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BONE SICKNESS2004
RÉALISATION: Brian Paulin Le créateur de Bone Sickness, Brian Paulin, avait vraiment soif de gore. Après avoir complété et distribué son film, qui était déjà fort généreux en matière de carnage à l'écran, Paulin conçoit une seconde version pour régler certaines ambiguïtés du récit, mais aussi et surtout pour rajouter encore davantage de gore. Apportez vos parapluies... Alex souffre d'une mystérieuse maladie qui semble incurable. Ses os pourrissent à vu d'oeil et il devient faible à un point tel qu'il ne parvient pratiquement plus à se déplacer. Sa femme Kristen tente tout pour prendre soin de lui et recours même à des moyens expérimentaux peu recommandables. Thomas, un ami d'Alex travaillant dans une morgue, fournit à Kristen des ossements de morts. Elle en retire ensuite la moelle osseuse pour la donner en repas au malade. Même si Alex reprend graduellement ses forces grâce au remède, les morts, eux, n'entendent pas du tout à rire. Ils sortiront de terre pour reprendre leur dû sur les vivants. Bone Sickness possède ses mérites. La prémisse de son scénario est d'abord digne des meilleures histoires intégrant à la fois le morbide et le poétique. L'amour que porte Paulin au genre de l'horreur à travers son film est évident. Ses zombies, superbes costumes et maquillages à l'appui, sont du type qu'on voit trop peu souvent. Lents, secs et ténébreux, ils contribuent à ce que Bone Sickness se démarque de la masse de films de zombies amateurs. Chapeau également au réalisateur pour la conception de ses très nombreux effets spéciaux à l'aide de prothèses en latex et autres méthodes « old school ». L'influence de Evil Dead et des films de Lucio Fulci se fait sentir sur l'ambiance du film sans jamais pour autant agacer. La mentalité de Bone Sickness rappelle la belle époque où horreur ne rimait pas avec remake gomme balloune. Mais les points en faveur du film s'arrêtent brusquement ici. D'une part, Bone Sickness souffre du syndrome du film amateur sur pratiquement toute la ligne. Du scénario, qui s'égare dans des détours inutiles et dont on ne comprend plus trop le fil conducteur, en passant par les acteurs, faibles dans le meilleur des cas, jusqu'à la réalisation, inégale et d'apparence improvisée, rien ne joue en la faveur du film. Le tournage sur caméra vidéo, direction photo plus qu'élémentaire en prime, pose également un frein à ce que l'on plonge dans l'univers de Bone Sickness. Il faut aussi mentionner que le montage manque définitivement de fluidité et que les effets sonores (morsures, sang qui gicle) sont d'un ridicule absolu. Certes, Bone Sickness contient une quantité innombrable de scènes à teneurs excessives en gore. En terme de quantité, on pourrait même croire que le film s'approche d'un Braindead. À la marque d'une heure, les plans gore s'enchaînent les uns après les autres pour laisser un répit au spectateur seulement le générique de fin arrivé. Par contre, bien que les effets spéciaux de Paulin soient d'une qualité exemplaire, il n'en demeure pas moins que sans le soutien d'une bonne réalisation, ces effets tombent souvent à plat. Les angles de prises de vues choisis pour montrer les dommages corporels sont rarement optimaux et à vouloir trop en montrer, les trucages employés deviennent facilement perceptibles. Il va sans dire qu'après un certain temps, ce festival du gore devient plutôt redondant. Avec sa durée totale d'une heure quarante minutes, il est clair que le long métrage de Brian Paulin aurait bénéficié à s'étirer moins longtemps. Un moyen-métrage d'une quarantaine de minutes aurait été nettement suffisant compte tenu du manque de ressources de l'ensemble. Néanmoins, Bone Sickness risque de plaire à une bonne partie des amateurs de gore et malgré notre déception, on ne peut s'empêcher d'encourager Paulin à continuer de travailler aussi fort dans ses projets.
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