THE CALLER
2011
RÉALISATION: Matthew Parkhill
SCÉNARIO: Sergio Casci
AVEC: Rachelle Lefevre, Stephen Moyer, Luis Guzmán, Ed Quinn et Lorna Raver
À une époque où l’on donne un iPhone aux enfants de dix ans pour les récompenser de leur beau bulletin scolaire, est-il encore possible de produire des films de terreur téléphonique à l’ancienne ? À regarder The Caller, nouveau thriller horrifique mettant en vedette la Québécoise Rachelle Lefevre(Twilight) et Stephen Moyer (True Blood), il semblerait que la réponse est oui, à condition de savoir efficacement tordre la formule.
Nouvellement divorcée d’un mari violent, Mary doit se trouver un nouveau logement. Sans le sou et désireuse de retourner aux études, elle opte pour un vieux 4½ dans un quartier pauvre. Inclus dans le logement est un vieux téléphone à roulette que la jeune femme ne prend pas la peine de changer. Le premier appel qu’elle reçoit provient d’une femme confuse recherchant un dénommé Bobby. Croyant qu’il s’agit de l’ancien locataire, Mary n’en fait pas de cas. Puis, les appels de la dame se multiplient et deviennent de plus en plus bizarres. En discutant avec la dame, Mary apprend que celle-ci appelle littéralement du passé, soit l’année 1979! Croyant d’abord que la dame est sénile, elle découvre que son téléphone est réellement un portail vers le passé lorsqu’elle convainc l’interlocuteur de ne pas passer au suicide, changeant ainsi sa réalité. Au fil des prochains appels, Mary découvrira que la dame complote en 1979 pour venir changer radicalement la réalité de 2011. Mais comment vaincre un ennemi qui se trouve trois décennies en arrière?
Dès les premières sonneries du vieux téléphone à roulette au centre de son histoire, The Caller rappelle agréablement les beaux jours de Black Christmas et When A Stranger Calls. La morbidité du ton employé par la dame nous fait rapidement oublier toute forme de technologie et il est facile de se laisser aspirer dans la réalité de l’héroïne. On se balance pas mal de l’absence de cellulaire, car chaque nouvel appel monte considérablement le degré de frissons jusqu’au revirement assez inusité. Je ne gâche rien en dévoilant que la dame appelle de 1979, car la révélation survient très tôt dans le récit. Il est évident que votre appréciation de The Caller dépendra beaucoup de votre capacité à digérer un concept aussi particulier.
En effet, avec ce type de récit, il faut laisser notre incrédulité à la porte et accepter que la logique est très souvent sacrifiée pour que le scénario puisse parvenir à ses fins. Rappelant parfois une version horrifique de Frequency, le film de Matthew Parkhill
utilise la théorie du battement d’ailes du papillon, à savoir que le moindre détail peut avoir des conséquences importantes sur le futur. En convainquant la dame de ne pas se suicider, notre héroïne a libéré sans le savoir une psychopathe. Si à priori ce changement se perçoit par des changements à la disposition des pièces de l’appartement, la dame découvre rapidement qu’elle peut altérer dramatiquement la réalité de notre héroïne par ses actions. Et elle ne se gênera pas pour le faire.
À mesure que l’histoire progresse la logique s’effrite à vue d’œil. Tellement que le dernier tiers décevra ceux qui appréciaient le côté réaliste de l’œuvre. Cela dit, dans les circonstances Parkhill s’en sort plutôt bien. Seule la finale n’est pas à la hauteur puisqu’elle manque d’ambiguïté en tentant trop de rationaliser l’inexplicable. Une finale plus abstraite et ouverte aurait été une meilleure approche en plus de procurer au film un goût de revenez-y. Dans le rôle principal, Rachelle Lefevre, connue pour ses déboires dans la saga Twilight et dans la télésérie Big Wolf On Campus, est très bonne. Les amateurs de saga vampiresque en auront doublement pour leur argent puisque Stephen Moyer fait aussi partie de la distribution. L'acteur prouve qu'il est capable d'évoluer hors de la froideur de son personnage du vampire Bill!
The Caller n'est certes pas un film mémorable, mais c'est une oeuvre qui revigore efficacement une prémisse épuisée. À défaut de rapidement s'évaporer de notre mémoire, le film est fort efficace durant son visionnement. À découvrir.



• L'appel Du Destin (version française/Québec)


• Frequency (2000)
• Forget Me Not (2009)
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