|
![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
ASYLUM1972
RÉALISATION: Roy Ward Baker Dans les années 60 et 70, le studio britannique Amicus s'est démarqué en produisant plusieurs anthologies horrifiques. Avec des titres tels que Tales From The Crypt, The House That Dripped Blood et Torture Garden, Amicus est rapidement devenu la référence dans le genre. Malheureusement, des différents entre les créateurs du studio ont mené celui-ci vers sa fermeture au début des années 80. Asylum, sorti en 1972, est une excellente démonstration des capacités du studio à son apogée. Le Dr. Martin est convoqué en entrevue dans un asile psychiatrique dans le but d'y obtenir un emploi. Sur les lieux, il apprend que le médecin qui l'avait convoqué, le Dr. Star, fait maintenant partie des patients! Le nouveau médecin en charge propose un défi inusité au Dr. Martin: s'il réussit à identifier quel patient est le Dr. Star, il obtiendra l'emploi sur-le-champ. Le jeune médecin se met alors à parler avec les patients, qui ont tous des histoires plus horrifiques les unes que les autres à raconter. Démarrant avec un extrait de la symphonie A Night on the Bare Mountain de Mussorgsky comme fond de générique, Asylum place la barre haute et ne déçoit pas. Malgré l'inégalité des histoires qu'elle contient, cette anthologie réussit là où plusieurs ont échoués. Contrairement à bon nombre d'anthologies, Asylum peut se vanter de contenir un prétexte intelligent qui réussit à raccorder logiquement les quatres histoires qui composent le film. Généralement, ce genre de film balancent quelques histoires les unes après les autres, englobées entre une introduction et une finale bâclées. Le film de Roy Ward Baker a la distinction d'avoir un raccordement aussi intriguant que les histoires principales du film. Scriptés par Robert Bloch (l'auteur de Psycho), les quatre segments du film ne manquent pas d'originalité. La première histoire met en scène un mari infidèle qui tue son épouse et la coupe en morceaux! Par contre, les morceaux de la défunte n'ont pas dit leur dernier mot et viendront se venger du mari et de sa maîtresse! Ensuite, un couturier confectionne un complet qui permet de réanimer les morts. Le tout est suivi de l'histoire d'une meurtrière aux multiples personnalités. Pour terminer, un vieil homme transfert sa conscience dans une poupée dans le but d'assouvir ses pulsions meurtrières. Chaque segment du film a une ambiance qui lui est propre. Si la troisième histoire manque un peu de mordant, les trois autres valent amplement le détour. Voir la maîtresse combattre des parties de corps emballés dans du papier est jouissif, tandis que le cheminement de la petite poupée meurtrière est fascinant. D'un côté technique, la réalisation de Roy Ward Baker (Scars Of Dracula, The Vault Of Horror) est très efficace. Le cinéaste prend une approche sérieuse aux excentricités narratives. Malgré la folie de son scénario, Asylum demeure ancré dans la réalité, ce qui le rend encore plus efficace. La musique de Douglas Gamley est bonne, mais c'est surtout l'utilisation des pièces de Mussorgsky qui rend le film encore plus excitant. Le film bénificie aussi d'une excellente distribution. Outre Robert Powell dans le rôle pivot du Dr.Martin, Asylum met en vedette Peter Cushing, Britt Ekland et Charlotte Ramplig dans des rôles secondaires.
Là où le film perd des points, est dans son "refus presque borné" à ne pas montrer de sang. Dark Sky offre Asylum sur DVD sous leur nouvelle bannière Amicus Collection. Le transfert est de haute qualité, tout comme la bande son. De tous les suppléments, le documentaire sur la gloire et la descente en Enfer d'Amicus vaut l'écoute pour tout ceux qui s'intéressent aux films d'horreur d'une façon pédagogique. Le DVD contient aussi une piste de commentaires audios du réalisateur et du caméraman Neil Binney, ainsi que des bandes-annonces pour le film et d'autres productions d'Amicus. Le film est disponible seul ou dans le coffret Amicus Collection qui comprend aussi And Now The Screaming Starts et The Beast Must Die. Genre mineur, l'anthologie n'a jamais réussi à se tailler une place de choix dans mon coeur d'amateur de films d'horreur. Avec Asylum, cela pourrait bien changer! Roy Ward Baker a réalisé une des meilleures anthologies horrifiques, rien de moins!
| |||