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THE COFFIN
2008
RÉALISATION: Ekachai Uekrongtham
SCÉNARIO: Ekachai Uekrongtham
AVEC: Ananda Everingham, Florence Faivre, Andrew Lin, Karen Mok, Napakpapha Nakprasitte
The Coffin est une histoire de fantômes qui se base sur un rite actuellement très populaire en Thaïlande. Celui-ci consiste à dormir dans un cercueil, ce qui permettrait supposément de déjouer la mort. Évidemment, la majorité des gens qui s’y adonnent est atteinte de maladies graves, comme des cancers ou des maux chroniques. Selon la tradition, il est aussi possible de procéder à la chose pour quelqu’un d’autre que soi.
Justement, le film dont je vous entretiens aujourd’hui présente deux personnages qui s’adonnent chacun au fameux rituel. Chris le fait pour Mariko, sa fiancée. Celle-ci est dans le coma. Après le séjour de son amoureux dans le cercueil, elle se réveillera subitement. Malheureusement, le couple commencera à être témoin d’apparitions particulièrement inquiétantes. Se pourrait-il qu’une partie de la tradition ait été négligée et que le sommeil de Chris ait eu lieu dans une tombe… Usagée? De l’autre côté de la médaille, il y a Sue. Celle-ci est atteinte d’un cancer et dort dans le sarcophage pour s’en débarrasser. Le miracle attendu aura lieu, mais le jour même où on lui annonce sa subite guérison, le fiancé de Sue périt dans un terrible accident d’automobile. Les deux événements sont-ils liés? Par la suite, le fantôme de son amant commencera à hanter la jeune femme… Peut-on réellement tricher avec la mort? Nos deux personnages apprendront à leurs dépens que non. Peut-être auraient-ils dû regarder plus d’épisodes de la saga Final Destination!
Je ne vais pas vous le cacher, The Coffin m’a singulièrement déçu. Même lorsque ce sous-genre en était à son apogée, je n’ai jamais été le plus grand fanatique d’histoires de fantômes asiatiques. Cependant, je trouve que par les temps qui courent les films de cette veine sont réellement moins intéressants qu’auparavant puisque le sous-genre peine incroyablement à se renouveler. En quelques années, nous sommes passés du populaire « J-Horror » au lassant « J-Cliché ». Ainsi, alors que les vingt premières minutes de ce film semblent promettre au spectateur quelque chose de distinct, nous sombrons rapidement dans les éléments classiques inhérents aux films d’esprits made in Asia. Vous désirez voir de petites filles aux cheveux longs? The Coffin semble en posséder toute une collection!
De plus, le long métrage d’Ekachai Uekrongtham ne parvient pas à susciter de frayeurs sincères. Certes, il y a aura quelques sursauts au menu… Mais ceux-ci feraient-ils réellement peur sans l’appui lourdaud de la bande sonore? Je ne crois pas! The Coffin propose beaucoup de CGI et peu d’idées sincèrement innovantes. Les fantômes sortent des miroirs, apparaissent dans un ou deux endroits incongrus, mettent la vie de quelqu’un en danger en l’attirant dans un piège meurtrier (dans ce cas précis, une chambre de crémation (faut rester dans la thématique))… D’un autre côté, le reste du traitement visuel du film bénéficie d’un réel soin et la photographie est sublime.
Malheureusement, bien que les acteurs soient corrects et que le visuel puisse être alléchant, rien ne dispensera en bout de ligne de la profonde inutilité qu’INCARNE The Coffin. Entre les apparitions peu convaincantes qui martèlent mollement le film, bien entendu, les héros procéderont chacun de leur côté à la traditionnelle enquête. Ils chercheront sur Internet, découvriront des choses, parleront à des gens, finiront par dénicher une solution qu’ils appliqueront et… Bref, bien que ce schéma soit d’une redondance extrême, n’en dévoilons pas trop non plus. Au final, The Coffin est un fort piètre représentant pour la morale intéressante qu’il tente de promulguer, soit qu’il faut prendre la vie et ses épreuves comme elles viennent.
Le film de fantômes asiatique me laisse un peu perplexe. D’un côté, les scénaristes trouvent toujours moyen de se réinventer en termes de manières d’introduire leurs histoires. Sœurs siamoises fantômes, cellulaire/violon/appareil photo/VHS possédés, transplantations d’organes hantés, etc… Et maintenant cette idée de cercueil. Malgré tout, probablement à cause d’une iconographie traditionnaliste que la plupart des artistes se sentent obligés de respecter à la lettre, ces films finissent tous par revenir au même. The Coffin est une œuvre fatigante, car avant même d’avoir démarré ce long métrage on l’a vu une bonne centaine de fois. De plus, dans son cas précis, je crois que le film aurait été plus avantagé si on l’avait raccourci et placé quelque part dans une anthologie thaï, comme les deux volets de Phobia. Parlant de cela, je crois qu’il faudrait aussi signifier clairement à ceux qui importent de Thaïlande un film comme The Coffin qu’en fait, nous attendons beaucoup plus impatiemment des éditions en Zone 1 des trois derniers projets auxquels ont conjointement participé les cinéastes Parkpoom Wongpoom et Banjong Pisanthanakun.



• Sarcophage (Titre/France)


• Alone (2007) • The Eye (2003)
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