THE BOX

2009

RÉALISATION: Richard Kelly
SCÉNARIO: Richard Kelly et Richard Matheson
AVEC: Cameron Diaz, James Masters, Frank Langella, Sam Oz Stone et Gillian Jacobs

Initialement intitulé Button, Button, The Box fut tout d’abord une nouvelle écrite par Richard Matheson (I Am Legend) et publiée dans Playboy! Eh oui, il y en a vraiment qui achetait ce magazine pour le lire. Par la suite, la nouvelle fut transformée en un épisode lors du retour télévisuel de The Twilight Zone en 1986. Par la suite, une version cinématographique réalisée par Eli Roth avec un scénario coécrit par ce dernier et Richard Kelly devait voir le jour, mais finalement, Roth ne fut plus parti du projet! C’est ainsi qu’aujourd’hui, nous avons droit à la vision de The Box par Richard Kelly, le génie derrière Donnie Darko!

Nous sommes en 1976 et la vie est belle pour la famille Lewis. Jusqu'au jour où, après une suite de mauvaises nouvelles, une boite apparaît devant leur porte. Le lendemain, un mystérieux homme du nom d’Arlington Steward sonne chez les Lewis et leur propose un marché. S’ils appuient sur le bouton de la boite, deux choses se produiront : premièrement, M. Steward leur donnera une valise contenant un million de dollars. Deuxièmement, quelqu’un, quelque part, qu’ils ne connaissent pas, mourra. Que feront-ils?

J’ose m’avancer pour dire que The Box est l’un des meilleurs hommages du cinéma des années soixante et soixante-dix! Tout est pensé afin de nous rappeler la belle époque des films de mystère et d’ambiance. Outre le fait que le film est bourré de vêtements, d’objets, de voitures ou de moustaches de ces belles années, The Box possède tous les qualités et défauts du cinéma de cette époque. L’élément le plus évident est sans contredit la musique. Ultra présente durant le film, elle possède de grosses teintes de vieilles musiques des studios Hammer. Par exemple, lorsque Cameron Diaz rencontre M. Steward pour la première fois, une grosse musique de fond digne de Dracula nous pompe dans les oreilles, soulignant le mystère du personnage et l’horreur de son visage.

Sinon, la réalisation de Richard Kelly est tout aussi imprégnée de nostalgie avec ses images sur laquelle est surimposée une espèce de filtre légèrement floue, comme si la bobine avait quelques années. Ce procédé est fait plus subtilement et de façon plus léchée que Grindhouse par contre. De plus, de façon volontaire ou non, à quelques moments, Kelly semble nous faire des petits clins d'œil en coupant la fin de ses scènes abruptement, comme s’il n’avait tourné qu’une seule prise et qu’à cause de la fin manquée, il aurait coupé la scène. Encore là, c’est fait en subtilité, mais il n’en reste pas moins que l’évidence de la chose est là. Sinon, Kelly nous offre un film enlevant avec de magnifiques images et beaucoup de tension dans sa réalisation. Surtout durant la première heure, on est rivé sur notre siège tellement le film nous captive et nous tient en haleine.

Cela dit, il est à noter que The Box est en fait deux films bien distinctifs, ce qui séparera le public. D’un côté, la première heure est, comme je mentionnais, un film de mystère avec des gros accents d’hommages. Cependant, la deuxième heure est digne de l’imagination débridée de Kelly avec ses histoires de science-fiction. Je ne peux pas m’avancer plus sans rien révéler, mais disons que les fans de la mythologie de Donnie Darko seront servis.

Comme le oremier film de Kelly, The Box possède un scénario ultra original, mais très complexe. À la fin du film, je repassais en tête certains moments et certains dialogues du film et je me suis mis à disséquer le film dès le début, remarquant que certaines phrases de la fin parlaient en fait d’un événement du début, que tout était relié, mais qu’il faudrait surement un, deux ou une dizaines d’autres visionnements afin de tout comprendre. Disons que c’est un bel amalgame entre Donnie Darko et Mulloland Drive. Malheureusement, ce deuxième acte du film risque de déplaire à ceux qui apprécient la subtilité du premier et vice-versa. Personnellement, je trouve que les deux films se mélangent parfaitement bien, nous emmenant de gauche à droite et formant un trajet complexe et homogène à la fois. De plus, le scénario de Richard Kelly rend hommage à l’épisode de The Twilight Zone et à la nouvelle de Richard Matheson en insérant les deux finales lors de certaines scènes. Une belle petite surprise!

Malheureusement, non, The Box ne s’élève pas au sommet du génie atteint par Donnie Darko. Cependant, il prend une belle deuxième place et nous laisse pantois devant ce petit film plein de charme, de nostalgie et d’émerveillement. Que cette critique vous titille ou non, je dois quand même vous conseiller de le voir, que ce soit pour vous faire votre propre idée ou que ce soit par respect pour un réalisateur qui sort de l’ordinaire et nous surprend à chaque fois.

  • Dominic Paulhus

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