BRAIN DEAD

2007

RÉALISATION: Kevin Tenney
SCÉNARIO: Dale Gelineau
AVEC: Joshua Benton, Sarah Grant Brendecke, David Crane, Andy Forrest et Alexandra Goodman

À quoi peut-on s’attendre d’un film qui utilise sans gêne le même titre que la comédie d’horreur la plus célébrée de tout les temps? Dans mon cas, pas grand-chose. Je sais bien que ce n’est q’une question de marketing mais je ne peux m’empêcher de trouver ça bizarre chaque fois que j’écris le titre. C’est donc avec très peu d’attentes et un peu de dédain que j’ai glissé Brain Dead dans mon lecteur DVD.

Alors que deux pêcheurs s’affairent à leur sport, un objet tombant non identifié vient violemment terminer son trajet sur la tête de l’un d’eux. Presque instantanément, le pêcheur se relève et déchire la face de son compagnon avant de lui arracher le cerveau pour le dévorer. Le ton du film est confirmé : Nous sommes bien en présence d’une comédie gore à faible budget.

Deux détenus évadés, deux randonneuses égarées, un télévangéliste et sa jeune assistante (la très jolie et voluptueuse Cristina Tiberia) se retrouvent malgré eux dans un chalet de pêche abandonné à mille lieux de toute civilisation. Les fugitifs se voient dans l’obligation de capturer les autres jusqu'à ce qu'ils découvrent que les pêcheurs disparus ont été décapités ou transformés en zombies mangeurs de cerveau par une glu extra-terrestre. À tour de rôle, les proies humaines sont confrontées aux monstres mutants qui les cernent – quand ce n’est pas au comportement explosif de leurs semblables.

L’histoire, assez commune, emprunte à différents classiques de l’horreur. On distingue aisément quelques références à The Evil Dead, Slither et Hatchet pour ne nommer que ceux-là, mais pourtant, Brain Dead réussit à se démarquer de la majorité de ses confrères « direct-en-DVD » qui utilisent la même vieille recette. La facilité avec laquelle les jolies demoiselles se dénudent y est certainement pour quelque chose. Quand un film indépendant se vante d’être un cadeau pour les amateurs de splatter, il est toujours fort agréable de constater que c’est vrai (même quand ce ne l’est qu’à moitié). Les effets gore - malheureusement moins nombreux que la bande-annonce le laisse croire - sont d’un calibre impressionnant, rappelant parfois les premiers films de Peter Jackson (Bad Taste en particulier).

Le film tend cependant à s’essouffler quelque peu dans certaines longueurs attribuables au scénario. Écrites à la manière « une ligne, un punch », les innombrables interventions cabotines (et pas toujours comiques) du personnage de Clarence - l’anti héro - sont parfois hors contexte et laissent perplexe quant à leur rôle. On essaie trop de rendre ce personnage à la fois attachant, drôle et astucieux (à la Bill Pardy dans Slither) sans jamais y parvenir.

Les inconditionnels de l’horreur d’aujourd’hui sont habitués de deviner la fin d’un film dans les 20 premières minutes de celui-ci et ce n’est jamais bon présage. Oui, Brain Dead renferme suffisamment de gore et de boules pour divertir mais la ligne entre la réussite et le fiasco reste bien mince. Il ne faut absolument pas s’attendre à quoi que ce soit d’original ici. Par contre, comme il s’agit d’un effort au dessus de la moyenne des films indépendants dans son genre, Brain Dead mérite d’être soutenu et peut-être même de se tailler une place de choix parmi les meilleurs sorties horrifiques indépendantes de 2010. À vous de lui donner une chance!

  • Robert Parent

  • Hatchet 2 (2010)
    Dead Snow (2009)

     

     
     


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