BOY EATS GIRL

2005

RÉALISATION: Stephen Bradley
SCÉNARIO: Derek Landy
AVEC: David Leon, Samantha Mumba, Tadhg Murphy, Laurence Kinlan et Sara James

Pour quelques raisons que ce soit, les irlandais n’ont pas encore révélé leur talent cinématographique. Depuis quelques années, certains pays sortent des films qui les font apparaître encore plus sur la carte: la Nouvelle-Zélande a eu Lord Of The Rings, l’Australie Wolf Creek, la Corée The Host et j’en passe. Avec Boy Eats Girl, l’Irlande tente d’envahir le marché du DVD direct-to-video. Si le réalisateur Stephen Bradley continue dans la même veine, il pourrait bien réussir ce que les cinéastes mentionnés plus haut ont réalisés avec leur pays respectif.

Le soir même où il décide d’avouer ses sentiments à sa meilleure amie, Nathan meurt accidentellement. Sa mère, qui par hasard a découvert un livre voodoo, décide de le ramener à la vie. Malheureusement, Nathan ne ressuscite pas intact, mais il devient plutôt un zombie ayant une faim de chair humaine insatiable.

Ce n’est probablement pas ce que l’Irlande a de meilleur à offrir pour l’instant, mais c’est quand même une entrée remarquée que Boy Eats Girl nous propose. Pour faire un portrait juste, le film ressemble à un mélange entre Idle Hands, Zombie Honeymoon et Night of the Living Dorks. La seule différence avec ces films, est que l’humour est beaucoup moins présent. Cependant, il y a bien quelques bonnes blagues bien placées. Par exemple, deux des meilleurs amis de Nathan semblent copiés sur les personnages de Seth Green et Elden Henson dans Idle Hands. Ils sont juste un peu moins drôles et charismatiques. Ils réussissent à apporter la bonne majorité de l’humour dans le film. Cependant, de ce côté, ceux qui sont en croisades contre les films d’horreur humoristiques pourront rester tranquille. Il n’y a pas assez d’humour pour que cela soit dérangeant. Ils pourront donc regarder le film sans problème.

Ce qui m’a surpris, c’est justement le bas niveau de blagues. Je m’attendais à une comédie d’horreur, mais à la place, Stephen Bradley nous sert un film assez sérieux avec une bonne dose de gore. Cela prend un peu de temps avant de partir, mais quand les zombies commencent à apparaître, c’est la fête ! À partir de là, plus le film avance, plus le niveau de gore augmente. On passe de la simple morsure, au bras arraché, en passant par une tête décapitée à mains nues ! Mais la scène la plus écœurante (dans tout les sens) est celle de la moissonneuse batteuse. En gros, c’est un bel hommage à la tondeuse dans Braindead. Et pour un film de cette envergure, il est étonnant de remarquer que les effets spéciaux sont de qualités, ce qui est bien rare. Cela permet justement de se laisser aller dans les bains de sang au lieu de se rouler par terre tellement c’est mal fait.

Le plus gros défaut du film est qu’il est trop moyen. L’aspect le plus réussit du film est son gore, mais encore là, il n’y en a pas assez ! La réalisation aurait pu être plus soignée, le jeu des acteurs laisse parfois à désirer ( surtout celui de la chanteuse RnB Samantha Mumba ), l’humour tombe trop souvent à plat et j’en passe. De plus, le scénario écrit par Derek Landy laisse beaucoup trop à désirer. Comme n’importe quel film d’ados, les personnages sont hyper caricaturés et ne laissent aucune place à l’originalité. Les classiques c’est bien, mais le changement est encore mieux ! De plus, la plupart des dialogues sont risibles et n’ont aucun intérêt. Trop souvent, Landy tente de pondre des répliques cinglantes, mais elles laissent plutôt un goût amer après les avoir entendues.

Le film contient bien son lot de défauts, mais cela ne l’empêche pas d’être bougrement divertissant. Si jamais Stephen Bradley est présentement en train de me lire, je n’ai qu’un conseil à lui donner : continue dans le gore excessif, c’est ta force et ce qui te permettrait de suivre les traces de Peter Jackon dans ses jeunes années !

  • Dominic Paulhus

  • Idle Hands (1999)
    Night Of The Living Dorks (2004)

     

     
     


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