BHOOT

2003

RÉALISATION: Ram Gopal Varma
SCÉNARIO: Lalit Marathe et Sameer Sharma
AVEC: Ajay Devgan, Urmila Matondkar, Nana Patekar, Rekha et Fardeen Khan

Décidément, l’Asie est un continent qui devrait redoubler d’efforts pour importer d’avantages de ses films au Canada. Bien que plusieurs réalisateurs américains s’efforcent de nous concocter les remakes des plus grands exploits asiatiques, ils arrivent rarement à recréer l’ambiance et l’essence d’origines. Il est dommage que nous n’ayons pas plus facilement accès à ces bombes du cinéma d’horreur, car nous passons à côté d’œuvres triomphales. C’est le cas de Booth, un film exceptionnel que j’ai déniché par pur hasard sur Ebay.

Vishal et Swati forment un couple heureux qui emménage dans un logement luxueux de Bombay. Afin de ne pas inquiéter sa femme, Vishal omet de l’informer que la précédente logeuse s’est suicidée en sautant du balcon de l’appartement. Bientôt, Swati est accaparée par les apparitions répétées et terrifiantes du fantôme de cette femme nommée Sanjay. Vishal n’aura d’autres choix que de tenter d’élucider rapidement le mystère qui entoure cette mort tragique, car sa femme est devenue possédée par l’esprit de Sanjay. À chaque minute qui s’écoule, la vie de celle qu’il aime est de plus en plus en péril.

Dans son pays d’origine, l’Inde, ce film eut un succès considérable. Il a remporté plusieurs prix dans les plus importants festivals. Meilleure actrice, meilleur son, meilleur montage, meilleure réalisation, meilleurs effets spéciaux… En tout, dix prix et neuf nominations. Pas étonnant que ce film soit aussi excellent et se mérite une note quasi-parfaite.

De tous ces prix, quatre ont été décernés à Urmila Matondkar pour son interprétation du rôle de Swati, qui est, selon moi, une prestation des plus remarquables. Elle arrive à nous convaincre comme si les images tournées en étaient de réelles. On peut ressentir sa douleur et son impuissance. Ses crises de possession sont extrêmement saisissantes. Pour amplifier le tout, combinez à cela un maquillage parfait, des effets spéciaux extravagants et des sons hystériques à la «Dominus Sanctus», et vous obtiendrez un résultat errant entre Amytiville 2: The Possession, The Ring et The Exorcist. Tous ces éléments sont également utilisés lors des apparitions du spectre de Sanjay. Son apparence est beaucoup plus humaine que fantoche, ce qui les rend encore plus crédibles, terrifiantes et saisissantes. J’ai sursauté à chaque fois car la majorité de ces évènements sont inattendus, alors qu’habituellement, il m’en faut beaucoup pour avoir de telles réactions. De plus, le point que j’ai le plus apprécié du film est qu’il ne s’arrête pas à de simples apparitions de fantômes. Le revenant se métamorphose en esprit possessif des plus machiavéliques.

Dès le début, on se retrouve envoûté par l’ensemble du film. On ne veut pas perdre une seule seconde et nos yeux sont rivés à l’écran comme des aimants. Le scénario manque un peu d’originalité vers la fin, sans toutefois enlever son charme au thriller. Certains n’apprécieront peut-être pas le fait que le développement de l’histoire se déroule de plus en plus rapidement, au fur et à mesure qu’on avance dans l’intrigue. Pourtant, cet aspect du film est primordial et voulu par le réalisateur afin de nous faire ressentir que chaque minute est critique, et que Vishal doit agir hâtivement pour sauver la vie de sa femme.

Dans son ensemble, Booth est un film vraiment extraordinaire. Je m’attendais à un film bien banal, à du déjà-vu, ou même à un léger divertissement. Mais aucun de ces attributs ne convient pour le qualifier. Il est évident que l’assemblage de chaque composant a été effectué avec brio pour avoir remporté autant de prix. J’ai vraiment assisté à une œuvre horrifique bourrée d’effets spéciaux spectaculaires, qui vaut franchement la peine d’être vue. Afin de profiter à 100% de l’ambiance de Booth, fermez les lumières et installez-vous confortablement avec des coussins à serrer à proximité… Vous en aurez besoin.

  • Karine DeBlois

  • Fantômes (version française/France)

    Amytiville 2: The Possession (1982)
    The Exorcism Of Emily Rose (2005)

     
     


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