CORALINE
2009
RÉALISATION:Henry Selick
SCÉNARIO: Henry Selick et Neil Gaiman
AVEC: Dakota Fanning, Teri Hatcher, Jennifer Saunders, Keith David et Ian MacShane
Coraline est l’adaptation cinématographique du roman de Neil Gaiman, publié en 2002 et est réalisé par Henry Selick, l’artiste (eh oui, Tim Burton n'était pas seul) derrière The Nightmare Before Christmas. Étrangement, Coraline sera aussi adapté simultanément sur scène dans une comédie musicale qui débutera en mai 2009 en Angleterre.
Coraline est une jeune fille pleine d’imagination qui déménage dans une nouvelle maison. Ses parents étant trop occupés avec leur travail ou les obligations de la vie moderne, ne peuvent donner toute l’attention que Coraline aimerait. Cette dernière explore donc sa nouvelle résidence, lorsqu’elle découvre une étrange porte qui la mène dans un monde parallèle où tout semble parfait. Là-bas, elle rencontre son autre mère, une version alternative de sa mère qui lui exauce tous ses souhaits. Mais Coraline découvrira que ce bien étrange monde est plus dangereux qu’il ne le semble.
Coraline est un véritable bonbon pour les yeux. Non seulement le visuel en stop animation est-il succulent, mais de servir ce bijou en 3D ajoute un étage de plus au délicieux crémage qu’est ce film. Comme pour les longs métrages du genre, Coraline nous offre un univers complètement éclaté. Tim Burton l’ayant influencé, Henry Selick peint son monde comme son maître, c'est-à-dire que le monde des humains est gris, terne et peu joyeux, alors que l’univers parallèle est remplie de couleurs, est éclectique et fantastique. Cet univers est véritablement féerique. Les personnages parallèles offrent des spectacles à la petite Coraline où des gerbilles font des acrobaties et où des vieilles dames enlèvent leur peau avant de faire des chansons et de la variété. De plus, il me semble que jamais auparavant la technique du stop animation n’a eu l’air aussi magique. Tout le long, on ne réalise pas qu’on est en train de regarder un film fait avec de petites marionnettes qui se trouvent sur un immense plateau, on a vraiment l’impression que le film prend vie devant nous.
De plus, toutes ces magnifiques images nous sont rendues en 3D. Le procédé ne casse pas la baraque et ne réinvente pas le genre, mais il trouve vraiment sa place avec ce genre de film. Évidemment, ce n’est pas du vrai 3D, on n’a pas l’impression que les images vont vraiment sortir de l’écran, mais c’est plutôt un effet de relief qui rend le film plus vrai et nous immergent encore plus dans l’œuvre.
Le roman de Neil Gaiman n’aurait pu trouver mieux preneur en la personne de Selick. L’œuvre de Gaiman est remplie de personnages farfelues et fantastiques qui prennent parfaitement vie sous la direction de Selick. Ce qui est très appréciable dans le conte de Gaiman c’est que son récit n’essaie jamais de prêcher le spectateur et de moraliser l’histoire. Il y a bien sûr une petite morale, mais rien n’est forcé profondément dans la gorge, la morale ne prenant jamais le dessus sur l’histoire.
Malgré que ce soit un film d’animation, je ne recommanderais pas Coraline pour les huit ans et moins. Pas que ce soit nécessairement très graphique comme long métrage, mais il y a quand même certains moments d’horreur intenses et subtils. Par exemple, durant le générique, une main mystérieuse refait à neuf une vieille poupée. Par contre, comment le tout nous est présenté est assez suggestif. En travaillant sur la poupée, on à l’impression que la main est en train de la vider de ses organes et de travailler sur un cadavre.
Dans la même veine que The Nightmare Before Christmas, la musique est très présente dans Coraline. La trame sonore créée par Bruno Coulais à des accents fantastiques, tsiganes et classiques. L’univers musical vient vraiment compléter le visuel. La musique est si présente et forte qu’elle prend presque forme et devient un autre personnage.
Coraline est surtout pour les enfants qui sommeillent en nous et qui s’émerveillent encore devant les miracles de l’animation. Dommage que le stop animation soit si long à faire, il me semble que je me taperais ce genre de film au moins une fois par année.



• The Nightmare Before Christmas (1993)
• Corpse Bride (2005)
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