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CITY OF ROTT2006
RÉALISATION: Frank Sudol L’une des étapes les plus frustrantes lors de la production d’un film est de devoir supprimer certaines scènes du script car le budget accordé ne permet pas de tourner celles-ci. Ce n’est pas un réel problème avec un film à gros budget, mais lorsque l’on tourne un film d’horreur moyen, ceci peut devenir une grosse problématique. Les films de zombies peuvent être particulièrement touchés puisque plusieurs d’entre eux se déroulent dans des grosses villes envahies par des centaines de morts-vivants. On n’a qu’à penser à Day Of The Dead dont George Romero a dû modifier plusieurs passages de son scénario original. Ou alors la scène finale de Zombie dans laquelle on voit normalement rouler des voitures sur le pont de New York lors de l’invasion car le budget ne permettait pas de bloquer la circulation. Le film d’animation City Of Rott parvient à contourner cet obstacle, puisque peu importe la folie des grandeurs du réalisateur, en animation, tout est possible! Des vers ayant infectés l’eau transforment tout le monde en zombies pourrissant et mangeurs de chair humaine. Arrive alors en ville Fred, un vieillard venu s’acheter une nouvelle paire de souliers. Lorsqu’il réalise ce qui est en train de se produire, il décide de prendre les choses en main. Armé de sa marchette, le vieil homme tentera de survivre, tout en se débarrassant du plus grand nombre de morts-vivants possible. Malgré ses excès et l’absurdité de sa prémisse, City Of Rott est un film obscur et plutôt crade! Utilisant beaucoup la violence et le gore, l’animateur Frank Sudol parvient à donner à son film un aspect dégoûtant, rappelant parfois la période gore du cinéaste Lucio Fulci (Zombie). J’irais même jusqu’à dire que ce film d’animation pue le cadavre décomposé!! L’ambiance glauque du film est également un gros plus. Un autre point intéressant est le pessimisme qui se dégage du film. Alors que l’on parvient à sauvegarder l’élite, les morts se comptent par milliards et les survivants se font très rares. Ceci laisse d’ailleurs place à quelques critiques sociales (bien cachées dans le film) à propos du gouvernement et de la publicité, entre autres. Le peu de dialogues que contient le film aide bien l’ambiance aussi. Le héros du film passe toutefois plusieurs moments à se parler seul (il est inspiré de Gollum), ce qui ajoute une bonne de dose de schizophrénie à l’histoire. L’obscur et le pessimisme mis de côté, City Of Rott contient néanmoins plusieurs moments humoristiques arrachant facilement quelques sourires ici et là. Il est par exemple difficile de ne pas être amusé par l’idée d’un vieillard éliminant les zombies à l’aide de sa marchette et se sauvant à peu près à même vitesse que ses assaillants décomposés. De plus, City Of Rott ne fait pas les choses à moitié côté gore quantitatif. Contournant le problème des restrictions techniques et budgétaires pour les effets spéciaux, Frank Sudol se laisse aller autant qu’il peut. Les membres arrachés, les têtes tranchées ou éclatées et les éventrations sont au rendez-vous et les litres de sang se comptent par centaines. Occupant le statut de réalisateur, scénariste, producteur, animateur, compositeur ainsi que la plupart des postes dans le studio, Frank Sudol a pris un gros risque. Ce risque s’est néanmoins avéré bénéfique puisque celui-ci lui a permis d’être fidèle à sa vision. De plus, le manque de personnel ne se fait pas ressentir à l’écran. Les animations sont évidemment simplistes, mais le charme des dessins compensent, tandis que la musique métale électronique colle à merveille avec l’esprit du film. Par contre, City Of Rott contient quelques longueurs, notamment vers la fin où l’élimination des zombies devient quelque peu redondante. City Of Rott laisse toutefois un goût très amer dans la bouche. Malgré les imperfections de celle-ci, Frank Sudol peut être fier de son œuvre. Ceux qui seraient intéressés par une bonne comédie gore avec une ambiance crade et du gore ne voudront pas manquer ce film d’animation.
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