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BATTLE ROYALE
2000
RÉALISATION: Kinji Fukasaku
SCÉNARIO: Koushun Takami et Kenta Fukasaku
AVEC: Tatsuya Fujiwara, Aki Maeda, Taro Yamamoto, Masanobu Ando, Kou Shibasaki et Takeshi Kitano
Publié en 1999, le roman Battle Royale de Koushun Takami a suscité une polémique. Autant il était acclamé par certains, autant d’autres, des membres du gouvernement, voulaient le faire censurer. Un an plus tard, le film est sorti au cinéma à un mois d’intervalle de sa version manga. Créant à nouveau une polémique, le film fit parler de lui jusqu'aux Etats-Unis où un véritable culte s’est construit. N’ayant pu bénéficier d’une sortie en salle en Amérique du Nord à cause des demandes exagérées par la compagnie de production Toei, Battle Royale est devenu un des DVD les plus en demande.
Au début du nouveau millénaire, la situation économique au Japon est désastreuse. Alors que le taux de chômage est de 15%, les jeunes lâchent l’école, se rebellent et font la loi. Le gouvernement décide alors de créer la loi "Battle Royale". Chaque année, une des pires classes d’étudiants est choisie au hasard pour être isolée sur une île déserte afin qu’ils s’entre-tuent jusqu'à ce qu’il n’y ait qu’un survivant. Cette année, c’est la classe de Shuya Nanahara qui est pigée. Il devra alors choisir entre jouer le jeu ou faire ses propres règles.
Battle Royale est l’exemple parfait pour démontrer qu'il est possible de faire passer un message dans un film tout en le rendant divertissant. Alors qu'il se déroule dans un univers de « Et si… ? », le scénario se permet de nous poser des questions. Qu’est-ce qui arriverait si les jeunes prenaient le contrôle sur la société ? Est-ce que la loyauté envers un ami ou un amoureux (reuse) peut prendre le dessus sur l’instinct de survie ? Ce sont à ces questions que Koushun Takami et Kenta Fukasaku tentent de répondre durant le visionnement. Mais n’ayez crainte, le reste du scénario n’est pas aussi sérieux. Pour entourer ces questionnements, se trouvent une panoplie de personnages et de situations enlevantes. C’est d’ailleurs tout un exploit qu’ont effectué Takami et Fukasaku. Ils ont réussi à intégrer près d’une quinzaine de personnages secondaires, tout en leur laissant juste assez de temps d’écran pour que l'on puisse s’identifier et s’amouracher d’eux.
Avec près de soixante films à son actif, Kinji Fukasaku est à l’aise derrière une caméra et cela paraît. Je me suis rarement mis à analyser le film visuellement, sauf durant les scènes intéressantes. Ce qui est très bon signe. D’ailleurs, c’est au niveau des scènes d’action que Fukasaku excelle. C’est durant celles-ci que je me suis mis à vraiment porter attention au contenu visuel et à baver un petit peu. Je pense entre autres à l’avant-dernier combat entre l’élève rebelle et les derniers survivants, ainsi qu’à la scène de tuerie dans le phare. Seule tare, c’est que tous les effets qui ont rapport au sang (éclaboussure, jet, etc...) sont faits par ordinateur. Ceux-ci viennent enlever tout réalisme au film et ça nous fait sortir un peu du long métrage. Je dois aussi ajouter que Fukasaku a réalisé une scène que je vais chérir à jamais. Il s’agit de la scène avec la cassette d’instruction et les élèves. Je n’en dirai pas plus !
Je dois faire mention des trois acteurs qui portent, à mon avis, le film sur leurs épaules. Il s’agit tout d’abord de Takeshi Kitano. D’emblée, je dois avouer que je suis un fan de lui, autant comme acteur que réalisateur. Mais ici, il parvient à rendre son personnage, souffrant de solitude, extrêmement hilarant ! Il est le « comic relief » du film et apporte une bonne dose d’humour afin de bien calibrer le tout. Ensuite, il y a Masanobu Ando et Kou Shibasaki. Ils jouent les meurtriers les plus prolifiques de la classe. Lors de chacune de leurs apparitions, c’est le frisson assuré tellement ils ont une présence et une assurance. Pour ceux qui aiment les comparaisons, on dirait Terminator, une version masculine peu subtile et une version féminine plus vengeresse. D’ailleurs, vers la fin, ils se battent l’un contre l’autre et c’est un régal à regarder.
C'est peut-être parce que je suis habitué à des films plus gores et dérangeants, mais je ne comprends pas vraiment la polémique autour de ce film. Peut-être est-ce ma perception ou une question de mentalité japonaise? À mon avis, les œuvres de Takashi Miike sont pas mal plus choquantes. Mais cela n’enlève rien à ce que vaut Battle Royale et au statut de classique qu’il a atteint.



• Batoru Rowaiaru (titre original/Japon)


• Battle Royale II (2003)


• Suicide Club (2002)
• 2LDK (2003)
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