BLOOD AND BLACK LACE

1964

RÉALISATION: Mario Bava
SCÉNARIO: Guisseppe Barilla, Marcel Fonda, Marcello Fondato et Mario Bava
AVEC: Cameron Mitchell, Eva Bartok, Thomas Reiner, Mary Arden et Arianna Gorini

Blood And Black Lace est le tout premier film de Mario Bava que j'ai écouté et ce ne sera définitivement pas le dernier. Bava est un des premiers cinéastes italiens à s'être illustré dans le monde de l'horreur. Ses classiques Black Sunday, Twitch Of The Death Nerve et Black Sabbath lui ont valu le titre de l’Alfred Hitchcock d'Italie, en plus d'influencer Dario Argento, un des maîtres incontestés du cinéma d'horreur.

Une jeune mannequin est la proie d'un tueur sans pitié. Le lendemain de la découverte de son cadavre, une de ses collègues trouve son journal intime. Le journal semble contenir des révélations très importantes, puisque tout le monde dans l'agence semble vouloir mettre la main dessus, y compris le mystérieux tueur.

Considéré comme étant un des premiers giallos, Blood And Black Lace ressemble à un roman d'Agatha Christie tourné par un sadique. Juste à voir le générique d'ouverture, j'ai su que j'allais me régaler de ce film. Blood And Black Lace ouvre avec une série de plans montrant les personnages (avec le nom de l'acteur le personnifiant au bas) dans des poses mystérieuses. Accompagné d'une musique angoissante, ce générique de début est un des plus insolites que j'ai vus. Ce qui m'a le plus marqué en regardant le film est le contraste entre les scènes d'enquête et les scènes de meurtres. Les scènes d'enquête, sans être mauvaises, sont un peu redondantes. Le film a été tourné en 1964, et, depuis le temps, on a vu beaucoup mieux en la matière. Par contre, les scènes de meurtres, elles, sont sublimes. En fait, ce ne sont pas vraiment les meurtres en tant que tel qui m'ont impressionné, mais plutôt leurs préludes. Mario Bava réalise méticuleusement les "pièges" dans lesquels se retrouvent les victimes et qui mèneront ultimement à leurs morts. Il faut voir la scène de la mort dans le magasin d'antiquité! Bava utilise un jeu de lumières ingénieux, un visuel coloré, des angles non conventionnels et une musique stressante pour créer une scène épatante. Cette scène est d'ailleurs similaire au style que Dario Argento allait développer au cours de sa carrière.

Le tueur du film est aussi assez particulier. Contrairement à la majorité des giallos, le tueur de Blood And Black Lace nous est montré explicitement. Son visage est couvert d'un masque beige, qui ne contient aucun trou pour les yeux ou la bouche. On dirait vraiment qu'il a une tête sans visage, ce qui le rend beaucoup plus effrayant que le meurtrier typique de film d'horreur. Le film a d'ailleurs été très mal accueilli par la critique de l'époque pour cette raison. Le masque "sans visage" du tueur était perçu comme une déculpabilisation de la violence fait par celui-ci. Le tueur ne pouvant être identifié par les spectateurs, ceci voulait supposément dire que Mario Bava prônait la violence à condition de la faire sous le couvert de l'anonymat. C'est fou ce que les temps ont changé en 40 ans!

Malgré une narration qui fait parfois défaut, Blood And Black Lace se doit d'être vu. Mario Bava a compris que réaliser un film ne veut pas seulement dire appuyer sur le bouton "on" de la caméra. Faites-vous plaisir et regardez un maître à l'oeuvre!

Blood And Black Lace est disponible dans une édition DVD double gracieuseté de VCI Entertainment.

  • Mr. Horreur-Web

  • Sei Donne Per L'Assassino (version originale/Italie)
  • Six Femmes Pour L'Assassin (version française/France)

  • Twitch Of The Death Nerve (1971)
  • Deep Red (1975)

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