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BUG2007
RÉALISATION: William Friedkin Lorsque The Exorcist apparaît sur votre curriculum vitae, les attentes des cinéphiles ne peuvent être que démesurées à l'annonce de chaque nouveau projet. C'est peut-être une des raisons pourquoi William Friedkin a rarement revisité le cinéma d'horreur depuis le succès phénoménale des son chef-d'oeuvre de 1973. Près de 35 ans plus tard, c'est avec un projet des plus inusité que Friedkin a choisi de revenir à ses racines horrifiques. Basé sur un pièce de théâtre du même nom, Bug raconte l'histoire d'Agnes, une serveuse au passé trouble qui tente de refaire sa vie en travaillant dans un bar de lesbiennes. Habitant dans une chambre de motel miteux, elle se drogue et boit pour oublier ses problèmes. Lorsque sa meilleure amie lui présente Peter, elle tombe sous son charme, malgré l'aura étrange que dégage l'homme. Lorsque Agnes et Peter transportent leur amour dans la chambre à coucher, c'est là que les insectes se mettent à apparaître... Bug a été peu médiatisé à sa sortie (le film n'a même pas été présenté en salles au Québec) et le mystère l'entourant lui sert positivement. La première heure du film est bizarre puisqu'elle semble ne mener nulle part. Le film d'horreur intense et dérangeant promis par la pochette n'est présent en aucun degré. À la place, Bug se présente comme une étude sociale de personnages que la vie n'a pas gâté. Ce long prologue est néanmoins primordiale à l'histoire et surtout à l'horreur, qui une fois mise en place, étouffe littéralement le spectateur par sa subtilité. Avec un titre aussi évocateur, il serait facile de penser que Bug n'est rien de plus qu'un film de bibittes tueuses. Ne vous méprenez pas, il y a bien des insectes dans Bug (beaucoup même), mais celles-ci sont dans la têtes des protagonistes!! Non sans rappeler les premières oeuvres de David Cronenberg (Rabid, The Brood), Bug est un film d'horreur psychologique qui pousse la paranoïa de ses personnages dans un extrême rarement vu, frôlant parfois même le surréalisme. Bien que le matériel se prêtait plus au style de Cronenberg, William Friedkin réussit avec brio à transposer l'univers de la pièce de théâtre à l'écran. Le réalisateur utilise à son avantage les restrictions de son décor, une chambre de motel, qui à mesure que l'histoire progresse, devient une véritable prison. Le côté intimiste de la pièce a été maintenu, créant ainsi un sentiment de claustrophobie rehaussé. Du moment que les insectes entrent en jeu, la santé psychologique de Agnes et Peter dégringole à un rythme affolant. La psychose vécue par les deux personnages est dérangeante de par son exubérance. Le brio de Friedkin est d'avoir réussi à rendre réaliste un tel état d'esprit. Durant la première heure, la réalisation de Friedkin est réfléchie et s'apparente à une forme de cinéma vérité. C'est ainsi qu'il peut se permettre des largesses en fin de parcours tout en gardant l'effet de réalisme désiré. Encore plus réussi est le jeu des deux acteurs principaux. Ashley Judd (Kiss The Girls) jette son étiquette de jolie fille d'à côté avec un rôle de composition des plus réussi. Sa performance est rien de moins qu'exceptionnelle, d'autant plus qu'il n'y a pas beaucoup d'actrice hollywoodienne qui aurait accepté un rôle aussi sombre. Dans le rôle de Peter, Michael Shannon (qui jouait aussi dans la pièce) est tout aussi excellent en dégageant un malaise constant. À défaut d’avoir eu une grande visibilité à sa sortie en salles, Bug bénéficie d’une excellente présentation DVD gracieuseté de Maple. En plus d’une piste de commentaires audio de William Friedkin, le DVD comprend une entrevue de 28 minutes avec le réalisateur et un documentaire dans les coulisses de tournage. Avec une finale autant surprenante que choquante, Bug ne s'oubli pas facilement. Le retour à l'horreur de Friedkin est définitivement une réussite, et ce, bien qu'il soit clair que son film n'est pas accessible à tous. L'horreur exploitée n'est pas viscérale, mais enfouie profondément dans la psyché de ses personnages. Sur ce point, Bug s'avère être la démonstration de terreur paranoïaque la plus efficace depuis très longtemps. Il n'y a peut-être pas de personnage qui exécute un 360 degré avec sa tête, mais Bug demeure un incontournable du genre!!
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