BLOOD FEAST

1963

RÉALISATION: Herschell Gordon Lewis
SCÉNARIO: Allison Louise Downe
AVEC: Mal Arnold, William Kerwin, Connie Mason, Lyn Bolton et Scott H. Hall

Blood Feast n'a définitivement plus besoin de présentation! Réalisé par Herschell Gordon Lewis (Two Thousand Maniacs), Blood Feast est considéré comme le premier film "gore". Ou, si vous préférez, pour ceux qui ne parlent pas le langage du cinéma d'horreur, c'est le premier film à montrer explicitement des démembrements et du sang qui gicle!

Pour l'anniversaire de sa fille, Dorothy Fremont veut organiser quelque chose de spécial. Pour l'occasion, elle a engagé Fuad Ramses, un traiteur égyptien, qui lui promet un festin hors de l'ordinaire! Le fameux traiteur est en fait responsable d'une série de meurtres morbides qui secoue la municipalité. Ramses a besoin de différentes parties des corps de jolies jeunes femmes pour les utiliser dans une cérémonie servant à ramener à la vie une déesse égyptienne! La fille de Madame Fremont est la dernière partie du puzzle!!!

Avec les standards actuels, Blood Feast est assez délicat dans sa maîtrise de "l'écrapou". Par contre, en regardant ce film de 1963, il faut se mettre dans la perspective de l'époque. Avec son premier film d'horreur, le cinéaste d'exploitation H.G. Lewis n'a pas eu peur de briser des tabous! La seule et unique raison de regarder ce film aujourd’hui est pour assister, en quelque sorte, à la naissance du cinéma gore. Dans les circonstances, le film de Lewis n’a pas trop mal vieilli. Les effets gores sont plus réussis qu’on ne pourrait le croire et le cinéaste montre beaucoup d’audace dans le choix de ses plans. Le film ne contient pas seulement quelques giclées de sang, mais bien plusieurs démembrements, une langue qui se fait arracher, un œil crevé et une scène de fouet assez perverse!

Aujourd’hui, ce qui frappe le plus, ce ne sont plus les effets gores, mais bien l’incompétence de la réalisation de Lewis. D’un côté technique, Blood Feast est un fiasco! Les plans sont mal cadrés, très fades et peu diversifiés. Le caméraman se doit même souvent de recadrer ses plans au beau milieu d’une scène!! Les acteurs n’aident pas non plus. La plupart ne peuvent même pas être qualifiés d’amateurs tellement ils sont moches. La playmate Connie Mason est particulièrement atroce dans le rôle de Suzette, la fille de Dorothy Fremont. Il faut dire que le scénario ne les avantage pas! Si l’histoire sert bien le gore, les personnages sont, quant à eux, unidimensionnels. Je dois par contre donner crédit à Lewis qui a composé une trame musicale d’une simplicité alarmante, mais hautement efficace.

Par contre, tous les défauts du film ne devraient décourager personne à regarder au moins une fois ce classique. Son approche maladroite et son côté kitsch sont une source de divertissement inespérée! Lewis n’avait qu’un mandat en réalisant Blood Feast: ébranler les mœurs! Le film ne choquera personne aujourd’hui, mais les intentions du réalisateur sont plus qu’honorables! Blood Feast est une film très influent, non pas seulement pour son gore, mais aussi pour son irrévérence. Si des réalisateurs de films d’horreur tels Romero, Raimi, Gordon et Jackson ont été grandement inspirés par Lewis, c’est aussi le cas de John Waters (Serial Mom, Polyester).

Pour les amateurs de gore et de films d’horreur crades, une petite visite dans la filmographie de Herschell Gordon Lewis s’impose! Blood Feast ne dégoûtera personne, surtout pas le public qui baigne dans les Murder Set Pieces, Violent Shit et compagnie, mais il vous fera découvrir la naissance d’un sous-genre malsain de l’horreur.

  • Dany Champagne

  • Orgie Sanglante (version française/Belgique)

  • Blood Feast 2: All U Can Eat (2002)

  • Two Thousand Maniacs (1964)
  • The Wizard Of Gore (1970)

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