BLOODY MOON
1981
RÉALISATION: Jess Franco
SCÉNARIO: Rayo Casablanca
AVEC: Olivia Pascal, Christoph Moosbrugger, Nadja Gerganoff, Alexander Waechter et Jasmin Losensky
Dans une entrevue qu’on retrouve sur le DVD de Bloody Moon, Jess Franco affirme qu’il a accepté de réaliser le film parce que le producteur lui a fait croire que Pink Floyd allait composer la bande sonore. Imaginez Pink Floyd dans un film de Jess Franco!! Aussi bien faire mariner du filet mignon dans de l’urine!
Bloody Moon se déroule dans une école de langage réservée uniquement aux filles. Cinq ans auparavant, Miguel, le fils horriblement défiguré de la propriétaire de l'école, a tué une des étudiantes. Sa sortie de prison coïncide étrangement avec l'apparition d'un nouveau tueur sur le campus. Celui-ci s'en prend aléatoirement aux filles qui lui tombent sous la main. Lorsqu'elle remarque que ses amies sont disparues, Angela se met à croire que quelque chose de louche se passe dans sa nouvelle école. Bien sûr, elle passe pour la pire des idiotes et le meurtrier accumule les victimes.
Bloody Moon fut la tentative de Jess Franco, un des cinéastes les plus prolifiques du genre, de copier le slasher américain. Le sous-genre concorde à merveille avec le style (à la limite misogyne) du réalisateur et celui-ci ne se gêne pas de l’exploiter à fond. Les têtes roulent à un rythme soutenu et l’utilisation prononcée de paires de seins allumera plus d’un pervers (et les personnes saines aussi)!! En fait il y a tellement de nudité dans Bloody Moon qu’une des scènes centrales du film met en vedette une femme qui se fait poignarder dans le dos jusqu’à ce que la lame lui sorte par le sein. Du grand art, de l’exploitation de haut niveau! Bloody Moon n’a peut-être aucune valeur artistique, mais cela ne l’empêche pas d’être un divertissement fort agréable. À condition de bien savoir à quel style de cinéaste nous avons à faire.
Bien que fautif sur plusieurs points, Franco livre la marchandise là où sa compte. Dans la ligné des meilleurs Friday The 13th, Bloody Moon met en vedette une bande de jeunes femmes, tous plus jolies les unes que les autres, qui passent tour à tour sous la lame du meurtrier sadique. Les scènes de meurtres du film ont fait sa renommé de par leur qualité et surtout leur côté pervers. Celle où une femme se fait couper la tête par une scie circulaire a valu au film son inclusion dans la liste notoire des « video nasties » et n’a pas perdu de son charme aujourd’hui. Bien que Franco n’avait pas accès aux plus professionnels des créateurs d’effets maquillages, le gore quantitatif du film est sa plus belle qualité.
Dans le rôle de l’héroïne finale, l’ancienne vedette porno Olivia Pascal est quasi mémorable. Son personnage est d’une naïveté et d’une imbécillité si prononcées qu’elle en devient hypnotisante à observer. Les moments d’hystérie qu’elle offre une fois la finale venue devraient être étudiés par toutes actrices prenant la vedette des slashers subséquents. Musicalement, on est bien loin de Pink Floyd, et c’est là le seul véritable défaut dérangeant du film. La musique est disparate, passant aléatoirement du disco au country tout en bifurquant dans une tentative de cinéma d’épouvante bon marché. Jamais elle ne trouve son style, qui pourtant n’est pas difficile à cerner.
Bloody Moon est disponible sur DVd pour la première fois en Amérique Du Nord et dans sa version la plus intégrale. Le distributeur Severin Films s'est donné beaucoup de mal pour rapatrier la moindre scène qui avait été préalablement charcutée par la censure. Le résultat plaira nulle doute aux amateurs du genre. De plus, une excellente entrevue avec le réalisateur est incluse.
Pour ceux dont les plaisirs coupables sont des films du gabarit de Pieces de Juan Piquer Simón, Bloody Moon est maladroitement similaire, donc hautement divertissant! Un must pour les amateurs de slashers des années 80.



• Die Säge des Todes (titre original/Allemagne)
• Lune De Sang (version française)


• Don’t Go In The House (1980)
• Pieces (1982)
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