Épisode 5: Farme Ta Yeule !!!

Comme disait si bien Patrick Huard...

.... FARME TA YEULE!!!

Nous sommes le 19 mars 2004. Dawn of the Dead sort en salles. Ayant déjà visionné la version originale et ayant plutôt apprécié sa critique sociale sur le mercantilisme, j'éprouvais une certaine hâte de voir le remake. Toute la journée, je me disais: "Come on, le weekend est presque là et ce soir, tu vas voir Dawn of the Dead au cinéma! Lâche pas!". Cependant, j'aurais dû me douter que ma soirée ne se déroulerait pas comme un conte de fées...

Tous les éléments perturbateurs étaient réunis: le film en est un d'horreur, les gens ont très hâte de le voir car il y a eu beaucoup de publicité, c'est un vendredi soir vers 21h00 et c'est le soir de première. Je vous l'accorde: j'ai pas été vite vite...

Alors, c'était quoi cette méga catastrophe??? Le P-U-B-L-I-C!!! Oh, pas 100%... ni même la majorité du public... en fait, ils n'étaient même pas une dizaine dans le cinéma, répartis un peu partout, j'en suis certaine... Mais bâtard, quels épais!!! Voilà le portrait: j'ai été prise au beau milieu d'une guerre de popcorn bien graisseux (ce qui a laissé des séquelles permanentes sur mon chandail préféré!!!), j'ai dû subir les sifflements machos (accompagnés de termes tellement délicats envers la gente féminine) à l'apparition de la belle Sara Polley, tout cela accompagné de chuchotements incessants durant tout le film!!!! Incapable de me concentrer sur Dawn of the Dead, je ne faisais que penser au spectacle de Patrick Huard et à sa célèbre ligne : « FARME TA YEULE!!! »!

Sérieusement, expliquez-moi!!! Je ne comprends pas!!! Pourquoi payer près de 10$ (sans compter la bouffe qui est hors de prix!) pour voir un film quand, dans le fond, on n'est là que pour déconner??? Est-ce que les jeunes d'aujourd'hui sont si riches qu'ils peuvent se permettre de gaspiller leur argent ainsi?? Ou bedon, est-ce parce qu'ils ont tous été abandonnés par leurs parents pour être élevés par une meute de loups qu'ils sont aussi incompétents pour se comporter en société?

Nous devons, en tant que vrais fans du cinéma, penser à des solutions afin de remédier à ce problème épineux… Nous devons nous réapproprier nos salles de cinéma!!! J’ai plusieurs idées en tête. Premièrement, il faudrait faire une salle spéciale pour les 14-18 ans qui sont ou bien tellement intoxiqués que leurs yeux rouges ressemblent étrangement à ceux du Diable dans le noir, ou bien en troupeaux de plus de cinq bêtes pendant leurs chaleurs. Un peu comme une halte-garderie dans les centres commerciaux : pendant que les grandes personnes visionnent un bon film, les enfants peuvent s’amuser dans un endroit complètement réaménagé spécialement pour eux! Il y aurait un plancher auto-nettoyant (pour ne pas trop augmenter la quantité de job au concierge… on s’entend, il y aura beaucoup de liqueur de renversées, de popcorn écrasés et de M&M fondus sur les bancs!). La salle serait aussi encore mieux insonorisée, question de ne pas entendre les cris des ados en délire. On pourrait aussi offrir des sièges gonflables multicolores (comme les manèges de foire!), placarder les murs d’affiches de toutes les Jessica Simpson et de tous les Fifty Cents de ce monde et mettre une boule disco au plafond, question de rendre l’endroit plus accueillant pour ces petites bêtes. Qu’en pensez-vous?

Ça semble extrémiste comme solution, je vous l’accorde. Mais même s’il faut prendre mes idées avec un grain de sel, ne croyez-vous pas que nous avons raison de nous plaindre de ce genre de comportements? N’êtes-vous pas de ceux qui respectent votre hobby, votre passion : le cinéma? Si oui, il faut poser des gestes pour remédier à la situation. Aller voir le préposé ne changera strictement rien : "l'autorité" d'un puceau de 15 ans mérite plus de rires que de respect! Donc, son intervention ne changera rien. Au mieux, les perturbateurs se tairont pendant 5 minutes, et dès que le placier sera parti, ils recommenceront. Tout le monde sait que les adolescents sont, en majorité, en opposition avec toute forme d’autorité. Par contre, nous, spectateurs du même film, avons beaucoup plus d’emprise sur eux. C’est ce qu’on appelle dans le jargon « intervention par les pairs» . Quelqu’un en position égalitaire avec eux aura plus de chances de mener une action qui se résoudra de façon positive qu’une personne en autorité. Ainsi, NOUS, nous pouvons leur faire fermer le clapet si nous décidons, ensemble, de leur faire savoir notre mécontentement. Pour cela, il est PRIMORDIAL d’emprunter leur langage. Un « Pourriez-vous, s’il-vous-plaît, diminuer le ton de votre voix? J’ai de la misère à entendre le film! », prononcer avec une voix doucereuse, va immédiatement déclencher un fou rire général. Mais un « Tu vas-tu la farmer ta crisse de yeule sacrament? », accompagné de quelques « ouais! » de vos amis supporteurs aura beaucoup plus de résultats.