THE COLLECTOR

2009

RÉALISATION: Marcus Dunstan
SCÉNARIO: Marcus Dunstan et Patrick Melton
AVEC: Josh Stewart, Michael Reilly Burke, Andrea Roth, Juan Fernández et Karley Scott Collins

Le nom de Marcus Dunstan n’est peut-être pas aussi connu que ceux d’Eli Roth, Adam Green, Alexandre Aja ou Darren Lynn Bousman, mais il a néanmoins une place intégrale dans la nouvelle vague de cinéastes ayant le cinéma d’horreur à cœur. Avec son partenaire Patrick Melton, il a écrit les scénarios de la trilogie Feast en plus d’avoir pris le contrôle de la série Saw depuis le quatrième chapitre. Voilà que le jeune homme à été promu réalisateur avec The Collector, film qu’il a aussi co-écrit avec Melton.

Ayant besoin d’argent rapidement pour payer une dette de sa copine, Arkin décide de cambrioler la demeure d’un client chez qui il a installé le système d’alarme. Il est parfaitement au courant qu’un diamant précieux se trouve dans le coffre-fort et que les habitants sont partis en vacances familiales. Pénétrant facilement dans la maison, il se rend sans trop de misère à l’emplacement du coffre. Malheureusement, il s’avère que les membres de la famille sont toujours présents dans la maison, ligotés et torturés par un homme à la cagoule; le collectionneur. Tentant de sortir en douce, Arkin se retrouve prisonnier dans la maison qui a été altérée pour accueillir une série de pièges sanglants et mortels. N’étant pas un criminel dans l’âme, Arkin décide de sauver les membres de la famille. Pour se faire, il devra éviter que le collectionneur découvre sa présence dans la maison tout en évitant une multitude de pièges qui passent de l’abat-jour muni de couteaux aux planchers cirés à l’acide.

The Collector, c’est un peu comme si les cambrioleurs de Home Alone avaient été accueillis par Jigsaw au lieu de Maculay Culkin. Cela peut sembler comme un pitch de vente incroyable, mais ce n’est vraiment pas le cas! Le duo Dunstan/Melton a baigné beaucoup trop longtemps dans l’univers Saw et The Collector en est le résultat. Le manque de réalisme et les exagérations qui peuplent la populaire série sont ici quintuplés pour atteindre des proportions farfelues.

Le cinéma d’horreur met souvent de côté la logique et le bon sens au profit du divertissement. C’est même un élément essentiel à la réussite de plusieurs genres. Mais il y a une limite à abuser du procédé. Le scénario de The Collector est tellement illogique, exagéré et imbécile qu’il est difficile de ne pas se demander quels étaient les intentions des deux scénaristes. The Collector est certes le genre de film qu’il faut regarder avec le cerveau à «Off», mais ses nombreux trous narratifs et sa propension à faire avancer le récit à coups de coïncidences et de revirements dramatiques boiteux finissent par avoir raison de notre patience.

Les scénaristes semblent avoir voulu donner aux films de torture ce que Hatchet est aux slashers; une œuvre excessive qui s’assume dans son recyclage de clichés, une parodie qui fait du second degré son meilleur ami. Mais le film de torture est-il propice à un tel traitement? The Collector prouve que non, puisque tout en se moquant des clichés, il tente de rendre mal à l’aise le spectateur avec des scènes de torture difficiles à soutenir. Encore là, le chemin de la parodie et du second degré n’est qu’une hypothèse, puisque The Collector est traité avec un sérieux inébranlable et il n’est jamais clair si Dunstan et Melton font preuve d’humour ou sont simplement cabochons.

C’est en grande partie ce qui rend le visionnement de The Collector si frustrant. En appliquant un ton sérieux et lourd à un concept aussi grotesque, il empêche le spectateur à prendre pleinement part à la blague et fini par ressortir comme une œuvre stupide. C’est comme si le duo avait tenté de reprendre leur recette gagnante pour Feast (un film génial, trop méconnu) et l’appliquer à une histoire sérieuse.

Chaque scène apporte un lot exagéré de questionnement et de manque de logique. Ignorer ces éléments au profit du divertissement fut une tâche trop difficile à exécuter pour l’auteur de ces lignes. Que voulez-vous, j’ai beau mettre mon cerveau à «Off», il semble qu’un de ses départements soit resté à «On»!! Le premier élément questionnable est que le collectionneur ait réussi à poser une vingtaine de pièges hyper élaborés en quelques heures! Certains de ses pièges sont créés par un système de poulies et de cordes qui s’exécutent en plusieurs étapes. En fait, il y a tellement de pièges dans la maison que le collectionneur a sûrement dû avoir recours à une remorque pour les livrer à la demeure. Aussi, étrangement, lorsqu'Arkin s’introduit initialement dans la maison pour la cambrioler, il ne croise aucun piège. Ce n’est que lorsqu’il aperçoit le premier qu’on se rend compte que la maison en est remplie. Et tant qu’à y être, comment un acide qui brûle la peau, les vêtements en plus de faire fondre un chat peut-il n’avoir aucun effet dévastateur sur le plancher de bois franc?

Et comble de malheur, un des rares bons moments du film est interrompu avant de se culminer! Dans celui-ci, une fille nue étendue sur une table s’étire le cou alors que son copain lui embrasse les seins. Son cou est positionné dans l’angle d’une grosse lame que son copain s’apprête à actionner par mégarde! Puis, ce qui aurait pu propulser le film vers le ton adéquat est interrompu lorsque le fille en question aperçoit le collectionneur l’épier. C’est alors que son soutien-gorge réapparaît miraculeusement pour l’affrontement!

La réalisation léchée, la photographie colorée et les clins d’œil aux gialli ne font qu’ajouter à l’insulte qu’est The Collector. Il serait peut-être temps que Dunstan et Melton laissent de côté la série Saw pour se rafraîchir les idées un petit peu! Ils ont le talent pour évoluer parmi l’élite du genre, le temps est simplement venu de passer à autre chose pour ce duo. The Collector 2 ayant été annoncé, la petit pause sera pour plus tard…

  • Dany Champagne

  • • Le Collectionneur Sadique (version française/Québec)

     

    • The Glass House (2001)
    Saw 4 (2007)

     

     
     


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