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ANGLE MORT
2011
RÉALISATION: Dominic James
SCÉNARIO: Martin Girard
AVEC: Karine Vanasse, Sébastien Huberdeau, et Peter Miller
Je suis toujours un brin déçu lorsque je crois que je vais regarder un mauvais film, prêt à sortir mes commentaires acerbes, et que finalement, le film n’est pas si pire que ça. Angle Mort n’est pas le pire, ni le meilleur film de l’année, mais c’est quand même un bel effort d’avoir osé un terrain peu connu au cinéma québécois. Ça fait changement du trifecta des genres québécois: le film à faire pleurer, la comédie niaiseuse et la marde de Xavier Dolan.
Stéphanie et Éric sont au bord de la séparation, suite à une aventure qu’Éric a eue avec sa partenaire d’affaires. Afin de sauver désespérément leur relation, le couple s’offre un voyage à Santiago, une république ressemblante à Cuba. En route pour visiter des ruines, ils tomberont par hasard sur un tueur en série et sa nouvelle victime. Stéphanie ayant pris leur photo, le tueur se mettra à leur trousse.
Avec Angle Mort, le Québec vient de percer le marché international très select du film d’horreur sans saveur.
Le film n’est pas un échec retentissant. Visuellement, Angle Mort est intéressant. La photographie est à couper le souffle, nous offrant des paysages majestueux gorgés de couleurs vives. Si ce n’était que le film fait passer l’endroit pour le ranch de la famille dans The Texas Chainsaw Massacre, ce pourrait être un vidéo promotionnel! Le réalisateur Dominic James, fils de Claire Pimparé ( elle fait d’ailleurs une apparition, mais je ne suis pas sur que nos papas continueraient à la regarder en train de se lécher comme un chat, elle a bien changé Passe-Careau ) n’est pas à pointer également. En général, sa réalisation est quand même fluide et il parvient tant bien que mal à instaurer son suspense quand il en a besoin. Alors si on est capable de mettre de côté le ridicule de l’histoire, Angle Mort devient un divertissement presque honnête.
Non, le problème tient surtout dans le scénario. Principalement, même si tu es le meilleur réalisateur du monde, tu ne peux pas cacher la stupidité du scénario. Vers la fin, alors que nos héros sont pris dans une cabane en métal, qui est en feu, Éric remarque qu’il y a deux bonbonnes de gaz. Au lieu de trouver une sortie au plus crisse, il dit simplement à sa blonde de les tasser. C’est parce que peu importe où tu les mets, elles vont exploser de toute façon à cause de la chaleur! Un gros suspense de gaspillé. De plus, le film est bourré de scènes arrangées avec le gars des vues, comme lorsque le tueur assassine une fille et la cache ensuite dans le coffre de la voiture de notre couple, prévoyant qu’ils seront arrêtés par le policier qui le cherche depuis le début.
Il y a aussi la mauvaise utilisation des problèmes de couple dans le film. Généralement, ce procédé est utilisé afin que le couple se serre les coudes et s’entraide, ayant besoin de se faire confiance à nouveau. Ici, ça ne sert à rien, parce que la fille du couple ne sert à rien! Elle fait juste crier, chialer, bitcher. Elle ne fait qu’une seule fois quelque chose d’utile, mais finalement pour pas grand-chose. Durant tout le film, j’avais l’impression qu’elle aurait pu subitement disparaitre que cela n’aurait rien changé. En fait, elle n’est là que comme élément déclencheur au film. Sans elle, pas de photo, pas de tueur, pas de film. Il aurait été intéressant de mettre plus de chair autour du personnage.
En fait, tous les personnages sont unidimensionnels et peu intéressants. Les acteurs tentent bien que mal de faire ce qu’ils peuvent, mais c’est trop peu. Ils semblent pris dans l’unique caractéristique qui définit leur personnage, ne sachant pas trop quoi faire d’autre.
Surtout que l’histoire à propos de leurs problèmes de couple nous est enfoncée dans le fond de la gorge toutes les cinq minutes. On n’arrête pas de les entendre chialer, annoncer une nouvelle, mal réagir, chialer, bitcher, jaser au téléphone pendant une demi-heure du film pour montrer à quel point il n'est pas là mentalement, etc… . Non seulement cela coupe l’action, mais ça nous rend le couple de moins en moins sympathique. On a juste envie que ça finisse pour ne plus les revoir. C’est toujours un problème lorsque tu te fous du destin des personnages principaux. À quoi ça sert de regarder le film alors?
Le plus mélangeant, c’est que le film se veut tout de même sérieux, mais le tueur semble être de la même trempe que Michael Myers ou Jason, c’est à dire doté de pouvoirs mystiques. Le mec se fait tirer dessus deux fois et non seulement il ne meurt pas, mais continue comme si de rien n’était. Il aurait fallu que le scénario ajuste ses cordes.
Évidemment, la finale ne fait pas plus de sens. Tout d’abord, on a plusieurs fins, à la Lord of the Ring. Et chacune d’entre elles finit sur une queue de poisson, n’expliquant rien, nous laissant plutôt perplexes.
Bref, je ne sais pas quoi vous dire. Le film n’est pas minable, mais c’est loin d’être une réussite. Devrais-je vous le déconseiller ou vous dire de vous le réserver pour un mardi soir pluvieux? Je ne sais pas. Il n’y a qu’aux pervers que je peux vraiment le conseiller, parce qu’on voit enfin les seins de Karine Vanasse! … Ouin, finalement, j’aurais dû réduire ma critique qu’à ce seul commentaire! C’est suffisant!



• Duel (1971)
• The Hitcher (1986)
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