BEST WORST MOVIE

2009

RÉALISATION: Michael Stephenson
SCÉNARIO: Michael Stephenson
AVEC: Michael Stephenson, George Hardy, Darren Ewing, Jason Steadman et Claudio Fragasso

Troll 2 ne mérite plus de présentation! L’appellation « Best Worst Movie » ne pourrait s’appliquer à aucun autre film… à part peut-être Birdemic. Mais ça, c’est une autre histoire. Voyant à quel point Troll 2 est devenu culte, l’acteur principal, Michael Stephenson a décidé de réaliser un documentaire sur ce film et l’engouement qu’on lui porte.

Troll 2 est peut-être l’un des meilleurs pires films jamais réalisés, mais Best Worst Movie est loin d’être un excellent documentaire.

Le film aborde plusieurs thèmes à propos de Troll 2, principalement son statut de film culte. À diverses reprises, on suit Stephenson, George Hardy et une partie des acteurs présentés le film dans plusieurs festivals et cinémas indépendants. Les salles sont toujours comblées de fans en délire. Ceux-ci relatent leurs souvenirs par rapport à leur première écoute de ce film qui a changé leur vie. Il y a également des entrevues avec des critiques de films qui organisent des représentations du film toutes les années afin de grossir les rangs de fanatiques. Il y a même des entreprises spécialisées en reconstitution qui proposent des soirées Troll 2.

L’aspect le plus intéressant du documentaire survient vers la moitié lorsque les acteurs et le réalisateur Claudio Fragasso retournent dans la maison où le film fut tourné et rejoue certaines scènes du film. C’est alors que le documentaire cesse d’être de la propagande et commence à entrer dans le vif du sujet, mais surtout dans la tête ( et l’ego ) des artisans du film. Stephenson a eu la brillante idée de rester principalement derrière la caméra afin de laisser la place aux deux « personnages » les plus intéressants du film, George Hardy et Fragasso. Le premier nous démontre une aise et un charisme qu’il n’a jamais laissé paraître dans le film. Il prend même toute la place alors que le documentaire avance, au point qu’il en devient presque le personnage principal.

Sinon le plus égocentrique des deux est sans contredit Fragasso. L’expression « le gars se croit » semble créer spécifiquement pour lui. À l’entendre parler, il a réalisé une œuvre hyper importante traitant de sujets fondamentaux comme manger, vivre et mourir. À un certain moment, il y a un énorme Q&A avec tout les acteurs du film et lui. Chaque fois que les acteurs répondaient à une question en riant un peu du film, Fragasso s’enflammait en insultant les acteurs, les traitant de chiant qui ne comprennent rien. Il va même jusqu'à comparer son film à une parabole ! Jésus peut aller se rhabiller.

Comme je disais, malheureusement le documentaire ne semble pas à la hauteur. Le contenue est essentiellement trop éparpillé et les moments vraiment intéressants du film sont trop peu présents. C’est ce que je trouve le plus intéressant lors d’un documentaire est d'avoir des entrevues et des anecdotes. J’en aurais pris des tonnes des histoires du genre que les acteurs devaient fournir eux-mêmes leurs costumes ou que l’un des acteurs venait juste de sortir de l’hôpital psychiatrique et que selon lui, il ne jouait pas un personnage de psychopathe, mais qu’il en était un. On mise beaucoup trop sur les représentations du film et les fans. C’est que si on a acheté le documentaire, on connaît déjà le film. On ne veut pas se faire dire à quel point c’est bon, on veut savoir ce qui s’est passé dans le temps.

Surtout que le long métrage possède des moments dont on se serait bien passé pour prendre encore plus d’entrevues. Vers la fin, il y a toute une séquence ou l’on voit George Hardy dans des conventions et a quel point il est décontenancé de voir que lui et le film ne sont pas connus de tous et que sa table est complètement déserte. Le mec va même voir d’autres acteurs pour essayer de faire mousser son film et sa popularité. Le malaise est palpable à travers l’écran !

S’il y a bien un film qui a du potentiel afin de l’analyser et parler de souvenirs gênants, c’est bien lui. Malheureusement, Michael Stephenson a légèrement manqué son coup.

  • Dominic Paulhus

  • Troll 2 (1990)

     

    Never Sleep Again: The Elm Street Legacy (2010)
    His Name Was Jason (2009)

     

     
     


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