BRAINIAC
1962
RÉALISATION: Chano Urueta
SCÉNARIO: A. Torres Portillo et Federico Curiel
AVEC: Abel Salazar, Ariadna Welter, Mauricio Garces, Rosa María Gallardo et Rubén Rojo
La sorcellerie fut un thème récurrent dans le cinéma d'horreur mexicain des
années 50 et 60. Que ce soit volontaire ou non, Brainiac est un des
rares films mexicains de l'époque à traiter le sujet avec humour.
El Baron De Terror, de son titre original, débute en 1661. Un groupe
de juges masqués condamnent un baron pour l'utilisation de la sorcellerie.
Avant de brûler vivant, le baron réussit à voir les visages des juges avec
ses pouvoirs et leur lance un sortilège. Comme sa condamnation survient en
même temps que le passage d'une comète, le baron se promet de réapparaître
lors du prochain passage de la comète dans... 300 ans! On fait un petit saut
en 1961! Comme prévu, la dite comète traverse le ciel et le Baron fait son
retour sur Terre. Abordant maintenant un visage monstrueux qu'il peut
camoufler grâce à ses pouvoirs de sorciers, le baron se promet d'éliminer
tous les descendants des juges qui lui ont causé la mort!
Bien qu'il soit loin d'être "le film le plus bizarre de tous les temps"
comme le clame la pochette du DVD, Brainiac est une sympathique
série B qui saura plaire aux amateurs du genre. Grâce à la stupidité de son
scénario et ses effets spéciaux à demi-mesure, les amateurs de films
obscures ont élevé Brainiac au statut de culte. Ce qui étonne
avec Brainiac est le traitement sérieux qu'a accordé le réalisateur
Chano Urueta (The Witch's Mirror) au scénario. Urueta, qui est un pionnier du cinéma d'horreur mexicain, donne une certaine classe à un scénario qui en a bien besoin. Sa réalisation est à point, enveloppant bien l'absurdité de l'histoire dans un contexte réaliste.
Une grande partie de la popularité du film est redevable à l'apparence
monstrueuse du Baron. Vêtu d'un chic complet noir, celui-ci s'est vu
attribuer un masque complètement ringard qui contraste avec le visuel du
film. Comme si ce n'était pas assez, le baron a une longue langue qui lui
sort de la bouche et sa tête gonfle et dégonfle à répétition. Il n'est
jamais clair si Urueta a voulu parodier les films de monstres ou si
Brainiac n'est ni plus ni moins qu'une production cheap, mais dans
les deux cas, il est difficile de ne pas laisser échapper quelques
rires. Et attendez de voir la façon dont le Baron est tué. C'est d'un ridicule succulent!
Par contre, le "bizarre" du film n'est aujourd'hui que demi-bizarre! Les séries B du même genre font légion et Brainiac, malgré ses qualités, n'a rien qui puisse le démarquer du lot. Son intrigue est prévisible et les revirements, pas assez nombreux. Cela dit, les nombreux fans du film seront heureux d'apprendre qu'il est finalement disponible en DVD gracieuseté de Casa Negra Films. Ce distributeur qui se spécialise dans le cinéma mexicain offre un excellent DVD rempli d'informations pertinentes sur le film. Les suppléments sont surtout sous forme de textes, mais il y a néanmoins une piste de commentaires audio avec Kirb Pheeler, un spécialiste du cinéma d'horreur mexicain.
Dans le style, il s'est fait mieux, mais pour ceux qui savent apprécier la
naïveté et le manque de prétention de ce genre de production,
Brainiac est un bon petit film.



• El Baron Del Terror (titre original/Mexique)


• The Living Head (1963)
• The Witch's Mirror (1961)
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