BLEADING LADY

2010

RÉALISATION: Ryan Nicholson
SCÉNARIO: Ryan Nicholson
AVEC: Dan Ellis, Sindy Faraguna, Nathan Durec, Nick Windebank et Mike Li

Ah Ryan Nicholson ! J’attendais avec impatience qu’il enfile à nouveau son costume de réalisateur. En 2008, j’ai eu la chance de tomber sur son deuxième long-métrage, Gutterballs ; une agréable surprise s’était présentée à moi. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis une « crack » des maquillages effets spéciaux. Nicholson est un de ces artistes ayant réussi avec brio sa carrière et ayant troqué son statut afin d’essayer celui de réalisateur. Il me plaît, donc, en partant, avant même d’avoir filmé quoi que ce soit ou écrit une seule phrase de son scénario (il est aussi scénariste). Bleading Lady (aka Star Vehicle) permet de dire que Ryan Nicholson a bel et bien sa marque de commerce ou plutôt sa propre griffe.

La magnifique et adulée Riversa Red (Faraguna), la plus grande « screem queen » de son époque, est une femme dotée d’une sensibilité que son look de dure à cuire cache bien. Afin d’aider un jeune cinéaste, Luke, elle le prend sous son aile et participe à l’oeuvre qui lancera la carrière de ce dernier. Les crises égocentriques de Luke laissent perplexe son équipe, surtout Don Cardini (Ellis), chauffeur et admirateur sans bornes de Riversa. La santé mentale de Don est douteuse. Sa fascination pour la reine se révèle une obsession. Il semble prêt à tout pour garder miss Red près de lui et éliminer ceux qui lui manquent de respect.

Une machette maculée de sang, de l’hémoglobine qui gicle, des batailles à mains nues, de la nudité gratuite en abondance, du « sniffage » de bobettes, une destruction buccale colossale, un pénis qui n’est plus, des coups de pelle en pleine tronche, des visages écarlates de sang, des enterrements vivants sans oublier des femmes sales et en sueur, voilà ce qui résume Bleading Lady. Une moustache m’a presque poussée dans face tellement il y avait de la testostérone dans ce film-là ! Un bel hommage aux films d’exploitation.

Ce qui m’amène à vous parler de cette griffe unique qui fait d’un film celui de Nicholson. Ryan est passé maître dans la production d’hommage. Gutterballs empruntait la voie du « slasher » avec une touche d’humour tandis que l’essence de Bleading Lady repose sur le genre « grindhouse ». Il ajoute une épaisse couche d’esthétique de la fin des années 80-début des années 90. Un effet rétro qui orne l’entièreté de l’oeuvre, des styles vestimentaires aux modèles de voiture, des choix de cadrage aux images à l'aspect brute. Le générique du début nous « prime » dans cette optique grâce ses lettrages « mauvish » et ses gros plans de Don lavant son Aerostar avec un gant en poil. Étonnamment, l’histoire ne se passe pas dans ces années. L’utilisation d’un mini cellulaire et la date de naissance de Riversa (1982) nous coupent l’herbe sous le pied. Malgré ça, la musique électronique (style synthétiseur « cheapo » des premiers temps) nous rappelle instinctivement ces années. Gianni Rossi, aussi compositeur de la musique de Gutterballs, est décidément un enfant de la génération fluorescente.

Je reproche à Bleading Lady sa prise de son médiocre et sa synchronisation douteuse. Est-ce volontaire afin de suivre l’esthétique générale du film ? Je n’en sais rien, mais c’est très énervant. Si c’est intentionnel, il faut que ça soit clair pour l’auditoire. Ce n’est pas le cas ici. Les dialogues sont loufoques et mériteraient un bon enregistrement. J’ai aussi buté sur le personnage principal, Don. Il manque de contenu et de base solide. Un travail plus en profondeur sur sa personnalité et son passé lui aurait donné plus de constance et d’impact.

Est-ce que Bleading Lady m’a plus ? Grosso modo, oui. Les quelques points négatifs sont vite oubliés au dépend de l’ambiance réussie. Si vous avez envie de vous divertir, un cortex en moins, ou que vous êtes admirateur du genre, vous avez un bon poisson. Si vous êtes du genre à analyser scrupuleusement les détails techniques d’un film, passez votre tour.

  • MaryBel Gervais

  • Star Vehicule (titre lors de la présentation en festival)

     

    Smash Cut (2009)
    The Last House On The Left (1972)

     

     
     


    Horreur Web © 2003-2011
    Création/rédaction: Dany Champagne • Graphisme: Daniel Bérard