Un mystérieux tueur sévit dans les rues de Rome. Surnommé "le joueur de cartes", il trouve plaisir à narguer les policiers. Il les invite à une partie de poker sur Internet. L'enjeu de la partie est la vie de sa prochaine victime. S'il gagne, il tue la victime, placée devant sa webcam. S'il perd, il la laisse partir. La policière en charge de l'enquête, Anna Mari, engage Remo, un jeune surdoué du vidéo poker pour déjouer l'assassin. Lorsque Remo se fait assassiner, le tueur commence à s'en prendre à la policière même. Aidée d'un enquêteur britannique, Anna Mari devra trouver qui est le mystérieux joueur de cartes.
À lire son synopsis, The Card Player peut sembler être un film assez stupide. Ceux qui le pensent n'ont pas tout à fait tort, mais pour ma part, j'ai aimé ce nouveau film de Dario Argento beaucoup plus que je ne l'aurais cru possible.
La première scène du film nous annonce un Dario Argento (Suspiria, Opera) plus moderne. Ses mouvements de caméra sont plus nerveux, son montage, serré, et la musique de Claudio Simonetti a des élans techno. Ces décisions ne sont sûrement pas étrangères avec les thèmes du film, soit la technologie, Internet et les webcams. The Card Player est un giallo de plus dans la filmographie de Dario Argento. Cette fois-ci, le film diffère un peu des autres gialli du cinéaste, puisque l'horreur et le gore sont légèrement mis de côté pour laisser le plus de place à l'enquête policière. La violence est plutôt rare, mais lorsqu'il y en a, elle est très marquante, ce qui explique que le film soit coté 16 ans et plus au Québec. Les points de vue du tueur et les plans montrant ses gants noirs, qui sont une des marques de commerce du cinéaste, sont aussi assez rares.
Malgré le manque de gore, j'ai trouvé The Card Player intéressant à suivre. On dirait un genre de Columbo plus sombre. L'intrigue est bien construite et il y a plusieurs bons moments de suspense. La scène où la policière est confrontée au tueur, dans sa maison sans courant est magnifiquement tournée. De plus, Argento réussit à imprégner du suspense dans les nombreuses scènes où les policiers jouent au poker contre le tueur. Je ne croyais jamais avoir peur d'un jeu de vidéo poker ! Les acteurs se tirent tous bien d'affaire. Du lot, j'ai bien aimé Stefania Rocca dans le rôle de Anna Mari et Liam Cunningham (Dog Soldiers) en policier blasé. Fiore Argento (Demons), "l'autre" fille de Dario Argento, a aussi un petit rôle.
En gros, The Card Player était une belle petite surprise, rien d'extraordinaire, mais j'appréciais. Je dis "était" car la finale est venu un peu gâcher mon plaisir. Du moment que le meurtrier est dévoilé, le film prend une tournure complètement stupide. La confrontation finale entre Anna Mari et l'assassin semble avoir été volé à un mauvais film de Jean-Claude Van Damme. Ça laisse un goût amer dans la bouche et c'est dommage car, avant la finale, The Card Player me plaisait beaucoup.
Le film est disponible sur DVD ou dans le coffret 5 Films By Dario Argento avec Tenebre, Phenomena, Trauma et Do You Like Hitchcock?.
Étant un grand fan de Dario Argento, je suis néanmoins satisfait du film car je ne m'attendais pas à ce qu'il soit bon. Je ne suis pas trop sévère et je pénalise le film d'un demi "p'tit bonhomme sourire-sanglant" pour sa finale ratée. Pour les fans de Argento seulement.