CENTURION

2010

RÉALISATION: Neil Marshall
SCÉNARIO: Neil Marshall
AVEC: Michael Fassbender, Andreas Wisniewski, Dave Legeno, Dominic West et Olga Kurylenko

Neil Marshall, le fameux réalisateur anglais derrière Dog Soldiers, The Descent et Doomsday est de retour avec un nouveau film qui sur papier, n’a rien à voir avec le reste de sa filmographie; Rien sauf le sang. Des tonnes de sang. Bien que 90% de celui-ci soit généré par ordinateur, on reconnaît l’amoureux du gore en Marshall dès les premières minutes de Centurion. Il nous offre ici un film d’action historique hyper violent qui saura en réjouir plusieurs et en rebuter d’autres. Voyons voir.

Centurion offre la version de Neil Marshall sur la vicieuse et sanglante guerre qui eut lieu entre les Romains et les Pictes au premier siècle après Jésus Christ. Les Pictes sont un peuple aborigène Écossais prêt à tout pour repousser l’invasion Romaine et pour préserver leur honneur. Quintus Dias (Michael Fassbender) est le seul soldat Romain à avoir survécu au raid des Pictes sur son camp. Comme il connaît le dialecte de son ennemi, il est kidnappé puis torturé dans le but de dévoiler certaines informations chères à ses assaillants, avant de s’échapper et d’être recruté par la 9e légion Romaine, légion reconnue pour être l’élite de l’armée Romaine. La 9e légion a pour mandat d’éliminer les Pictes. En cours de route, elle est trahi par leur guide, la cruelle Etain, et s’engouffre dans un terrible guet-apens qui ne laisse qu’une poignée de survivants Romains.

Dans une mission suicide, les quelques soldats Romains restants s’engagent, sous la gouverne de Quintus Dias, à sauver leur général des mains des Pictes. Ils failliront à leur tâche et Quintus aura comme mission de rapatrier ses semblables au camp romain. Cependant, lors de leur incursion chez les Pictes, un soldat Romain psychopathe nommé Thax (JJ Feild) a lâchement assassiné le jeune fils du chef Picte pour venger la 9e légion, sans en glisser mot à ses camarades. Pour les guerriers Pictes, la chasse est ouverte et ne cessera que lorsque la 9e légion sera entièrement anéantie.

Marshall a un penchant certain pour les personnages de femmes fortes et Centurion ne fait pas exception. La ténébreuse Etain (jouée par la sublime Olga Kurylenko, la Bond Girl de Quantum of Solace) est une redoutable vilaine mi-femme mi-louve (dans l’instinct) qui n’a qu’une seule raison de vivre : Massacrer du Romain. Remarquez, c’est tout à fait compréhensible vu son expérience avec ce peuple : Lorsqu’elle était toute petite, les romains ont tués sa famille devant ses yeux avant de lui couper la langue pour ne pas qu’elle raconte ces horreurs. Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, c’est bien suffisant à haïr un parti.

C’est d’ailleurs dans ses personnages plus grands que nature que les proportions épiques du scénario se déroulent sans trop d’accros. Le général Virilus (Dominic West), pour lequel les soldats romains sont prêts à perdre la vie sans hésiter, représente bien le genre de personnage puissant et attachant que Marshall nous a habitué à côtoyer dans ses films. Même si la distribution compte beaucoup de comédiens, il est facile de s’attacher ou de détester les personnages qui jouent chacun un rôle précis et heureusement, fort bien écris.

Une exception fait cependant barrage, selon moi, à cette distribution et ce rythme sinon parfaits. Assez tard dans l’histoire, alors que la 9e légion n’est réduite qu’à trois soldats qui fuient désespérément Etain, le scénario nous introduit à ce que j’appellerais « le moment de tendresse dispensable du film ». Nous faisons la rencontre d’Arianne (Imogen Poots), une sorcière Picte exilée dans les bois et maquillée comme une pub de L’Oréal. Arianne survit hors de la tribu en se faisant passer pour une dangereuse sorcière, mais en vérité, c’est une jolie jeune femme sensible qui n’adhère pas aux principes de ses semblables. Le coup de foudre avec Quintus est inévitable et je soupire de désespoir. Je décroche un instant et me demande : « Où a-t-elle subit cette chirurgie nasale au beau milieu des bois à cet époque? » « Mais où a-t-elle donc trouvé ce maquillage aussi résistant aux intempéries de la vie dans les bois? » Je suis déçu le temps d’une romance et me demande vraiment pourquoi cette comédienne aux airs elfiques a été sélectionnée pour ce rôle superflu.

De retour dans l’action de la finale, je me ressaisie en même temps que le scénario et j’admire les somptueux paysages du film. Bien que la majorité des effets spéciaux utilisent le CGI, les décors eux, sont entièrement réels. Difficile de rester indifférent face aux magnifiques montagnes écossaises ainsi qu’aux décors enchanteurs qu’offre la forêt. J’ai mentionné que le sang est principalement ajouté numériquement (ce que je déteste), mais le mixte d’effets pratiques et numériques est somme toute très inventif et abondant. Tel qu’espéré du cinéaste Britannique dans un film où tous les personnages sont armés d’épées ou de lances, il ne faut pas cligner des yeux lors des combats afin d’être témoin de la prochaine décapitation, du prochain démembrement ou même, d’une éventuelle castration sournoise.

Centurion est un divertissement relativement grandiose qui met en vedette d’excellents comédiens, une trame narrative solide et une quantité ahurissante de gore. Si vous cherchez un film à caractère historique dans lequel il est impossible de tenir un décompte de victimes par épée, Centurion est taillé sur mesure pour vous.

  • Robert Parent

  • • 300 (2006)
    • Conan the Barbarian (1982)

     

     
     


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