BLACK SUNDAY
1960
RÉALISATION: Mario Bava
SCÉNARIO: Ennio De Concini et Mario Serandrei
AVEC: Barbara Steele, John Richardson, Andrea Checchi, Ivo Garrani et Arturo Dominici
La direction photo est à l'origine de 70% de l'efficacité d'un film
d'horreur, c'est elle qui crée son atmosphère.
- Mario Bava (1914-1980)
Après avoir fait ses preuves comme directeur photo, Mario Bava (Black
Sabbath, A Bay Of Blood) a été promu réalisateur. Son premier film
officiel, Black Sunday, démontrait déjà l'immense savoir-faire d'un
cinéaste qui n'allait pas tarder à révolutionner le cinéma d'horreur.
Accusée de sorcellerie et de vampirisme par son propre frère, la Princesse
Asa est exécutée devant une foule hargneuse. La Princesse trouve rapidement
la mort lorsqu'un masque à l'effigie de Satan et rempli de pics lui est
planté au visage à coups de massue! Deux siècles se sont écoulés lorsque
deux médecins sont victimes d'un accident de carriole. Pendant que leur
chauffeur exécute les réparations, les deux hommes s'aventurent dans les
environs. Ils entrent dans une crypte où repose le cercueil d'Asa. En voulant
chasser une chauve-souris, un des docteurs brise le cercueil, réveillant
ainsi la Princesse. Cette dernière débute alors une vengeance sanglante
auprès de ses descendants.
Bien qu'il n'ait pas la renommée d'un Frankenstein ou d'un
Psycho, Black Sunday est une des oeuvres les plus importantes
du cinéma d'épouvante. Avec ce film, Bava est non seulement responsable de
l'émergence du genre en Italie, mais il a aussi influencé une panoplie de
cinéastes aussi variés que Tim Burton, David Lynch et Dario Argento. Malgré un scénario dérivé,
Black Sunday surprend d'emblée par sa réalisation inventive et
audacieuse ainsi que par sa magnifique photographie en noir et blanc. Bava a
fait ses classes comme directeur photo et ça parait. Son soucis du détail
transparaît dans chacun de ses plans. Chaque séquence nous réserve une
surprise, que ce soit un angle inusité, un mouvement de caméra inattendu ou
tout simplement le déferlement des scènes horrifiques! Le cinéaste joue
constamment avec ses cadres, la musique et le son ambiant pour donner une
atmosphère sans pareil. Rarement une ambiance gothique n'aura été aussi
envoûtante. Il est d'ailleurs fortement conseillé d'ouvrir grand les
fenêtres après le visionnement du film, question de bien faire évacuer le
brouillard!
Au-delà de son double rôle de réalisateur et directeur photo, Bava fait
aussi office de magicien. Les effets spéciaux du film sont d'une maîtrise
quasi parfaite. Vieux de plus de 45 ans, les effets sont encore
impressionnants et forcent même le spectateur à se questionner sur la
conception de ceux-ci! Black Sunday est aussi parsemé de moments
chocs qu'on pourrait presque définir comme étant gores! La scène classique
où la princesse se fait planter son masque est particulièrement sanglante
et brutale pour un film de l'époque et en noir et blanc de surcroît!
Basée sur une histoire folklorique russe, le scénario de Black
Sundayn'a pas tardé à faire des petits. Suivant sa sortie, les clônes
sont apparus par dizaines. Parmi ceux-ci, on compte Long Hair Of
Death et Brainiac, mais aucun ne s'est approché
du génie de Black Sunday. Outre le brio de Bava, ceci s'explique par
le fait que les scénaristes donnent un nouveau souffle à des thèmes
pourtant primaires au genre. La brillance de ceux-ci est d'avoir garni le
récit de revirements constants ainsi que de plusieurs personnages dont les
liens affectifs s'entrecroisent allègrement. En apparence simplet, le
scénario est structuré intelligemment et est muni d'une profondeur pourtant
rare pour un film du genre. Si plusieurs films italiens de l'époque ont été
critiqués pour laisser de côté le contenu au dépend du visuel, Black
Sunday fait joliment bande à part.
Finalement, toute critique de Black Sunday ne peut passer sous
silence la prestation de Barbara Steele (Castle Of Blood). La reine du cinéma d'épouvante
italien nous en met plein la vue en interprétant deux rôles complètement
opposés. Sa princesse Asa donne la chair de poule avec ses yeux démoniaques
et les trous qu'elle a sur le visage. D'un autre côté, Katia, qui est
destinée à faire renaître la sorcière, est timide, fragile et d'une beauté
exemplaire.
Black Sunday est distribué par Anchor Bay. Le film fait partie du coffret "Bava volume 1" qui comprend aussi Black Sabbath, The Girl Who Knew Too Much, Knives Of The Avengers et Kill Baby...Kill. Parmi les suppléments du DVD on retrouve une piste de commentaires avec le biographe Tim Lucas, des bandes-annonces et une galerie de photos.
Bien que son influence soit incontestée, Mario Bava demeure un cinéaste
apprécié majoritairement par les amateurs les plus connaisseurs du genre.
Point de départ d'une carrière parsemée de classiques, Black Sunday
est le film idéal pour quiconque voudrait s'initier aux plaisir de la
filmographie de Mario Bava. Le cinéma macabre aura rarement été aussi efficace.



• La Maschera Del Demonio (titre original/Italie)
• Le Masque Du Démon (version française)
• Mask Of The Demon (titre alternatif/USA)


• Black Sunday (1989)


• Long Hair Of Death (1964)
• Brainiac (1963)
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