CITY OF THE LIVING DEAD

1980

RÉALISATION: Lucio Fulci
SCÉNARIO: Lucio Fulci et Dardano Sacchetti
AVEC: Christopher George, Katriona MacColl, Carlo De Mejo, Antonella Interlenghi et Giovanni Lombardo Radice

Bien qu’ayant déjà tourné un grand nombre de film, la carrière de Lucio Fulci n’a commencé à entrer dans son apogée qu’en 1979, lorsque sortit Zombie. Film de zombies très gore et morbide, cette fausse suite de Dawn Of The Dead obtint un grand succès chez les fans de cinéma d’horreur. Ne voulant pas changer une formule gagnante, Fulci réalisa peu après City Of The Living Dead, un second film de zombies.

À Dunwich, un curé se pend dans un cimetière. Au même moment, à New York, Mary Woodhouse, rend l’âme lors d’une séance de spiritisme. Un peu plus tard, elle revient de chez les morts… après avoir été enterrée. Heureusement, Peter Bell, un journaliste, se trouve sur les lieux et parvient à la déterrer. Une visite chez l’organisatrice de la séance de spiritisme leur apprendra que le suicide du religieux a eu pour conséquence d’ouvrir les sept portes de l’Enfer. Ils devront alors se rendre à Dunwich pour les refermer avant la Toussaint, sinon le monde sera infesté par des morts-vivants sanguinaires!

Contrairement à Zombie, City Of The Living Dead ne met pas en vedette des cadavres pourris sortant du sol pour dévorer les humains, mais plutôt des revenants venus de l’Enfer. L’aspect des zombies est modifié et ceux-ci ont plutôt la forme de démons, étant donné leur capacité à apparaître et disparaître à leur guise. Beaucoup n’apprécient pas qu’ils soient aussi différents comparativement à d’autres films de zombies, mais moi j’aime bien qu’on amène du neuf. Ils sont peut-être un look un peu moins dégoutants que dans Zombie, mais les sons qu’ils poussent compensent. Disons que ça en est à glacer le sang! C’est à partir de cette œuvre-ci que Fulci a commencé à s’aventurer dans l’abstrait. Oui, il y a un synopsis et une histoire, mais le tout est plus ou moins cohérent. Ne vous trompez pas, il ne s’agit pas d’un défaut. Du moins, pas avec le grand Lucio Fulci!! Pour pouvoir apprécier ses plus grandes œuvres, il ne faut tout simplement pas chercher à comprendre. On regarde et on admire sans se poser de questions. Sur ce point, la signification de la dernière scène n’a toujours pas été élucidée.

De toute façon, ce n’est pas l’histoire qui a contribué à rendre ce film aussi apprécié auprès des fans. Ce qui ressort le mieux est l’ambiance morbide qui se dégage lors de notre visionnement. Car l’ambiance est très morbide, oh! ça oui, monsieur! Avec ce film, Fulci démontre la vision noire et pessimiste qu’il se fait du monde. Les décors sont très macabres et le brouillard épais est très souvent présent. De plus, le réalisateur utilise plusieurs fois des éclairages bleutés, ce qui renforce encore plus la force de l’ambiance! Aussi, les plans sont tous parfaits et les angles de caméras sont irréprochables. Le maître italien a une prédilection pour tout ce qui est dégoutant et il en fait très bon usage. Tout comme dans son premier film de zombies, la présence d’asticots est utilisée de façon brillante afin de dégouter le spectateur.

Plusieurs scènes devenues cultes ont grandement aidé à hausser la popularité de City Of The Living Dead. Il y a par exemple, la fameuse scène du cercueil, d’ailleurs rendue en hommage par Quentin Tarantino dans Kill Bill Volume 2. Par contre, le moment le plus marquant du film est sans contredit celui où une fille se vomit les entrailles. Ça paraît qu’il s’agit d’un mannequin mais la réalisation est tellement grandiose et le bruitage réaliste que le cœur nous lève immédiatement. La scène de la perceuse n’est pas mal non plus, surtout pour ce qui est la tension qui précède la mort du personnage.

Les effets spéciaux ne seraient pas ce qu’ils sont s’ils n’avaient pas été confiés à Gino De Rossi, l’équivalent italien de Tom Savini. En plus d’exercer cette profession sur les plateaux d’autres films de Fulci tels que Zombie et The House By The Cemetery, De Rossi a également eu la chance de mettre en pratique son talent dans d’autres productions gores italiennes, comme Burial Ground et Cannibal Ferox. Côté musique, la composition de Fabio Frizzi (Zombie, The Beyond, A Cat In The Brain) est simple mais ô combien efficace. À défaut d’être poétique comme d’autres films du même réalisateur comme The Black Cat ou The House By The Cemetery, elle contribue grandement à l’ambiance morbide du film. Une autre collaboration intéressante avec Fulci est la présence de l’actrice Katriona MacColl, que l’on reverra en tant qu’héroïne dans The Beyond et The House By The Cemetery.

Le défaut de City Of The Living Dead est qu’on finit par perdre de l’intérêt. Si Zombie est un film qui s’apprécie avec le temps, c’est tout le contraire ici. C’est dommage car à la base, c’est grandiose. Mais comme une partie du film repose sur l’imprévisibilité, le meilleur visionnement demeure le premier. De plus, malgré l’excellente réalisation, celle-ci manque un peu de mordant. Les scènes gores sont géniales, mais pas assez nombreuses. Et puis les dialogues ne sont pas toujours fameux.

Finalement, qu’on n’embarque ou non dans le récit, on ne peut nier que le film de Fulci possède de très belles qualités. Je n’hésite pas à le conseiller à qui que soit, surtout ceux qui aiment une ambiance bien morbide. Je ne prend pas la peine de le conseiller aux fans de Fulci car les vrais l’ont déjà tous vus!

  • William Le Blanc

  • Paura Nella Città Dei Morti Viventi (titre original/Italie)
  • Frayeurs (version française)
  • The Gates Of Hell (titre alternatif/USA)

  • Zombie (1979)
  • The Beyond (1981)

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