CASTLE FREAK
1995
RÉALISATION: Stuart Gordon
SCÉNARIO: Dennis Paoli
AVEC: Jeffrey Combs, Barbara Crampton, Jonathan Fuller, Jessica Dollarhide et Massimo Sarchielli
Avec Castle Freak, Stuart Gordon (Re-Animator) ajoute une autre adaptation de H.P. Lovecraft à sa filmographie (il en a cinq en tout). Cette fois-ci, c'est The Outsider qu'il a choisi d'actualiser.
Peu de temps après avoir causé un accident qui a tué son fils, John Reilly apprend qu'il est l'héritier d'un château situé en Italie. Il décide donc de se rendre sur place visiter les lieux avec sa femme et sa fille, aveugle depuis l'accident. La fameuse demeure appartenait à une duchesse qui gardait secrètement un de ses fils dans le sous-sol. À chaque jour, elle torturait le pauvre garçon qui a aujourd'hui une apparence monstrueuse. Lors de sa mort, la duchesse a non seulement laissé derrière elle son château, mais aussi son fils!! Après une nuit passée dans le château, le monstre s'échappe et s'en prend à la famille Reilly!
L'association entre le studio Full Moon (Evil Bong, Puppet Masters) et le réalisateur Stuart Gordon fut de courte durée... Dieu merci! Castle Freak est loin d'être mauvais (ça reste du Stuart Gordon quand même!), mais c'est un film qui souffre de la mentalité "bon marché" du studio! Full Moon a muni Gordon d'un somptueux château, mais c'est pas mal tout ce qu'il lui a apporté!! Le reste du film semble statique. Le visuel du château est fade et ne bénéficie pas de l'atmosphère gothique qu'il aurait dû avoir. La direction photo est aussi sans vie et la musique de Richard Band (qui a quand même travailler sur plusieurs films de Gordon) est pas mal ordinaire. De plus, les effets sonores sont artificiels. Les coups de tonnerre semblaient être des défectuosités de mon système de son!!
Une chance que Gordon semble avoir son histoire à coeur car sa réalisation sauve la mise! Bien que le récit tarde à s'installer, celui-ci est très bien développé par Dennis Paoli. Non seulement l'histoire du monstre qui vit secrètement dans le château est bien mise en place, mais le scénariste a eu la brillante idée d'incorporer un drame omniprésent sur la famille Reilly. Dès le départ, la tension se fait sentir entre John Reilly et sa femme, qui le considère coupable de la mort de leur fils. Comme si ce n'était pas assez, la présence de leur fille aveugle leur rappelle constamment leur drame. Le couple Reilly est merveilleusement bien joué par Jeffrey Combs et Barbara Crampton qui en sont à leur troisième apparition commune dans un film de Stuart Gordon. La chimie qui les unis dans Castle Freak est d'ailleurs à som mieux.
Côté gore, Gordon ne lésine pas! Bien que Castle Freak soit beaucoup moins éclaté à ce niveau que dans ses oeuvres précédentes, cela ne l'empêche pas d'avoir son lot de moments répugnants. Gordon y est allé pour une approche beaucoup plus réaliste qui "frappe là où ça fait mal"! À cet effet, la scène où une prostituée se fait manger un sein (littéralement) est assez mémorable. La révélation que le monstre a été castré ne donne pas sa place non plus! Parlant du monstre, celui-ci est très bien personnifié par Jonathan Fuller qui fait ressortir tant son côté barbare que son côté fragile.
La finale contient beaucoup d'action et est remplie d'émotions fortes. Par contre, puisque l'atmosphère macabre n'est pas à son mieux au début du film, il est permis de se demander pourquoi le troisième acte du film n'a pas été utilisé comme élément catalyseur en début de film! Le jeu de chat et de souris entre le monstre et les membres de la famille est si excitant qu'il aurait bénéficié à être plus long!
Sans pour autant qualifier le tout de défauts, Castle Freak est parsemé de décisions douteuses, tant au niveau narratif que technique. Malgré tout, le film s'en sort pas mal grâce à un je-ne-sais-quoi! On est loin des meilleurs films de Gordon, mais Castle Freak est un incontournable pour les amateurs du cinéaste. C'est juste dommage de savoir que s'il avait été mieux épaulé, Gordon aurait facilement pu offrir une oeuvre plus étoffée.



• Dagon (2002)
• The Pit And The Pendulum (1990)
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