BIRDEMIC: SHOCK AND TERROR
2008
RÉALISATION:James Nguyen
SCÉNARIO:James Nguyen
AVEC: Whitney Moore, Alan Bagh, Janae Caster et Colton Osborne
Moi avant Birdemic:
Moi après Birdemic:
Rod rencontre Nathalie. Les deux tombent en amour. Baisent habillés. Des aigles kamikazes explosifs attaquent la population. L’hilarité s’ensuit.
L’expression « Il faut le voir pour le croire » fut sans aucun doute créée pour Birdemic: Shock And Terror! Les mots me manquent afin de vous décrire ce film. Il n’y a absolument rien de réussi ou de professionnel dans Birdemic. Vos films maison réalisés par votre mononcle saoul mort sont assurément mieux réussis techniquement. La médiocrité qui l’entoure est si puissante, que le film transcende la réalité. Birdemic est en même temps le pire ET le meilleur film de tous les temps. Non… Birdemic n’est pas un film, c’est une expérience à vivre!
Techniquement, Birdemic n’aurait pas pu être plus botché que ça. C’est l’équivalent de faire un test à choix multiple, avoir une grille réponses et faire un dessin avec les numéros. Quant à ça, n’écrit donc rien! Mais les astres semblent s’être alignés pour Birdemic, car la somme de ses défauts transforme l’œuvre en génie.
Je ne compte même plus le nombre de scènes qui ont été mal montées entre elles, laissant toujours un surplus à la scène avant de commencer la prochaine. La scène qui pourrait le mieux décrire cela est lorsque Rod, dans une réunion, apprend que sa compagnie sera vendue pour un milliard de dollars. En tant qu’actionnaire, chaque employé recevra donc un million de dollars. Les employés se mettent alors à applaudir chaleureusement. Les applaudissements s’éteignent tranquillement. On change de plan et les applaudissements recommencent de plus belle, pour ensuite s’estomper. On change encore de plan, les applaudissements recommencent, comme s’il ne s’était rien passé. Et ainsi de suite, pendant une bonne minute. Ou encore, alors qu’on voit nos héros courir à tout rompre, ils s’arrêtent subitement, la prise étant finie. Vient la prochaine scène, où nos héros courent toujours à toute vitesse, comme s’ils ne s’étaient jamais arrêtés.
Nous torturer visuellement n’est définitivement pas assez pour le réalisateur James Nguyen. Il réussit également à nous agresser auditivement. À plusieurs reprises, le vent ou une mauvaise prise de son viennent complètement couvrir ce que les acteurs disent. C’est un peu comme écouter la radio entre deux fréquences. Chaque petit détail oublié dans le film prend des proportions gigantesquement drôles pour ceux capables de les repérer. Alors que nos survivants tirent sans répit sur les aigles qui les attaquent, on voit en arrière-plan une lignée d’auto qui roule sur l’autoroute, comme si de rien n'était!
Je vous parle d’un film ou nos héros, devant sortir de leurs chambres d’hôtel pour s’évader, ne trouvent rien de mieux comme plan que de se battre contre des aigles tueurs avec des cintres trouvés dans le garde-robe. Encore une chance qu’il y avait des cintres dans leurs chambres, j’aurais eu peur qu’ils se défendent avec une bataille d’oreillers.
Vous êtes quatre survivants, des oiseaux vous attaquent sans arrêt. Vous venez de dévaliser une petite épicerie et vous mourrez de faim. Qu’allez-vous faire :
a) Manger dans l’auto, en toute sécurité?
b) Barricadez l’épicerie et vous reposez quelque temps?
c) Faire un pique-nique dans un parc?
Si vous répondez C, bravo! Vous venez de mourir en moins de dix secondes, sauf si vous êtes des personnages de Birdemic. Voilà le genre de logique que propose le scénario.
Et ce, sans compter tous les messages environnementaux que le film tente de nous faire avaler à grands coups de pied dans la gorge. James Nguyen y va parfois de subtilité, avec une scène où les personnages principaux et leurs amis sortent du cinéma, après avoir vu An Inconvenient Truth ( documentaire sur les effets du réchauffement planétaire ) et commencent à parler du film. Dès lors, tout le monde discute et s’entend pour dire qu’ils vont tous s’acheter des autos hybrides. Sinon, Nguyen lance carrément les gants et nous bombarde avec un monologue de cinq minutes récité par un coureur des bois/bigfoot.
Et comme si ce n’était pas assez, Nguyen tente de nous sensibiliser à la paix mondiale. Alors qu’un couple en sous-vêtements se caresse et discute, le mur derrière eux est décoré d’une simple feuille de papier sur laquelle se trouve une adresse internet pour un site pacifiste. Plus tard dans le film, on aperçoit la même fille avec un t-shirt sur lequel est écrite encore l’adresse internet, pour être sur qu’on l’a bien pris en note. Sans compter qu’un des personnages principaux, un ancien soldat, raconte pourquoi il a quitté l’armée, n’étant plus capable de vivre avec les dégueulasseries de la guerre. C’est probablement pourquoi il se promène avec une mitraillette et diverses armes à feu dans sa fourgonnette.
