CABIN FEVER 2:
SPRING FEVER

2009

RÉALISATION: Ti West
SCÉNARIO: Joshua Malkin
AVEC: Noah Seagan, Rusty Kelley, Alexi Wasser, Giuseppe Andrews et Rider Strong

"If people like it, I can't take credit for it. If they dont, it's not my fault!"
Ti West, réalisateur

C'est avec deux prises contre lui que Cabin Fever 2: Spring Fever se pointe le bout du nez dans le marché des films lancés directement sur DVD. Repoussée pendant plus de deux ans et avec un réalisateur, Ti West, qui s'est publiquement dissocié du film, les chances de réussite de cette suite étaient bien minces. Il faut ajouter à cela que Lionsgate n'a même pas pris la peine d'offrir une version Blu-ray aux consommateurs. Contre toute attente, cette suite au premier film d'Eli Roth (Hostel), n'est rien de moins qu'un magnifique coup de circuit.

Après être tombé dans un lac et infecté l'eau potable de la région, Paul (Rider Strong) se réveille miraculeusement. En tentant d'aller chercher de l'aide, il ne fera que contribuer à la propagation de l'étrange virus mangeur de chair. Non loin de là, des adolescents se préparent pour la journée la plus importante de leur jeune existence: le bal des finissants. Bien qu'ils avaient initialement décidé de ne pas se présenter à l'événement, Alex et John changent d'idée lorsque la chance de courtiser la fille de ses rêves s'offre à John. Malheureusement, ils seront confrontés au virus qui se propage rapidement dans l'école. Les autorités ayant été mises au courant de la situation, elles décident de mettre en quarantaine l'établissement. Il n'y a pas à dire, le bal des finissants s'avérera réellement une soirée qu'Alex et John n'oublieront jamais.

Ayant un énorme respect pour le cinéaste Ti West, qui avec The House Of The Devil a démontré qu'il était un des rares réalisateurs à être réellement capable de rendre hommage au cinéma d'horreur des années 80, c'est avec appréhension que j'ai abordé Cabin Fever 2. West a clairement affirmé qu'il était en désaccord avec la décision des producteurs de remonter son film sans son consentement, le réduisant de plusieurs minutes et le dépossédant ainsi de son identité. En sachant que le résultat n'est pas celui escompté par le réalisateur, il se créer un sentiment de culpabilité, surtout pour ceux qui, comme moi, ont à coeur la vision du réalisateur. Qu'à cela ne tienne, et malgré mon désir d'être solidaire envers West, Cabin Fever 2 s'avère être une des meilleures suites des dernières années.

Ti West a beau s'être dissocié de l'oeuvre, on en reconnaît tout de même sa touche personnelle. S'il avait réussi parfaitement à rendre hommage à un style de cinéma d'horreur des années 80 (celui inspiré par Halloween et When A Stranger Calls), il refait le même coup avec Cabin Fever 2, mais dans un tout autre répertoire. Cabin Fever 2 c'est du John Hughes sur l'acide!!! Un hommage aux films d'ado des années 80, mais avec la sensibilité des oeuvres produites par Roger Corman. C'est une oeuvre qui supplante son prédécesseur niveau dégueulasserie et vulgarité, nous surprenant même au passage avec des moments qu'on ne croirait jamais voir dans ce genre de film!

Parmi les moments incontournables, on retrouve un gars qui se fait râper le pénis alors qu'une fille portant des broches le suce, une scène de nudité avec une fille de 400 livres, un pénis qui crache du pue, des gens qui se vomissent dans la bouche et j'en passe! West avait promis un film dix fois plus dégoûtant que l'original et il a tenu parole! N'osons même pas imaginer sa version originale!! Peuplé de personnages excentriques et de situations complètement loufoques, Cabin Fever 2 est une oeuvre rafraîchissante, un film qui se balance pas mal de tout, se contentant simplement de beurrer épais!

Au niveau technique, West s'est surpassé. Visuellement, le film est magnifique. Son teint orangé le vieillit sans jamais pousser la note. Et la pellicule a été légèrement trafiquée pour donner l'impression que le film est regardé avec un vieux projecteur! Oubliez les égratignures ajoutées à l'ordinateur, Cabin Fever 2 a le look ultime du film des années 80! Un autre élément intéressant est que le film est intemporel. Même s'il est la suite d'un film qui se déroule dans les années 2000, il n'y a aucune trace de technologie contemporaine dans Cabin Fever 2! Les téléphones ont une roulette, un tourne-disque est utilisé au bal et les vêtements des personnages sont franchement datés! Une belle petite touche qui vient cimenter le style de son réalisateur. Le film est aussi truffé d'hommages. On reconnaît entre autres des clins d'oeil à Evil Dead 2, The Thing ou Carrie (le personnage d'Alexi Wasser, Cassie(!) a des airs de Sissy Spacek). Le plus réussi est sans contredit l'utilisation de la chanson thème du film Prom Night lors de l'inauguration du bal. Le tout avec un gros plan sur une boule disco!

Bien qu'il soit la continuation directe du film original, Cabin Fever 2 ne prend pas de temps à se défaire de tout lien narratif avec son prédécesseur. Mis à part la présence du policier Winston (une fois de plus joué par Giuseppe Andrews) et une apparition de Rider Strong, cette suite offre une histoire originale qui fonctionne autant en tant que suite que film distinct. Autant le film est appréciable pour son gore, autant ses personnages sont intéressants à voir évoluer. L'histoire d'amour entre Jonh et Cassie est bien mise en scène et reflète à merveille le style des années 80. Il ne manque plus que John Cusack qui viendrait faire son tour, radio à bout de bras!

Avec tous ces encensements, on pourrait se demander pourquoi West s'est dissocié d'une oeuvre aussi agréable à regarder. Il faut dire que pour un artiste, il est très difficile de voir son oeuvre être tempérée par autrui. Malgré toutes ses qualités, on remarque quand même que Cabin Fever 2 semble être la pointe de l'iceberg. Et le plus désolant c'est que l'iceberg en question semble promettre tout un film! Le scénario est rempli de petits détails abstraits et de bizarreries dont l'éclosion aurait été abandonnée sur le plancher de la table de montage! Fait encore plus étrange est que le film ne semble pas posséder de fin! Il ya bien un générique, mais celui-ci apparaît alors que l'histoire de quatre des cinq personnages principaux n'est pas résolue. On pourrait penser que l'intention était d'offrir une finale abrupte, mais je crois plutôt que le réel sort des personnages a tout simplement été abandonné par les producteurs. Il faut aussi ajouter que la dernière scène du film (qui serait la seule à ne pas avoir été réalisée par West) est terriblement ratée et vient conclure le film de façon cabochonne.

Oui, Cabin Fever 2 laisse un goût terriblement amer dans la bouche, mais malgré tout, les 75 minutes qui précèdent notre déception sont un pur délice. Ti West a mentionné qu'il ne pouvait pas prendre le crédit si les gens aiment le film. Je le lui donne quand même, car là où Cabin Fever 2 succède, c'est dans les petits détails et subtilités que seul un réalisateur de son talent aurait pu mettre de l'avant. En attendant de voir peut-être un jour sa réelle vision, la version studio de Cabin Fever 2: Spring Fever demeure un sapré bon divertissement!

  • Dany Champagne

  • • Fièvre Noire 2: La Fièvre Du Printemps (version française/Québec)

     

    Cabin Fever (2003)

     

    Dance Of The Dead (2008)
    Feast 2: Sloppy Seconds (2008)

     

     
     


    Horreur Web © 2003-2010
    Création/rédaction: Dany Champagne • Graphisme: Daniel Bérard