ANAMORPH

2007

RÉALISATION: Henry Miller
SCÉNARIO: Henry Miller et Tom Phelan
AVEC: Willem Dafoe, Scott Speedman, Clea DuVall, Peter Stormare et James Rebhorn

La renaissance fut une période incroyablement créatrive pour l’art en général, mais surtout pour la peinture, avec l’apparition de nouvelles techniques comme les pantographes, la peinture à l’huile et l’anamorphose. Cette dernière technique consiste à peindre une toile où, grâce à un procédé de distorsion de l’image, une autre image s’y trouve, cachée. On ne peut voir cette deuxième image que selon un point de vue bien précis ou en utilisant un verre déformant. Étant moi-même peintre, je suis subjugué à l’idée de mélanger horreur, thriller et des techniques de peintures aussi magnifiques, ce qui donne un film au visuel unique.

Il y a cinq ans, Stan a permis l’arrestation et le meurtre d’un tueur en série se nommant Oncle Eddie. Ce dernier créait des œuvres d’art avec les cadavres, utilisant des techniques de perspective. Étant toujours troublé par ces évènements, Stan n’est plus le même. Mais lorsqu’un tueur en série copiant les méthodes d’Oncle Eddie sévit, il doit replonger dans le passé et combattre ses démons.

Anamorph est un film fantastique visuellement, enfin, pour ses meurtres. La principale attraction est l’utilisation de l’art de la Renaissance. Non content de nous expliquer quelques uns des procédés, le réalisateur Henry Miller les adapte pour l’horreur. Par exemple, le tueur dispose dans une salle des morceaux d’humains découpés, attachés avec des cordes. Alors que les deux policiers se promènent dans la pièce, ne sachant pas à quoi tout cela rime, Stan s’approche d’un anneau perché sur une tige et regarde à travers elle. Il découvre alors que tous les morceaux forment en fait un oiseau démoniaque. Voila ce à quoi les spectateurs peuvent s’attendre : un cours d’histoire de l’art, version horrifique.

Cependant, ce côté visuel du film n’est pas assez exploité à mon goût. Ces scènes sont magnifiques, mais pas assez présentes et trop espacées. Entre ces bonbons pour les yeux, le reste du film reste pas mal neutre. Pas de plans recherchés ou de visuel léché. D’un côté, cela met en valeurs les scènes spectaculaires, mais nuit à l’ambiance générale du long métrage.

D’ailleurs, le rythme aussi souffre beaucoup. Qu’un thriller prenne son temps, c’est bien beau, mais on doit quand même nous lancer quelques morceaux pour nous sustenter entre-temps. Malheureusement, le film prend trop son temps et se perd. Seulement d’être trimé de quelques scènes (je pense entre autre à celles contenant la journaliste) aurait aidé grandement la cause. De plus, le scénario n’est pas assez original pour supporter le reste du film. Henry Miller et Tom Phelan ont concocté un récit peu original avec des longueurs. Même le talent de Willem Dafoe ne réussit pas à porter le film tout seul. Il est sublime, comme toujours, mais on ne lui donne rien avec quoi travailler.

Mais pire encore, toute cet échafaudage nous mène à une finale extrêmement décevante. Alors qu’à la fin d’un thriller, on nous expose le tueur et ses intentions, ici, il reste au dernier plan. On n’apprend rien sur lui, ni sur son passé, ni si c’est l’Oncle Eddie original, ni pourquoi il tue, ni rien! Rendre un tueur mystérieux sans trop en révéler est un art que Miller ne possède pas du tout.

Ceux qui veulent un thriller horrifique qui redéfinira le genre, vous êtes mieux de continuer à vous taper Se7en. Mais ceux qui sont capables d’accepter un film moyen, mais au contexte visuel Ô combien jouissif, je vous conseille fortement Anamorph.

  • Dominic Paulhus

  • • Anamorphose (version française/Québec)

     

    • The Silence Of The Lambs (1991)
    • Se7en (1995)

     

     
     


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