BRUTAL MASSACRE: A COMEDY

2008

RÉALISATION:Stevan Mena
SCÉNARIO:Stevan Mena
AVEC: David Naughton, Brian O’Halloran, Gerry Bednob, Ken Foree et Ellen Sandweiss

Brutal Massacre: A Comedy n’est que le deuxième film de Stevan Mena et pourtant, il a réussi à rassembler une belle brochette d’acteurs, dont Brian O’Halloran (Clerks), Ken Foree (Dawn of the Dead), Ellen Sandweiss (The Evil Dead), Gunnar Hansen (The Texas Chain Saw Massacre), David Naughton (An American Werewolf In London) et Tony Timpone l'éditeur du magazine Fangoria! Son premier film, Malevolence, fit un tabac et il se prépare d’ailleurs à tourner une suite. Mais, entre temps, il s’est activé plutôt sur son faux documentaire humoristique, Brutal Massacre: A Comedy.

Harry Penderecki est un réalisateur « has been ». Connu dans le temps pour ses succès tels que Sasquatch at the Mall ou Fish Eat Flesh, il n’a pas travaillé depuis plusieurs années. Il décide alors de prouver qu’il est encore dans le vent en tournant son dernier film, Brutal Massacre. Suivi d’une équipe qui veut faire un documentaire sur lui et les dessous de son dernier film, on sera témoin des déboires personnels de Penderecki et de la production.

Malgré quelques excellentes idées, Brutal Massacre n’est rien de plus qu’un vulgaire « mockumentaire » qui veut un peu trop être dans la cour des grands. Stevan Mena n’a sous la ceinture qu’un seul film du genre horreur. Avec son deuxième, il tente de démontrer qu’il est aussi capable de faire de l’humour, ce qui n’est pas le cas. Car, avant tout, Brutal Massacre: A Comedy est... une comédie (tout est dans le titre!). Malheureusement, mis à part quelques bonnes blagues écrites et d’autres seulement dû au jeu des acteurs, le projet ne vol pas haut. Je crois que Mena souffre du même syndrome que moi, c'est-à-dire que ce que l’on trouve drôle dans notre tête ne veut pas nécessairement dire que cela l’est dans la vraie vie!

Malheureusement, l’humour du film souffre aussi par l’interprétation des acteurs, celle de David Naughton particulièrement. Reconnu pour avoir jouer dans An American Werewolf in London, Naughton semble avoir de la difficulté avec le concept de faire semblant d’être naturel. Durant le film, on ne peut s’empêcher de voir que lui, ainsi que d’autres acteurs, jouer comme si c’était un film et non un faux documentaire. C'est-à-dire que son jeu manque de naturel, de spontanéité. On voit bien que les acteurs sont dirigés et que les situations sont préméditées. C’est normal, c’est un faux documentaire, mais cet élément ne devrait techniquement pas paraître. Non seulement ça enlève du charme et de la crédibilité au film, mais cela nous fait décrocher complètement. Heureusement, certains acteurs souffrant du même problème semblent réajuster leur tir en cours de route. Mais sinon, le talent de la belle brochette de vedettes est très mal exploité.

Les deux seuls acteurs qui réussissent vraiment à nous faire rire, par leurs charismes et leurs textes, sont Gerry Bednob et Gunnar Hansen. Le premier joue le cameraman de Penderecki qui est, de plus, un ancien militaire. Maintes fois, on le verra attaquer des gens à grands coups de savate dans le cou, ce qui est très comique. Hansen, quant à lui, joue le propriétaire extrêmement cru et cinglé de la maison dans laquelle sera filmé la finale. D’ailleurs, la meilleure blague du film, la toute dernière avant la fin, est basée sur son personnage. Si seulement la folie de cette blague était parsemée partout dans le scénario… .

De plus, le film se perd dans son univers. Alors que tous les plans sont normalement supposés être filmés par le cameraman du documentaire, on trouve parfois des scènes et des plans tournés comme si c’était un film que l’on regardait, et non un « mockumentaire », encore un élément qui nous fait sortir du long métrage. Car, en fait, mis à part cela, le film est bien fait point de vue technique. Il ne fait que souffrir d’un scénario mou et pas assez drôle.

Mais là où le scénario réussit, est dans le réalisme d’un tournage. Que ce soit les déboires que peuvent vivre une équipe durant une production et les solutions qu’ils prennent que les étapes à suivre avant, pendant et après un tournage. Cet aspect tient vraiment du documentaire, même si parfois les situations sont exagérées. De plus, comme j’ai mentionné plus haut, certaines blagues et situations sont plutôt hilarantes, surtout tout ce qui entoure les vieux films de Penderecki. On nous montre alors de vieux extraits comiques, des posters et les titres de ses films, mon préféré étant I’ll Take The Ring Back And The Finger Too. Malheureusement, ses blagues sont trop parsemées et rares.

Encore un « mockumentaire » décevant. Il y a quelque temps, je vous parlais d’American Zombie, maintenant, de Brutal Massacre. Pour l’instant, rabattons nous sur Behind the Mask: The Rise Of Leslie Vernon, le seul dans le genre qui a réussi le coup de maître, jusqu'à la sortie d’un « mockumentaire » qui méritera vraiment de se faire appeler la version horrifique de This is Spinal Tap.

  • Dominic Paulhus

  • American Zombie (2008)
  • Behind The Mask: The Rise Of Leslie Vernon (2006)

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