ANIMAL

2005

RÉALISATION: Roselyne Bosch
SCÉNARIO: Roselyne Bosch
AVEC: Andreas Wilson, Emma Griffiths Malin et Diogo Infante

Est-on méchant de nature ou le devient-on? Voilà la question sur laquelle se penche Roselyne Bosch pour l’écriture de son scénario de Animal. Cependant, ce n’est pas grâce à elle que vous en découvrirez la réponse.

Dans un futur proche en Europe, un chercheur en génétique, Tomas Neilsen (Wilson) propose à un célèbre tueur en série, Vincent Iparrak (Infante) de pouvoir étudier son ADN, afin de tenter d’y découvrir le facteur de son agressivité. Si la cause est génétique, son cobaye échappera donc à la peine de mort. Mais le chercheur deviendra le sujet de sa propre expérience scientifique.

Animal débute avec une idée géniale : la science peut-elle corriger l’œuvre de Dieu? Pour tenter de répondre à cette question, Bosch nous présente efficacement les personnages et le sujet de son récit. Elle s’attarde cependant un peu trop sur certains détails superflus à la compréhension de l’histoire. Ces détails inutiles sont si nombreux, qu’ils compliquent cette idée simple à la base. L’extrapolation du scénario veut tout simplement prouver que l’auteure a étudié son sujet. Ce qui n’était pas nécessaire étant donné que le sujet était bien exposé dès le départ.

L’expérience est tout de même très intéressante et saisissante même si les symptômes et les comportements des deux sujets sont parfois incompréhensibles et difficiles à saisir. Certains sont même ridicules et invraisemblables. Lorsqu’on découvre les motivations de Neilsen pour la réalisation de son expérience, le suspense monte et on est agréablement surpris. Cependant, notre interrogation sur les actions des personnages vient vite gâcher notre étonnement. La finale est assez décevante, car il n’y a aucune prise de risque, aucun parti pris, donc, aucune réponse à la question de départ.

En général, l’ensemble du film sait tout de même nous envoûter et plusieurs détails intelligents savent augmenter l’importance de certains éléments. Par exemple, les deux sujets se lancent dans une poursuite sur les lieux d’une fête foraine où les gens se fêtent et se promènent avec des masques qui représentent le visage du célèbre tueur. C’est à ce moment précis qu’on réalise à quel point cet homme est connu et qu’il est craint par la population. Un ensemble de ces petits détails viennent donner beaucoup de crédit au film et viennent faire oublier légèrement les éléments superflus. De plus, la photographie est magnifique et les effets sonores de circonstances.

Malgré les excellentes prestations de Wilson et Infante, le film nous laisse un peu sur notre faim. Même malgré une mise en scène très stylisée et magnifique de la part de Bosch qui en est à sa première expérience en tant que réalisatrice. Animal reste long et inabouti. Pour les fans de Dr. Jeckyll et Mister Hyde ainsi que de A Clockwork Orange, c’est tout de même un film à voir car Bosch s’en inspire beaucoup. Le film aurait pu être un chef-d’œuvre et devenir un classique à la hauteur de ses inspirations, mais le manque d’expérience de Bosch nous livre une œuvre légèrement décevante. Elle aurait du s’attarder un peu moins sur les détails inutiles, y mettre largement plus d’action et le film aurait été sans doute génial.

  • Karine DeBlois

  • A Clockwork orange (1971)
  • Das experiment (2001)

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