THE CLINIC
201O
RÉALISATION: James Rabbitts
SCÉNARIO: James Rabbitts
AVEC: Tabrett Bethell, Freya Stafford, Andy Whitfield, Clare Bowen et Boris Brkic
Ça semble être la norme pour les films d’horreur australiens récents d’être commercialisés comme étant des histoires vraies dans la veine de Wolf Creek. Il est difficile de blâmer les producteurs compte tenu du succès international remporté par le film de Doug McLean. The Clinic, de James Rabbitts, n’échappe pas à la règle. Mais qu’on se le dise, The Clinic n’a en commun avec son compatriote que ses paysages désertiques. Et il faut avoir une belle grosse poignée dans le dos pour croire à la véracité de son histoire. C’est donc avec deux prises à son actif que démarre The Clinic.
C’est la veille de Noël et le couple formé de Cameron (Andy Whitfield) et Beth (Tabrett Bethell) traverse les routes dépeuplées de l’Australie pour rendre visite à la mère de cette dernière. Après une altercation avec un chauffard, les deux amoureux décident de passer la nuit dans un motel, question de donner un peu de repos à Beth qui est enceinte. En pleine nuit, Cameron sort de la chambre pour aller trouver quelque chose à manger. À son retour, sa copine n’est plus là et le responsable du motel ne semble pas interpellé par son absence. La femme est en fait dans un abbatoir abandonné, où elle se réveille dans une baignoire remplie de glace suite à ce qui est vraisemblablement une césarienne. De peine et de misère, elle réussit à sortir de la salle après avoir revêtu un uniforme numéroté qui semblait l’attendre. En parcourant l’immense lieu, elle tombe sur trois autres femmes dans le même état qu’elle. Ensemble elles tenteront de retrouver leurs bébés tout en évitant de tomber sous le scalpel d’une autre patiente qui a des intentions plus macabres que de simplement retrouver son enfant.
Il faut laisser son incrédulité à la porte pour bien apprécier The Clinic. Outre des femmes enceinte de 7 mois qui accouchent de bébés de 6 mois, le film de James Rabbitts teste constamment notre patience en jouant la carte du réalisme sans ce soucier de celui-ci. Il est fort probable que l’idée derrière le film, une clinique d’adoption illégale, soit tirée de faits véridiques. Et c’est là la base d’une histoire franchement traumatisante que Rabbitts a préféré saupoudrer de revirements tirés par les cheveux qui viennent alourdir une œuvre qui aurait bénéficiée de plus de simplicité. Le produit final se rapproche plus d’un Hostel dans le milieu des cliniques d’adoption. D’où la question, voulez-vous vraiment voir un Hostel dans une clinique d’adoption?
Je suis toujours confus à savoir si The Clinic m’a insulté en tant que parent ou spectateur. Peut-être les deux à la fois. Là où j’ai de la difficulté, c’est dans la façon de procéder de la directrice de la clinique. Ses plans machiavéliques sont plus élaborés que ceux de Jigsaw de la série Saw et on décroche rapidement devant tout le trouble qu’elle se donne pour en venir à ses fins. Cette partie du scénario a sans contredit été greffée à l’histoire dans l’unique but de divertir et non de reporter les supposés faits réels. Le clavaire qu'endurent les femmes à qui on a dérobé le bébé est semblable à celui des contestant de Survivor. Le tout, au vue de dizaines de caméra stratégiquement placées.
Ce calvaire n'est pas sans raisons et c'est sur l'attrait du pourquoi de la chose que Rabbitts place tous ses oeufs. Donnons-lui un certain crédit. Lors de la finale, le cinéaste réussit à agripper le spectateur par le coup. Il en vient à quelques secondes près de nous assommer avec une finale coup de poing hyper démoralisante. Mais il lâche prise préférant tester les limites de notre patience encore plus avec un revirement qui vient mettre à rude épreuve les revendications d’histoire vraie. Le tout, avec un beau happy-ending en guise de cerise sur le sundae!
À travers toute cette frustration, on retrouve néanmoins de quoi se mettre sous la dent avec The Clinic. Rabbitts est compétent en tant que réalisateur et son concept est rafraichissant à défaut d’être solidement maitrisé. Voler un enfant à même le ventre de sa mère, dans des buts commerciaux, est rien de moins qu'effroyable. Les acteurs sont aussi très bons. Tabrett Bethell, dans le rôle de Beth, est celle qui vole la vedette. Elle vend bien le désespoir qu'elle vit.
Si James Rabbitts avait su mieux doser et vendre la véracité de son scénario, The Clinic aurait pu s'apparenter à un Hostel, justement. Comme c'est là, son premier film une curiosité sans plus.



• Hostel (2006)
• The Ward (2011)
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