THE CRAZIES

2010

RÉALISATION: Breck Eisner
SCÉNARIO: Scott Kosar et Ray Wright
AVEC: Timothy Olyphant, Radha Mitchell, Joe Anderson, Danielle Panabaker et Christie Lynn Smith

L'adage dit qu'il ne faut pas tenter de réparer quelque chose qui n'est pas brisé. J'ajoute à cet adage que si la chose en question est brisée, engagez donc quelqu'un de compétent pour la réparer!

Après qu'un avion transportant une arme bactériologique se soit écrasé dans une petite rivière, les habitants d'Ogden Marsh, la ville voisine, se mettent à souffrir d'une folie qui les pousse à commettre les actes les plus barbares. De peur que l'infection ne se propage ailleurs au pays, l'armée place la ville en quarantaine, se débarrassant sans pitié des gens infectés. Lorsque sa femme, qui ne présente pourtant aucun symptôme, est jugée comme étant porteuse de l'infection par les soldats, le shérif de la ville (Timothy Olyphant, bon, mais pas à la hauteur de son talent) retourne sur les lieux de la contamination pour la sauver. Aidé de quelques survivants, il devra faire face aux infectés, à des survivants rebelles et aux soldats de l'armée qui ont comme ordre d'abattre tout le monde sur leur passage.

L'idée de faire un remake de The Crazies n'était pas "folle" du tout. L'oeuvre réalisée par George A.Romero en 1973, a comme seul atout le nom de son créateur aujourd'hui célèbre!! Pendant que plusieurs s'efforcent à tenter de redonner vie à ses chefs d’oeuvres (combien de remakes de Night Of The Living Dead ça va prendre pour se rendre compte de l'inutilité de la chose?), l'équipe derrière The Crazies a choisi de reprendre une oeuvre majoritairement ratée! S'il faut avouer que cette nouvelle mouture a franchi un grand pas, si ce n'est qu'elle a l'air beaucoup plus professionnelle d'un point de vue technique, il n'en demeure pas moins qu'elle est vide, convenue et franchement ennuyante.

Si l'oeuvre originale de Romero a eu une influence certaine sur des films comme 28 Days Later, le remake n'est qu'un condensé de ce qui s'est produit dans le genre dans les dernières années. Tant au niveau du scénario que de la réalisation, The Crazies est dépourvu d'originalité. En fait, le film ne semble contenir que deux scènes qu'il répète en boucle dans des décors différents. Chaque scène d'horreur et de suspense est construite de la même façon. Deux personnages se séparent, l'un se fait attaquer par un enragé et l'autre vient à sa rescousse. C'est efficace la première fois, mais après 101 minutes à goûter au même ingrédient, c'est lassant.

Côté scénario, aucun élément de l'histoire n’est adéquatement introduit et les règles du jeu changent constamment! Une fois la ville mise en quarantaine, le scénario change si souvent de cap qu'on en vient à se demander de quoi il traite. Les personnages, qui évoluent dans une minuscule municipalité, semblent faire le tour des États-Unis pendant la durée du film, durée qui, n'est pas très claire au vu des changements trop soudains entre le jour et la nuit. La menace de l'armée n'est jamais bien claire non plus, puisque celle-ci ne semble présente que pour justifier certaines scènes du scénario. Et la menace des survivants rebelles est effleurée, mais jamais approfondie! En fait, The Crazies est un film dans lequel il se déroule plein de choses, mais dont on a l'impression qu'il ne se passe rien.

L'élément qui définit le plus le film original est sa critique sociale sévère. Le nouveau scénario écrit par Scott Kosar (un habitué des remakes avec The Texas Chainsaw Massacre et The Amityville Horror) et Ray Wright abandonnent le côté engagé de l'oeuvre originale, mais s'y trempe néanmoins maladroitement l'orteil à quelques occasions. Le changement le plus important est d'avoir complètement abandonné le point de vue de l'armée pour se concentrer strictement sur les survivants. Le réalisateur Breck Eisner (à qui l'on doit The Sacrifice, épisode de la défunte série Fear Itself) voulait avant tout faire un film effrayant et ce n'est pas une mauvaise idée. Mais les scénaristes semblent regretter en fin de parcours l'abandon de la "morale Romerienne" et nous la balance en condensé le temps de quelques lignes de dialogues. Cette technique témoigne du problème principal du film; il se cherche constamment une identité!

Mince consolation, il y a quelques scènes, qui prisent hors de contexte du film, sont assez réussies. La confrontation entre le shérif et un médecin légiste semble sortie de Grindhouse, tandis que la scène dans un lave-auto a de quoi rendre jaloux le réalisateur de The Final Destination! Et le court caméo de Lynn Lowry (Kathy dans le film original) est un beau clin d'oeil au film original.

George A. Romero doit être mort de rire! Hollywood n'a même été foutu d'améliorer un de ses pires films! À quand le troisième remake de Night Of The Living Dead?

  • Dany Champagne

  • • Les Détraqués (version française/Québec)

     

    The Crazies (1973)

     

    • Nightmare At Noon (1988)
    • Carriers (2009)

     

     
     


    Horreur Web © 2003-2010
    Création/rédaction: Dany Champagne • Graphisme: Daniel Bérard