ANNELIESE: THE EXORCIST TAPES

2011

RÉALISATION: n/d
SCÉNARIO: n/d
AVEC: n/d

S’aventurer dans le catalogue des studios Asylum, c’est un peu comme se préparer à faire la guerre : On sait que ce sera pénible et douloureux. Depuis quelques années, cette boîte de production basée à Hollywood produit en moyenne un film par mois, dans le but de satisfaire à la demande grandissante des Blockbusters et Cie. Responsables de "rip-offs" aussi absurdes que Snakes On A Train et Mega Shark Vs Crocosaurus, The Asylum a vite compris que les profits se trouvent dans les films de genre; Plus particulièrement, dans les vulgaires copies de films de genre à succès.

Anneliese : The Exorcist Tapes n’est pas leur première tentative pour nous faire dépenser en utilisant le succès de The Exorcism of Emily Rose. En 2005, alors qu’Emily Rose connait un immense succès commercial, The Asylum se presse de tourner The Possession of Gail Bower, une copie conforme qui n’a pour seul but de tromper les clients de clubs video, avec un titre et une apparence similaires. Cette pratique très peu reluisante est en quelque sorte devenue la marque de commerce du studio. Je savais que je plongeais dans une fosse septique en me portant volontaire pour critiquer Anneliese : The Exorcist Tapes, mais je ne pouvais anticiper une telle indignation.

Le film ouvre avec quelque chose comme ça: « Le matériel contenu dans ce film est vrai. Il a été filmé dans le cadre d’une étude médicale qui eu lieue en Allemagne, en 1976… ». Départ canon, puisque quelques secondes plus tard, on nous introduit aux personnages à l’aide d’une caméra numérique cheap. Après quinze minutes, on a déjà emprunté tous les clichés des films populaires sur l’exorcisme : Le lit qui bouge, l’urine par terre, les doubles voix, les langues étrangères (dont le français!)… C’est pathétique. Mais on s’accroche.

Dans un stunt publicitaire exaspérant, les studios Asylum ont caché l’identité du réalisateur et celles des comédiens pour nous faire croire à "l’authenticité du matériel", ce qui est probablement une bonne chose, particulièrement s’ils souhaitent poursuivre une carrière dans le cinéma, ou simplement mourir dignement. Qu’importe. Les cinéastes ont opté pour l’approche "faux documentaire". Les témoignages de la famille, des docteurs et du prêtre de service défilent donc tour à tour, entrecoupés d’images de la jeune fille possédée pendant 1 h 25.

L’incapacité des comédiens à jouer l’accent allemand est très déstabilisante. Je me suis même surpris à soupirer bruyamment à plusieurs reprises devant la tristesse du jeu. En tant que spectateur, j’avais vraiment l’impression de me faire prendre pour un imbécile. Je n’ai jamais vu de film avec si peu d’identité propre. Tout est vulgairement emprunté, sans gêne, sans goût et sans âme. Je dirais même que c’est 100% sans intérêt.

Il y a quelque chose de très malsain dans le fait qu’une compagnie comme The Asylum jouisse d’une quelconque prospérité. Je ne peux que conclure avec ceci : Soyez vigilants. Les studios Asylum sont omniprésents et sans pitié. Repérez leur logo avant vos éventuelles locations, ça pourrait vous sauver d’une grande indignation.

  • Robert Parent

  • The Exorcist (1973)
    The Exorcism of Emily Rose (2005)

     

     
     


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