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ANIMALS
2008
RÉALISATION: Douglas Aarniokoski
SCÉNARIO: John Skipp et Craig Spector
AVEC: Marc Blucas, Naveem Andrews, Nicki Aycox, Eva Amurri et Andy Comeau
Un jour, l’un des critiques de films d’horreur les plus reconnus et prolifiques de ce côté-ci de la rivière Outaouais m’a prodigué un avertissement que je n’oublierai jamais. Il m’a dit : «Critiquer ce qui te laisse totalement indifférent, c’est bien ce qu’il y a de plus pénible à faire.» Avec Animals, je viens de connaître l’horrible sentiment de page blanche duquel il m’avait jadis parlé. Aujourd’hui, je dédie donc cette critique à Dominic Paulhus !
Jarrett est un col bleu tout ce qu’il y a de plus banal. Entre deux âges, il vit dans une petite ville minière mourante, fréquente une taverne miteuse et y développe une relation avec la jolie serveuse du bled, Jane. Tout cela va changer de bout en bout le jour où, buvant sa bière habituelle, il fait la rencontre de Nora. C’est la première fois qu’il voit la demoiselle en ville, et elle est d’une sensualité incroyable. Ils passeront une nuit torride tous les deux. Ce que Jarrett ignore, c’est que Nora est en fait une étrange créature, un animal féroce qui vient de lui inoculer sa condition en le mordant au cours de leurs ébats. De plus, Nora fuit un ex petit ami monstrueux, Vic, qui compte bien retrouver sa partenaire… Jarrett aurait peut-être du continuer à combler des nids de poule, après tout !
La pire chose, avec Animals, c’est le manque d’ambitions total dont fait preuve son scénario. Pour moi, l’adaptation qu’a faite le scénariste Craig Spector (A Nightmare on Elm Street 5) de la nouvelle écrite par John Skipp semble uniquement vouloir prouver qu’il sait rédiger un scénario qui se tient ! Tout ce qui est présenté ici a été vu et revu une centaine de fois avant que ce film n’ait été seulement pensé. Animals prend rapidement les allures d’un soap américain, avec quelques cadavres en prime ! Les rapports amoureux entre les quatre protagonistes principaux forment la quasi-totalité de l’évolution de ce film. Appelez les pompiers, le savon sort de ma télévision ! Entre l’ex amant dangereux et les catfights, quelques scènes de sexe sauront peut-être vous sauver de la mort cérébrale (il y en a pas mal, ce pourquoi je me permets de le mentionner). Le revirement qui survient vers la fin du film est d’ailleurs horriblement convenu, rien pour sauver le navire !
N’omettons tout de même pas la présence d’une maigre dose de surnaturel dans le film. Alors que la prémisse semble vouloir faire croire à l’importance de cet aspect, son impact sur le déroulement de l’histoire est en fait très limité. Comme je l’ai dit précédemment, Animals a bien des ressemblances avec un Top Model version paranormale! Le montage utilisé par le réalisateur Douglas Aarniokoski manque de dynamisme, comme la majorité de ses prises de vue. Le réalisateur inclut plusieurs procédés minables dans son film, comme le slow-motion et les flashs dans un tas de situations douteuses. Encore une fois, nous avons à supporter des flash-backs et des lumières bleutées pour assumer que notre personnage est en train de se transformer en une bête mystérieuse. Si la forme véritable des créatures n’est dévoilée que lors d’un combat final des plus banals, on comprend aisément pourquoi. Le CGI utilisé est d’un pathétisme incroyable. Dommage, étant donné que le film bénéficiait d’un budget conséquent ! Puisque ce métrage est censé en être un d’horreur, nous sommes aussi gratifiés de quelques rares mises à mort. Bien que ce soit majoritairement suggéré, je dois avouer que le scénario offre quelques bons moments dans ce domaine, ce qui m’a étonné !
Autre surprise, le casting. Quelques noms relativement connus auront peut-être su vous attirer vers Animals. Marc Blucas (Riley dans Buffy the Vampire Slayer) est appréciable dans son rôle principal. Son personnage est réaliste et convaincant, reflétant bien l’emmerdement que sa vie originale lui offrait (ou peut-être bien est-ce le tournage de ce film ?). Naveen Andrews (Lost, Grindhouse) est assez décevant. J’attribue surtout cela à une piètre direction d’acteurs, mais son personnage s’apparente au pire des mégalomanes nihilistes à deux sous que cette terre n’ait porté. Pour ce qui est de Nicki Aycox (Joy Ride 2) et Eva Amurri, elles se donnent avec assiduité. Deux bonnes prestations.
Définitivement, je ne peux pas recommander Animals. Pas que ce soit le pire film que j’ai vu de ma vie, loin de là, mais le scénario sans surprises de ce film à maigre budget risque d’emmerder n’importe lequel des sadomasochistes qui se lancera dans cette aventure périlleuse. Animals possède bien quelques qualités éparses, mais cela ne dispense pas son visionnement de se comparer à la plus atroce des corvées.



• An American Werewolf in London (1981)
• The Wolfman (2010)
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