shelby et Lisa) devront faire face chacune leur tour ainsi que leurs amis à un psychopate appelé The Laugh. celui-ci veut s'amuser à leur dépens avec ses méthodes très particulières et aussi se venger de quelque chose qu'elles lui ont fait subir pendant leur jeunesse.

Si on se fie à la pochette du DVD et au synopsis, on peut croire (malheureusement à tort) qu'Amusement sera une histoire de vengeance classique sous forme de slasher mettant en vedette un détraqué en costume de clown démoniaque, mais le scénariste, Jake Wade Wall qui nous a écrit les très ordinaires remakes The Hitcher et When A Stranger Calls, en a décidé autrement. Lui et le réalisateur John Simpson ont voulu faire un film beaucoup plus original et plus compliqué pour être bien sûr de rater complètement leur coup. Ils ont décidé de séparer leur oeuvre en trois segments distincts d'environ 15 minutes chacun et de les faire se rejoindre dans un quatrième segment final beaucoup plus long et encore plus invraisemblable que les trois premiers. Cette idée, si elle aurait été mieux exploitée, aurait pu donner un film d'une grande qualité, mais il aurait fallu un scénario plus solide (et par là je veux dire autre chose qu'un vulgaire pot-pourri de tout ce qui se fait présentement dans le cinéma d'épouvante commercial) et surtout moins incohérent.

Pourtant, dès le début de la premiere partie, j'ai été très surpris par le visuel du film: les images sont d'une qualité irréprochable pour un direct-to-DVD; il s'agit d'un film à gros budget et non d'une série B. Tous les éléments sont mis en place pour passer 1h30 agréable: les décors autant extérieurs qu'intérieurs sont glauques à souhait, le rythme est rapide, la musique de Marco Beltrami (Scream 1-2-3) travaille d'arrache-pied pour essayer de créer un climat angoissant et les acteurs sont corrects (pas excellents, mais crédibles). Ce qui n'est vraiment pas le cas du scénario qui très rapidement vient tout gâcher et nous empêche de passer un bon moment.

Si tous les scénarios dans lesquels PictureHouse a investit plusieurs millions sont aussi invraisemblables que celui d'Amusement, on comprend pourquoi la compagnie a fait faillite. Par exemple, dans le premier segment, un mauvais Joyride ou The Hitcher, Shelby et son copain suivent un camionneur sur l'autoroute quand soudain une fille saute du camion en marche directement sur leur voiture (elle aurait pu se sauver quand ce dernier était arrêté à la station-service, mais non, trop facile!!!). De plus, pour constamment créer des revirements innatendus le film défit les fondements de la logique et de la crédibilité; dans ce même segment, on essaie de nous faire croire à un plan inimaginable orchestré par The Laugh pour kidnapper Shelby. Je vous laisse l'ahurissante déception de le découvrir par vous-même. Dès lors, malgré tous les efforts du réalisateur et l'arrivée du clown (qui arrive malgré tout à nous donner quelques frissons pendant les dix minutes où il est présent) dans le deuxième segment, un très mauvais Scream ou When A Stranger Calls, nous décrochons complètement du film qui continuera à accumuler incohérences et situations improbables. Qui parmi vous accepterait de dormir dans une pièce où il se trouve un «toutou» de clown de plus de six pieds qui vous fout franchement la trouille et dont vous doutez de son inanité? Dites-moi qui? Pendant les deux dernières sections, si vous êtes encore réveillés, vous aurez droit à une très mauvaise version de Saw sans le côté gore - ce qui aurait pu du moins soutenir notre attention jusqu'à la fin.

The Laugh, le psychopate du film appelé ainsi à cause de son rire à la Dr. Giggles, tout comme le scénario, perd de son efficacité en s'éparpillant dans tous les sens. Il est tantôt un clown démoniaque, un inventeur fou, un trisomique souffrant de surdité, un agent du FBI ou un moustachu père de famille machiavélique. Il arrive même à changer de costumes et d'emplacements à la vitesse de l'éclair pour créer des revirements innatendus impossibles à deviner, car impossible à croire! Le personnage aurait été plus convaincant si on lui avait donné une motivation plus vraisemblable : il veut se venger des trois filles car elles n'avaient pas trouver drôle une farce assez macabre qu'il avait fait à l'école primaire.

New Line Cinema a pris une brillante décision en sortant Amusement directement en DVD, car son réalisateur et son scénariste ont oublié que la simplicité est souvent plus efficace qu'un film au scénario alambiqué qui essaie d'être original en plagiant de très mauvaises façons tout ce qui a déjà été fait avant. Pour terminer avec un mauvais jeu de mots, je n'ai retiré aucun amusement à l'écoute de ce film.

  • Dominic Gagné

  • Valentine (2001)
    Saw (2004)

     

     
     


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