BURIED

2010

RÉALISATION: Rodrigo Cortés
SCÉNARIO: Chris Sparling
AVEC: Ryan Reynolds, José Luis Garcia Pérez, Robert Paterson, Stephen Tobolowsky et Samantha Mathis

Faire autant avec si peu, on ne parle plus de talent, mais de génie !

Il fait noir, chaud, il est désorienté et la panique s’empare de lui. Un homme, Paul Conroy, se réveille pris au piège, enterré vivant, dans un cercueil. Il n’a qu’un briquet et un cellulaire et il doit tenter de sortir de là et découvrir pourquoi il s’y trouve!

D’une simplicité ahurissante, le scénario se trouve tout de même être riche et bourré de rebondissements. Chris Sparling a réussi à raconter une histoire seulement par le biais de conversation avec la femme de Paul, son patron ou un fonctionnaire. Même juste par l’écoute d’un message de répondeur on nous livre des bribes d’indices sur sa vie. Et même là, le scénario ne nous perd pas dans des dédales d’intrigues inutiles et superflues. Toute l’action est concentrée sur le cercueil, Paul et ses limites physiques.

Mais la beauté de Buried réside dans sa réalisation grandiose. Un seul lieu, un cercueil, et une multitude de plans serrés, contrôlés et ingénieux. Personnellement, je trouve que c’est signe d’un réalisateur de talent que de réussir à mettre le spectateur en haleine grâce à des scènes ou des actions anodines. Paul doit simplement réussir à se tourner de bord dans son cercueil pour trouver un indice et le tout devient aussi intense et palpitant que la meilleure scène d’action du monde. Il est évident que le réalisateur Rodrigo Cortés s’amuse, nous offrant une multitude de plans recherchés, telle qu’une vue d’en haut du cercueil, comme s’il n’avait pas de couvercle, la caméra collée de très prêt à Paul nous donnant l’impression d’être coincé a sa place. Ou simplement le plan d’un cercueil infini, en parallèle avec un sentiment de détresse du personnage.

De plus, tout le film n’est éclairé que par les quelques objets que possède Paul, c'est-à-dire un briquet et un cellulaire. Il n’y a aucun autre éclairage artificiel, donnant des images d’une simplicité ahurissante, mais empreintent d’émotion. Et le pire, c’est que l’utilisation de presque une heure trente de lumière a actuellement du sens. Le briquet n’est pas allumé en permanence, seulement lorsque Paul panique ou a besoin de lumière. Même chose pour le cellulaire, qui n’éclaire qu’à peine et seulement lorsque Paul s’en sert. Et Cortés n’a pas peur d’utiliser la noirceur non plus à son avantage.

Sparling aussi se fait du fun. Voulant déstabiliser le spectateur, il a créé une suite de fausses fins à la Lord of the Rings. Tel un saut en parachute, on tombe vers une fin et hop, on repart vers le haut, le saut n’étant pas fini et ainsi de suite quelques fois. Chaque fin tentant de surpasser l’autre jusqu'à une conclusion satisfaisante et glauque.

Un aspect aidant la claustrophobie induite par le film est que nous ne voyons jamais d’autres personnages que Paul, on ne fait que les entendre au téléphone, nous faisant sentir comme si nous étions seuls au monde, isolés. De plus, surtout lors des discussions avec le fonctionnaire chargé de la cellule antienlèvement et le terroriste, le fait de ne pas voir le personnage accentue l’état de détresse, de peur. Qu’une personne au visage inconnue ait le pouvoir de vie ou de mort sur nous, nous fait sentir comme si nous n’étions rien, qu’un pion sur un échiquier politique mondial comme un simple humain prit dans le combat éternel entre Dieu et Satan.

C’est honnêtement un crime que Ryan Reynold n’ait reçu aucune nomination pour ce film. Alors qu’il nous a habitués à des comédies légères et un jeu désinvolte, ici, il brille de talent. Il ne fait pas juste jouer son personnage, il semble le vivre. Il n’est pas juste beau comme un Dieu et drôle, il a décidément du talent en plus… le tabarnack!

Le film n’est pas sans défaut, bien entendu. Il y a bien quelques éléments du scénario qui m’ont semblé trop tirés par les cheveux et trop spectaculaires à mon avis, mais leur somme n’est pas assez forte pour ternir l’image ultra positive du film. Disons simplement que comme pour tout dans la vie, il faut en prendre et en laisser.

Je ne sais pas vraiment quoi dire d’autres que de courir voir ce film. Ce sont des films comme Buried qui me rendent tellement passionné par le cinéma et fier d’être un amateur du genre.

  • Dominic Paulhus

  • • Enterré (Version française/Québec)

     

    Saw (2004)
    • The Vanishing (1988)

     

     
     


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