BREATHING ROOM

2008

RÉALISATION: John Suits et Gabriel Cowan
SCÉNARIO: John Suits et Gabriel Cowan
AVEC: Ailsa Marshall, David Higlen, Brad Culver, Kim Estes et Keith Foster

Si les remakes n'étaient pas une vulgaire mode, mais un service auquel on peut faire une demande d’application, Breathing Room aurait tout intérêt à s’en servir. Non pas que le film soit mauvais, bien au contraire! Les quelques points négatifs du film pourraient ainsi disparaître pour ne laisser place qu’aux bons.

Tonya se retrouve nue, dans un entrepôt parmi treize autres personnes. Elle découvrira alors qu’elle est la dernière participante d’un jeu. Au fur et à mesure que les participants découvrent les règles, l’hôte du jeu joue avec leurs têtes et les tournent l’un contre l’autre, car il ne doit en rester qu’un seul!

Oui! Je sais! L’intrigue du film pue le réchauffé à plein nez. Il doit y avoir des milliers de films ressemblant à ceci depuis que Saw est devenu populaire. Mais le long métrage, une sorte de mélange entre Saw et Cube, contient quand même quelques idées intéressantes. Au lieu de tomber dans l’excès avec du gore à profusion, Breathing Room préfère tisser son scénario dans des intrigues psychologiques. Malheureusement, comme beaucoup trop de films récents, Breathing Room veut terminer son service avec une infâme fin « twistée ». Celle-ci n’offre d’ailleurs aucune conclusion plaisante, elle est là simplement parce que c’est maintenant rendu un critère obligatoire. Pire, l’identité du tueur est prévisible dès les dix premières minutes et nous empêche de s’immiscer complètement dans l’intrigue.

Mais là où Breathing Room tire sa force, c’est dans la simplicité de ses décors et des plans visuels. Évidemment, le tout est obligé de par son mince budget, mais au lieu de justement trop tenter de faire compliqué avec peu de moyen, les décors de Breathing Room, de par leur simplicité, viennent accentuer l’isolement des personnages. Une pièce blanche, vide, avec des indices et quatorze personnes qui veulent alternativement s’entre-tuer. Cette sensation de huit clos ajoute à l’intensité dramatique du long métrage.

Là où le film mérite surtout de se faire « remaker » est au niveau technique. Bien que le style visuel soit assez simple et sans artifice, la camera à l’épaule nuit beaucoup au film. Avec des réalisateurs plus expérimentés, on se retrouverait avec un long métrage plus fluide et plaisant à regarder. Cependant, surtout vers la fin, les réalisateurs réussissent quand même à bien s’en sortir, avec quelques scènes qui m’on tenu en haleine. Cependant, pour le rythme, c’est trop peu, trop tard.

Étonnamment, pour un petit film de ce genre, la distribution est quand même solide. Ailsa Marshall est très bien dans le rôle de la jeune femme fragile et forte à la fois, la « survival girl ». De plus, l’autre acteur principal est beaucoup trop charismatique pour jouer dans un petit film de ce genre. On dirait un mélange entre Luke Wilson et Matthew Cox.

Breathing Room n’est définitivement pas le film qui changera le genre malgré ses qualités. Montagne russe inégale avec ses hauts parsemés et ses bas cahoteux, Breathing Room n’en reste pas moins un film divertissant qui essait de sortir la tête hors de l’eau d’un océan de copié/collé.

  • Dominic Paulhus

  • • Espace Vital (version française/Québec)

     

    • Cube (1997)
    Saw (2004)

     

     
     


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