Et que dire des acteurs ! Alan Bagh est sans contredit le pire acteur de tout le temps, et ce, sans exagération. Autrement, comment qualifier un acteur qui doit regarder une jolie femme se déshabiller, et qui l’examine de haut en bas avec le moins d’excitation possible? On dirait dit un gros au régime qui regarde une salade. Après quoi il répond exactement à la fille : « Tu as l’air correct ». À vrai dire, Alan Bagh et le mot acteur ne devraient même pas se retrouver ensemble dans la même phrase. Ni le même paragraphe. Encore moins, la même critique ! À plusieurs reprises, on peut le voir en train de regarder en bas, à gauche ou à droite, probablement en train de lire ses lignes sur des cartons accrochés un peu partout. Sans compter le reste des acteurs qui n’en sont évidemment pas, passant du jeune premier qui débute dans le métier à un figurant inconfortable devant parler devant de grosses caméras. Il n’y a peut-être que Whitney Moore qui réussit à s’en tirer, reproduisant des émotions humaines naturellement. Le fait qu’elle soit extrêmement baisable aide énormément!
Jamais les aigles n’auront eu si fière allure, vu le traitement inférieur qu’ils sont reçus. Ils n’ont même pas été faits par des effets CGI, ce sont simplement de banales animations en flash. Ils semblent être tout droit sortis du jeu Duck Hunt sur le NES. Sans compter que leur personnification change constamment. S’ils ne sont pas occupés à trancher des gorges avec leurs griffes, ils bombardent tout simplement des édifices, style kamikaze, les faisans exploser. Est-ce des pouvoirs paranormaux ou bien est-ce simplement des aigles venant du Golfe du Mexique, enduit de pétrole gracieuseté de BP ?
Birdemic est séparé en deux parties. La première moitié du film est consacré à l’hisoitre d’amour entre Rod et Nathalie. Nous assistons alors à des scènes de séduction incroyables. Même sachant que c’est un film, on n’en revient tout simplement pas. Si jamais vous avez un rendez-vous avec un modèle un jour et qu’elle vient d’avoir un contrat pour poser en sous-vêtements, essayez de lui dire à quel point vous pensez qu’elle sera jolie en déshabillés. Ou alors, si jamais votre compagne parle d’Alex, qui est en fait son chat, et vous nargue un peu en vous disant qu’il est vraiment cute, piquez-lui une crise de jalousie proche de l’hystérie. Je suis certain qu’elle trouvera ça aussi mignon que le personnage de Nathalie.
Au lieu de nous offrir des dialogues sexy, fluides ou intéressants pour les scènes de séduction, Nguyen livre plutôt des lignes dignes d’élèves de cinquième année. Chaque fois qu’ils essaient d’apprendre à se connaître, nos deux amoureux discutent en se posant des questions du genre : « Qu’elle est ta femme idéale? Aimes-tu les voyages? Ta couleur préférée? » On dirait presque qu’ils remplissent un formulaire.
Les blancs font souvent rire d’eux, prétextant qu’ils n’ont aucun rythme et ne savent pas danser. Birdemic prouve que l’adage est vrai grâce à la scène de danse la plus épique. Nos deux tourtereaux dansent ensemble, en effectuant le robot, la vague ou pire encore. Les acteurs semblent extrêmement mal à l’aise, mais pas autant que nous. Et pendant ce temps-là, un chanteur de charme nous casse les oreilles avec sa toune, avec intensité, alors que la piste de danse est vide.
Après notre écoute, le rédacteur en chef Dany Champagne et moi avons eu une vive discussion à propos de la validité du long métrage. Il prétextait qu’en fait, le film était trop « fake » pour que ce ne soit pas fait exprès. Qu’en fait, tout ça ne serait qu’un coup de marketing délibéré! Moi, je n’y crois tout simplement pas. Le film est bien trop mauvais et ridicule pour que ça soit fait exprès. Combien de réalisateurs on tentés par le passer de faire un mauvais film délibérément et on échouer lamentablement? Pour faire un mauvais film, il ne faut avoir aucune prétention, sinon cela parait trop et le charme ne marche simplement pas. Si Nguyen a vraiment planifié son coup, alors c’est sans aucun doute un génie du cinéma, le premier de son genre à avoir réussi son pari. Mais peu importe. Dans un cas comme dans l’autre, c’est un gagnant!
[Note de la rédaction]Dany Champagne aimerait ajouter qu'il a des preuves de ce qu'il avance et qu'il trouve naïve toute personne qui croit le contraire!
Tout ce que j’ai pu dire dans ma critique n’est véritablement que la pointe de l’iceberg. Avoir parlé de chaque élément, mon texte se serait transformé en livre de cinq cents pages. Je ne pourrais jamais assez dire à quel point vous devriez voir Birdemic, peu importe votre raison. Impossible que vous restiez de glace face à cette œuvre.
Ne pouvant être vraiment qualifié de film, Birdemic ne mérite pas une critique normale, encore moins une note normale. Alors, c’est pour ça qu’au lieu de le noter sur une échelle de 1 à 5, je vais plutôt lui donner mon sceau officiel, soit cinq "Ron Jeremy" sur cinq !



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