COLD PREY
2006
RÉALISATION: Roar Uthaug
SCÉNARIO: Roar Uthaug et Thomas Moldestad
AVEC: Ingrid Bolsø Berdal, Rolf Kristian Larsen, Tomas Alf Larsen, Endre Martin Midtstigen et Viktoria Winge
Après avoir connu un succès considérable en Europe, plaçant ainsi sur "la carte du cinéma d'horreur" la Norvège, Cold Prey (Fritt Vilt) débarque en Amérique Du Nord et apporte dans ses bagages une avalanche de louanges et de critiques positives! Reste à savoir si le premier long métrage de Roar Uthaug est aussi réussi que sa réputation le laisse entendre.
Voulant éviter l'achalandage des pistes de ski, cinq amis se rendent clandestinement dans une montagne pour y dévaler ses sentiers vierges! À peine arriver, l'un des leurs se fracture violement la jambe en chutant. Éloignés de leur voiture, les cinq amis décident de se réfugier dans un hôtel abandonné, question d'administrer les premiers soins au blessé. La noirceur se faisant sentir, le groupe décide de passer la nuit dans l'hôtel, celui-ci ayant un large inventaire de bouteille d'alcool pour y faire la fête. Mais l'endroit, en apparence abandonné, cache un sombre secret que les jeunes ne tarderont pas à découvrir à coup de pic à glace dans le corps!
Pour certain, il peut s'avérer surprenant de constater l'immense popularité qu'a connu Cold Prey en Europe puisque le film ne contient rien d'original. Ce qui est encore plus surprenant est de constater à quel point ce produit réchauffé est rien de moins qu'excellent!! Cold Prey fait fit de toute superficialité et de tentative d'hommage forcé, se contentant de livrer un produit pur, et ce, malgré qu'il suive à la lettre les règles du slasher américain. Étonnement, l'oeuvre est très peu ancré dans la violence et le gore à outrance, préférant laisser toute la place à son atmosphère pesante. Mis à part quelques exceptions, les endroits enneigés sont rarement exploité dans les slashers et Cold Prey bénéficie beaucoup de cette lacune du sous-genre.
Roar Uthaug profite à fond de l'atmosphère glaciale des montagnes norvégiennes. L'hôtel abandonné au milieu de nulle part fait penser à une version miniatures de l'hôtel Overlook dans The Shining (avec en prime un savoureux clin d'oeil), ce qui à priori devrait être suffisant pour vous glacer le sang!! La direction photo de Daniel Voldheim est à couper le souffle et est facilement la plus belle qualité du film. Notons aussi une excellent trame musicale bien active. Avec tous ces éléments mis en place, Uthaug nous aspire dans la morbidité hivernale de son atmosphère transformant l'hôtel en véritable prison pour le groupe de planchistes. Cold Prey bâti lentement, mais sûrement une tension palpable et un suspense de haut niveau, le tout en faisant preuve d'une économie d'hémoglobine qu'on remarque à peine. Cold Prey ne contient aucune scène de meurtre mémorable, ce qui pourrait déranger plusieurs amateurs. Mais en voyant le souci du détail accordé au visuel et à la sonorité du film, on se rend rapidement compte que les intentions du cinéaste n'étaient pas de faire dans la facilité sanguinaire.
La confrontation finale entre l'héroïne (l'excellente Ingrid Bolsø Berdal) est à couper le souffle et démontre à quel point un simple changement de décor peut revigorer un sous-genre usé à la corde! Le tueur du film, qui rappelle une version plus imposante du personnage de Macready dans The Thing, est armé d'un simple pic à glace et fait preuve d'une simplicité qui le classe favorablement parmi les croque-mitaines classiques des années 80. Autre élément qui augmente la qualité de l'oeuvre est que la brochette de victimes est constituée de personnages bien développés tous personnifiés par de très bons acteurs. Ingrid Bolsø Berdal est celle qui se démarque le plus du lot, interprétant avec brio l'héroïne finale.
À une époque ou le slasher gagne en popularité grâce à l'abondance de remakes et d'hommages forcés, il est rafraîchissant de constater qu'il y a encore des cinéastes capables d'offrir des oeuvres de qualité sans pour autant exploiter le potentiel commercial d'un titre bien connu du public. C'est bien beau de vouloir donner un second souffle aux carrières de Michael Myers, Jason Voorhees ou Harry Warden, mais personnellement, je crois que le futur du slasher passe par des oeuvres comme Cold Prey. Donnez-lui sa chance!



• Fritt Vilt (titre original/Norvège)


• Cold Prey 2 (2008)


• Ghostkeeper (1981)
• Shredder (2003)
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