Je ne m’en cacherai pas : le meilleur film d’horreur jamais fait est sans contredit, selon moi, The Silence of the Lambs. J’ai longtemps essayé de me taillé une place comme «critique invitée» afin de vous entretenir sur cette œuvre si spéciale, mais ça a l’air que mon Mister a la couenne dure et est un peu rigide : une éditorialiste reste une éditorialiste, et un critique reste un critique! Ben tant pis, moi je parlerai de The Silence of The Lambs dans MON éditorial! Ha!
J’entretiens une relation assez weird avec ce film. La première fois que je l’ai visionné, c’était à TQS, un mercredi soir, avec plein de pubs et plein de coupures partout, ce qui n’est rien pour aider à l’appréciation d’une œuvre cinématographique, on s’entend! Mais, pourtant… quelquechose s’est inscrit en moi au fer rouge. Hannibal Lecter (Anthony Hopkins, ai-je réellement besoin de le préciser??) m’a fascinée à un point qu’il m’est difficile de décrire. Cet homme si intelligent qu’il en fait peur, si perspicace qu’il en est troublant, si cruel qu’il vous fait trembler comme une feuille. Il est tellement dérangé mentalement qu’on a juste envie d’en savoir plus sur lui, sur sa folie trop « clean », trop « classe ». En fait, c’est lui qui m’a donné envie de travailler dans le vaste domaine de la psychiatrie!!!
Le travail qui a été fait pour construire ce personnage a été colossal. Depuis ma première écoute, mon bagage de connaissance s’est évidemment agrandit. Ainsi, quand il est question de folie ou de problèmes psychiatriques dans un film, je suis HYPER critique. Souvent, les scénaristes ne prennent pas assez de temps pour fouiller à fond telle ou telle pathologie, et quand je vois le résultat à l’écran, ça paraît. Je perds alors tout intérêt puisque je ne peux plus croire à l’histoire qui m’est présentée. Le pire cas est d’ailleurs la fin de Identity. Oh My God! J’ai presque crié dans le cinéma. La théorie des personnalités multiples est, depuis déjà plus d’une dizaine d’années, complètement dépassée! Au pire, un individu s’inventera une deuxième personnalité pour échapper à sa vraie histoire. Mais une fois qu’on a une deuxième personnalité qui nous convient mieux, à quoi serviraient les 5, 10, 20 autres personnalités? À rien! En tout cas… Tout ça pour dire que les 5 dernières minutes de ce film m’ont fait amèrement réalisée que je venais de perdre 2 précieuses heures de ma jeune vie!!!
Pour revenir à ce que je disais, on voit que le travail des scénaristes a été extrêmement bien fait. La psychologie folle de Hannibal se tient bien (d’autant plus qu’il est lui-même psychiatre) et je n’ai jamais décroché du film. Il en va de même pour Clarice Starling (Jodie Foster), cette jeune agente du FBI en devenir au passé un peu troublé et à la confiance chambranlante. À voir ses deux acteurs à l’écran, on ne se demande pas longtemps pourquoi leur jeu leur a valu chacun un Oscar! Le regard hyper glacial de Hopkins… Le malaise de Foster assise devant la cellule d’Hannibal… Ces moments sont pour moi de grands classiques. Sans oublier la fameuse scène de poursuite, filmée à travers des lunettes infrarouge?! Avouez-le : vous, autant que moi, avez cesser de respirer tout le long de cette scène!!
Inutile de m’étaler sur les plans de caméra, la réalisation ou la musique de The Silence of The Lambs. Selon moi, la beauté de ce film réside essentiellement dans le jeu de ses deux acteurs principaux, et dans l’espèce de complicité torturée qu’ils développent à l’écran. Foster a même déjà avoué qu’elle croyait tellement à l’«acting» d’Hopkins qu’elle en avait réellement peur et qu’elle n’osait presque pas lui parler en dehors du plateau de tournage! Ce genre de symbiose entre deux acteurs ne se voit que très rarement, et seulement pour cette raison, je conseille à tout le monde de visionner ce chef-d’œuvre au moins une fois.