THE BUTCHER

2007

RÉALISATION: Kim Jin-Won
SCÉNARIO: Kim Jin-Won
AVEC: Kim Sung-Il, You Dong-Hun, Mu-nyeong Lee, Myung-hun Seo et Yu-ii Ha

The Butcher est un faux snuff coréen dans lequel une petite équipe constituée d’un réalisateur, un « acteur » et un technicien installent des caméras sur les têtes de leurs victimes afin de capter leurs meurtres en deux points de vue : celui du meurtrier et celui de la victime. Dans l’histoire, ces films sont ensuite vendus aux américains, qui apparemment, en réclament toujours plus.

Le concept ne date pas d’hier. On a qu’à penser à la super production américaine de 1999, 8mm, ou plus récemment, à la commotion qu’à causé August Underground sur le web en divisant férocement l’opinion des plus fervents adeptes d’horreur. Est-ce du cinéma? Est-ce de l’art? Est-ce justifié? Est-ce uniquement pour choquer? Une chose est sûre, le réalisateur coréen Kim Jin-Won a voulu tirer profit du « buzz » qu’a engendré la trilogie August Underground en proposant un film dangereusement similaire.

Pas besoin d’argent pour faire un faux snuff. Le but étant de rendre les actes les plus réels possibles, un équipement de base et une équipe très restreinte suffisent. En fait, la seule façon d’effrayer son auditoire avec ce sous-genre est de lui faire croire que tout ce qu’il voit est incontestablement vrai. De vives réactions peuvent alors survenir. Malheureusement, c’est exactement ce que The Butcher ne fait pas. Les personnages et leurs dialogues sont d’une stupidité ahurissante, mais pire encore, ils sont joués gros comme le bras. Dans ce contexte, l’ennui remplace la peur et les rires non intentionnels remplacent l’antipathie que nous devrions ressentir envers les tueurs… De plus, The Butcher pourrait aisément remporter la palme du film contenant le plus de cris stridents par minute. Il faut le voir (et surtout l’entendre) pour le croire. Sur ses 75 minutes, je doute fort qu’il y en ait 5 de répit. Je sais qu’il s’agit d’un film d’horreur, mais à cette fréquence, ça devient insupportable.

Oui, je me suis ennuyé. Terriblement ennuyé. Cependant, deux points positifs ressortent quand même de ce film. Premièrement, j’en ai marre des distributeurs qui vendent leurs acquisitions avec des lignes telles « horreur extrême », « repousse les limites de l’horreur » ou encore « écoutez ce film si vous en avez le courage ! » parce que c’est de la merde dans 98% des cas. Dans ce cas ci, bien que maladroitement exécuté, The Butcher est effectivement sadique à souhait. Je dois avouer qu’il y a quelques moments qui peuvent venir confronter le spectateur (dépendamment de votre seuil de tolérance, évidemment). Deuxièmement, je lève mon chapeau aux responsables des effets spéciaux. Bien qu’ils ne soient pas excessivement nombreux, chaque effet a un impact considérable et semble soigneusement travaillé, ce qui est toujours bienvenue.

The Butcher n’est pas un bon film et malheureusement, il n’arrive pas à réellement combler sa promesse de choquer. Il n’en demeure pas moins un exercice intéressant sur le snuff, qui pourrait temporairement rassasier votre soif de sang.

  • Robert Parent

  • • August Underground (2001)
    • Tesis (1996)

     

     
     


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