RÉALISATION: Stephen Kay
SCÉNARIO: Erik Kripke, Juliet Swoden et Stiles White
AVEC: Barry Watson, Emily Deschanel, Skye McCole Bartusiak, Tory Mussett et Lucy Lawless
Boogeyman est le deuxième film (avec The Grudge) que nous offre Ghost House Pictures, le studio de production de Sam Raimi, célèbre réalisateur de The Evil Dead et Spiderman. Le film débute dans la chambre d'un jeune garçon nommé Tim. Ce dernier souffre de terreur nocturne et s'imagine qu'il y a un monstre caché dans son placard. Son cauchemar s'avère réel lorsqu'il voit son père se faire aspirer dans la garde-robe par le méchant croque-mitaine (Boogeyman pour les Anglais). Quinze ans plus tard, Tim (Watson) est toujours effrayé par les placards et les endroits sombres. Lorsqu'il apprend la mort de sa mère (Lawless), il se voit obligé de retourner dans sa ville natale et, bien évidemment, dans la maison qui l'a traumatisé. Rendu sur place, Tim se rend compte que le boogeyman n'est pas né de son imagination.
Le réalisateur Stephen Kay (Get Carter) ne voulait pas déplaire à son patron, Sam Raimi. Sa réalisation est calquée sur celle de The Evil Dead. Kay utilise plusieurs mouvements de caméras et des angles étranges pour raconter son histoire. C'est le fun au début, mais après une demi-heure, la réalisation excentrique ne parvient plus à camoufler les lacunes du scénario. Et j'ai bien dit "lacune avec un s"! Boogeyman a une prémisse intéressante. Malgré la popularité de la légende du Croque-Mitaine (aussi appelé Bonhomme Sept Heures), rares sont les films traitant sur le sujet. Seul Ulli Lommel nous avait offert The Boogeyman et sa suite Boogeyman 2 au début des années 80. Les premières minutes du film sont prometteuses et laissent présager un bon film de monstre. Malheureusement, le scénario manque de vie. Les personnages sont tous unidimensionnels et n'ont aucune motivation. Les scénaristes incorporent plusieurs histoires secondaires qui n'aboutissent à rien ou sont abandonnées au cour du film. Le scénario est si peu palpitant que le seul moyen qu'ont trouvé les producteurs pour nous garder éveillé est de nous faire sursauter à toutes les 3 minutes. À plusieurs moments dans le film, le son est boosté au maximum dans le but de nous faire peur. C'est cheap comme procédé, mais si c'est utilisé efficacement, ça marche. Par contre, les producteurs de Boogeyman ont eu de la difficulté à doser. La technique, appelée "Fake Scare" en anglais est utilisée à outrance dans des moments qui n'en ont pas besoin. Par exemple, le son est amplifié lorsque quelqu'un jette des déchets dans une poubelle, lorsqu'un robinet est ouvert, lorsqu'une porte s'ouvre, etc.
Le seul élément qui aurait pu être original est tellement mal transmis à l'écran, qu'il laisse le spectateur dans le néant. À un moment du film, Tim entre dans une garde-robe d'un motel puis ressort par la garde-robe de sa maison. Ensuite, il voyage de garde-robe en garde-robe (comme dans Robin et Stella!) sans comprendre pourquoi. Non seulement il change de lieu, mais souvent de temps. On ne sait pas vraiment si c'est dans sa tête ou si c'est pour montrer la façon de voyager du Boogeyman. Le film bifurque encore plus avec sa finale. Le Boogeyman nous est enfin révélé ... après un gros 75 minutes d'attente. Il aurait dû rester caché dans son placard car, amanché comme il est, il ne ferait pas peur à une fillette de 4 ans. Au lieu d'utiliser un acteur dans un costume, le film nous offre un monstre créé par ordinateur. On dirait un rejet du film The Lawmower Man. Des effets digitaux dignes d'un film des années 80.
Comment un cinéaste de renom tel que Sam Raimi a bien pu superviser un projet pareil ? Dites-vous que ce n'est que la pointe de l’iceberg puisque Raimi produira bientôt un remake de The Evil Dead. Beau poster ... néanmoins !