BURIED ALIVE

2007

RÉALISATION: Paul Etheredge
SCÉNARIO: Padraig Reynolds
AVEC: Jeff Blum, Greyson Chadwick, Bram Hoover, J.R. May et Brit Morgan

Dans Buried Alive, les deux tendances horrifiques les plus à la mode s’affrontent pour un combat sans merci! Buried Alive combine la « torture porn » d’Hostel et de Saw avec le style faux documentaire récemment préconisé par Cloverfield, Diary Of The Dead et REC. On pourrait accuser le réalisateur Paul Etheredge (Hellbent) de simplement suivre la parade, mais il a le mérite d’être un des rares à avoir pousser le concept à l’extrême. En effet, son film a été initialement produit en plusieurs segments qui ont été diffusés sur les sites Internet You tube, IGN et Fear Net. Suite au succès remporté par les segments, Sony en a acheté les droits pour les distribuer en un film complet.

Un maniaque masqué enlève cinq amis et les emprisonne dans des cercueils personnalisés. Ces cercueils sont munis de caméras, d’écrans, de micros et d’indices quant à l’identité du kidnappeur. De plus chacune de ses prisons contient un piège pouvant mener à la mort de son occupant. Pouvant communiquer d’un cercueil à l’autres, les cinq amis tenteront de trouver l’identité du malade qui les a enfermés avant qu’il ne soit trop tard. Ayant été témoin de l’enlèvement de son amie de cœur via sa webcam, Melanie part à la recherche d’indices pouvant la mener aux cercueils.

Buried Alive est un projet audacieux de la part de Paul Etheredge et du scénariste Padraig Reynolds. Mais l’audace n’équivaut pas automatiquement à la qualité comme en témoigne la produit final! La meilleure chose qui aurait pu arriver au scénario de Buried Alive est qu’il soit récupéré par les producteurs de la série Saw pour le transformer en suite subséquente. Car du point de vue concept, Buried Alive est la meilleure suite que Saw n’a pas eu la chance d’avoir! Les cinq cercueils, hyper sophistiqués, rappellent les manigances de Jigsaw, surtout que ceux qui y sont enfermés ont une leçon de vie à apprendre.

Ce qui freine les ardeurs de Buried Alive c’est l’exploitation de son concept initial, soit l’approche faux documentaire. L’histoire nous est présentée de trois points de vue différents. Il y a les caméras placées dans les cercueils qui nous montrent l’agonie vécue par les victimes. Il y a d’anciennes vidéos amateurs tournés par les cinq victimes qui nous montrent une piste quant à la raison de leur enlèvement. Finalement, il y a Melanie, petite amie d’une des victimes, qui tourne une vidéo de ses recherches qu’elle publie sur son blogue. Bien qu’un tel concept donne place à plus de réalisme, celui-ci est néanmoins bien souvent difficile à atteindre en raison de l’entêtement des personnages à tout filmer malgré l’horreur des circonstances. Ce défaut est des plus flagrant dans Buried Alive.

Les caméras placées dans les cercueils offrent une vision d’horreur sans pareil. Par contre, ce sont les vidéos tournées par Melanie qui gâchent tout. Malgré qu’elle détienne la vidéo de l’enlèvement de sa copine, Melanie ne contacte pas les policiers, elle s’ouvre un blogue dans lequel elle se filme en train de demander de l’aide aux internautes pour retrouver sa flamme. Elle demande aussi à son frère de la suivre avec sa caméra pour documenter ses recherches. De plus, en tant que spectateur, il n’est jamais clair de savoir pourquoi nous regardons un tel film. Le montage qui uni trois sources bien différentes de vidéos est contradictoire quant au concept de cinéma réalité puisqu’il sert plus à dérouter maladroitement le spectateur quant à l’identité du tueur (qui est pourtant facile à deviner) plutôt qu’à servir la narration.

Malgré le peu d'envergure de Buried Alive, Sony ne s'est pas ménagé pour sa sortie DVD. En plus d'une piste de commentaires audio, le DVD inclus un documentaire sur la production qui est fascinant compte tenu des circonstances dans lesquelles Buried Alive a été tourné. Quelques scènes supprimés, originalement présentées sur le Web, sont aussi inclues

Au fil des décennies, l’alliance de l’horreur et du faux documentaire a donné naissance à plusieurs œuvre incontournable comme en témoigne Cannibal Holocaust, The Blair Witch Project, REC et Paranormal Activity. Par contre, à force de vouloir trop abuser d’un concept, le film de Paul Etheredge se retrouve à être une des pires exploitations du genre avec Diary Of The Dead de George Romero.

  • Dany Champagne

  • Saw 4 (2007)
    Diary Of The Dead (2007)

     

     
     


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